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L'Espagne indignée par une décision de justice permettant aux violeurs de La Meute de retrouver la liberté

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Les femmes espagnoles se mobilisent pour protester contre une justice "machiste".

En Espagne, "une vague d'indignation est montée depuis les rues de Pampelune et de Barcelone", titre El Pais. La cour de Navarre a en effet décidé de remettre en liberté sous caution les 5 membres de la Meute, ces jeunes hommes condamnés pour abus sexuel perpétré à l'été 2016 aux fêtes de Pampelune. Ils pourront retrouver la liberté après avoir payé chacun une caution de 6000 euros. Les cris de centaines de manifestantes résonnent "Ce n'est pas un abus sexuel, c'est un viol". La décision de justice, condamnée par tous les grands partis, explique le journal, est tombée alors que la ville est en plein préparatifs de la prochaine San Fermin. Cette même fête, rappelle le quotidien espagnol, où il y a deux ans, 5 hommes ont coincé une jeune fille de 18 ans contre un porche avant de la pénétrer à plusieurs reprises, filmant la scène avec leurs téléphones.  

"Cette justice, c'est de la merde !" Voilà le slogan le plus entendu à Pampelune, nous dit El Pais. Pour la troisième fois en moins d'un an, plusieurs milliers de personnes, en particulier les associations féministes, se mobilisent contre une justice faite par et pour les hommes. Ce cri contre une justice "machiste" est répercuté par la Vanguardia de Barcelone qui en a aussi fait sa Une. "Le viol est très bon marché", s'indigne l'éditorialiste du quotidien catalan, sous le titre "La rabia", La rage. "Décider de les remettre en liberté, c'est rajouter de la honte à la honte, de la douleur à la douleur". Avant de mettre en cause "cette justice qui libère des violeurs et emprisonne des dirigeants démocrates indépendantistes catalans". Et de dire son incompréhension même au regard du droit devant la liberté accordée à La meute.  

La presse israélienne revient, elle, en détail sur l'inculpation pour fraude de Sarah Netanyahou, l'épouse du Premier ministre. Elle est accusée d'avoir fait payer au contribuable pour près de 100 000 dollars de repas entre 2010 et 2013, alors que la résidence officielle dispose d'un cuisinier. Mais l'épouse du premier ministre a tenté de dissimuler cet emploi, explique Haaretz en ordonnant que le cuisinier figure sur la liste du personnel de maintenance. Une accusation absurde et délirante, selon les avocats de Sarah Netanyahou. 

Haaretz rappelle que l'enquête porte sur une série d'irrégularités concernant l'usage des fonds publics, notamment l'emploi d'un infirmier pour le père de Sarah Nétanyahou, rémunéré par l'Etat, ou encore les travaux réalisés à la résidence du Premier ministre et dans la maison familiale par un électricien du Likoud, le parti du premier ministre, avec des factures surévaluées.  "Il manque un nom dans l'acte d'accusation", poursuit le journal. Celui de Benjamin Netnayhou qui jette son épouse bien aimée aux loups. Les enquêteurs n'ont pas la preuve qu'il était au courant de la fraude. C'est plausible, un Premier ministre est trop occupé pour se soucier de l'intendance mais tout de même c'est lui qui a permis que sa famille prenne tant de libertés avec les deniers publics. Il se présente comme un dirigeant semblable à aucun autre, qui se sacrifie pour Israël et a donc le droit à certains privilèges. 

Le procès se déroulera à Jérusalem, précise le Times of Israel, ajoutant que l'accusation a demandé que la cour soit composée de trois juges et non d'un seul en raison du caractère sensible du sujet.   Et la paix au proche orient, toujours au programme...  Le Jerusalem Post se penche aussi sur le plan de paix pour le Proche Orient que doit présenter l'administration américaine dans les prochaines semaines. C'est l'un des secrets les mieux gardés à Washington, écrit le Jerusalem Post. La version écrite n'est même pas envoyée par mail mais doit être consultée sur place à la Maison Blanche. Un plan qui consacre une section entière à Jérusalem, une autre aux colonies, aux réfugiés palestiniens. Il pourrait notamment proposer, croit savoir le quotidien, que la capitale palestinienne soit dans les faubourgs arabes de Jérusalem Est, peut être à Abou Dis. 

Le Washington Post pense également que la Maison Blanche s'apprête dans les prochaines semaines à dévoiler ce plan pour la paix que les dirigeants palestiniens devraient immédiatement rejeter.  L'objectif serait de commencer les négociations dès cet été selon le Washington Post, qui rappelle que cette semaine le gendre du président américain Jared Kushner et l'émissaire américain pour le Proche-Orient Jason Greenblatt sont en tournée au Proche Orient afin de dévoiler quelques uns des éléments de la "vision" américaine. Le quotidien américain rappelle le boycott des dirigeants palestiniens qui ne veulent plus entendre parler des Etats-Unis comme d'un médiateur. 

Il cite notamment le responsable palestinien Saeb Erekat qui accuse les émissaires de la Maison Blanche de vouloir transformer le conflit politique en cause humanitaire, critiquant les tentatives de rassembler un fonds d'investissement d'un milliard de dollars pour la bande de Gaza lors de cette tournée régionale. "C'est une paix économique que veulent les Américains, critiquent les Palestiniens, et non une solution politique".  

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