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Le chef du gouvernement a annoncé un train de nouvelles lois permettant la déchéance de nationalité

Le Premier Ministre australien veut retirer sa nationalité à toute personne condamnée dans des affaires terroristes

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Il suffirait, que le Ministère de l'Intérieur australien soit "raisonnablement convaincu" que la personne en question puisse prétendre à une autre nationalité pour qu'elle puisse être privée de la citoyenneté australienne.

Le chef du gouvernement a annoncé un train de nouvelles lois permettant la déchéance de nationalité
Le chef du gouvernement a annoncé un train de nouvelles lois permettant la déchéance de nationalité Crédits : Joel Carrett - Maxppp

Par Eric Biegala

C'est un tout nouveau projet de loi que le tout nouveau premier ministre australien Scott Morrisson vient de sortir de son chapeau et qu'il devrait présenter en conseil des ministres dès la semaine prochaine, avertit la chaîne de télévision ABC Australia ; "il s'agirait de rendre la privation de citoyenneté plus simple et plus systématique pour ceux qui ont été condamnés pour des délits liés au terrorisme", explique la chaîne... Priver certains Australiens de leur citoyenneté risquant de transformer ceux-ci en autant d'apatrides, le Premier Ministre conçoit que ne pourront être déchus de leur citoyenneté que ceux qui ont une autre nationalité... ou qui pourraient en avoir une. Le site d'ABC  cite en effet le chef du gouvernement en ces termes : "il suffirait, dit Scott Morrison que le ministère de l'Intérieur soit raisonnablement convaincu que la personne en question puisse prétendre à une autre nationalité" pour qu'elle puisse être privée de la nationalité australienne. Selon le Daily Telegraph, le plan vise en fait "les Australiens qui ont des parents ou des grands-parents issus d'autres pays, ce qui leur permettrait d'obtenir une autre citoyenneté, ailleurs". Un plan, remarque le site d'information News.com.au (premier portail d'information en Australie),  qui arrive juste sur les talons de cette affaire qui a vu l'arrestation cette semaine à Melbourne de trois hommes accusés de préparer un attentat terroriste ; trois hommes d'origine turque et  dont les passeports australiens avaient déjà été annulés cette année. D'ailleurs "Melbourne était déjà en alerte maximale" rappelle encore le site depuis l'attaque terroriste de Bourke Street le 9 novembre perpétrée par Hassan Khalif Shire Ali, d'origine somalienne. L'homme avait incendié sa propre voiture en pleine rue avant de poignarder plusieurs passants... Il avait été abattu par la police dans la foulée. Immédiatement après l'attaque de Bourke street, rappelle encore News.com.au, le Premier Ministre n'avait pas ménagé ses critiques de la communauté musulmane d'Australie, lui reprochant de systématiquement "chercher des excuses à l’extrémisme religieux"... et exigeant d'elle qu'elle signale tout individu radicalisé.  

Sur le continent américain c'est d'un autre fondamentalisme religieux qu'il s'agit... et qui fait son entrée au gouvernement brésilien.  Ce n'est pas tout à fait un Évangélique qui a été nommé par Jair Bolsonaro pour gérer le portefeuille de l'Education mais les Évangéliques brésiliens, soutiens inconditionnels du président élu d'extrême-droite applaudissent des deux mains. Les principaux ténors des partis ou mouvements proches des fondamentalistes évangéliques ont tous confié aux reporters du grand quotidien O Globo que même s'ils ne connaissaient pas Ricardo Velez Rodrigez et même s'il n'était pas leur premier choix, celui-ci semble à leurs yeux parfaitement à sa place à la tête du ministère de l'Education.  En fait, explique O Globo, "avec cette nomination, Bolsonaro à résolu une équation a priori difficile : trouver quelqu'un qui défende les thème conservateurs voire fondamentalistes chers à sa base électorale et à la foi qui ait un certain rapport avec le monde de l'enseignement". Et de fait c'est sur Twitter remarque pour sa part le quotidien O Dia que Jair Bolsonaro a annoncé  la nomination de Ricardo Velez Rodriguez, et en énumérant son pedigree : "Auteur de plus de 30 ouvrages, le futur ministre est actuellement professeur émérite de l'école de commandement et de l'état-major de l'armée. ; il est également  professeur de philosophie, maître de la pensée brésilienne à l'Université catholique pontificale de Rio de Janeiro". Bref c'est un enseignant. Et c'est surtout un conservateur patenté, relève encore la Fohla de Sao Paulo, il est l'auteur par exemple d'un ouvrage "Le Grand Mensonge" qui fustige essentiellement le Parti des Travailleurs de Lula, l'accusant d'avoir "renforcé les racines violente de la société brésilienne en y distillant une idéologie pernicieuse inspiré de la révolution culturelle de Gramsci"...  O Globo est également allé chercher dans les publications passées du nouveau ministre de l'Education et y a trouvé quelques idées fortes défendues par Ricardo Velez Rodriguez : sa dénonciation du "politiquement correct" ou de l'éducation au genre laquelle ne serait selon lui qu'une idéologie portée par "les ennemis totalitaires de la liberté", des ennemis que l'on retrouve partout et jusque "sur les bancs de l'ONU où la gauche internationale a ses tentacules", écrit le futur ministre. Pas étonnant en effet que les Évangéliques brésiliens applaudissent à sa nomination. 

Enfin sur le continent européen et au large de celui-ci ce sont les quotas de pêche dans les eaux britanniques qui font jaser :  On brade les droits des pêcheurs écossais... "c'est ça qui m'attriste le plus" se désole par exemple Martin Vander Weyer dans les colonnes du Spectator cette semaine ; "ces pêcheurs qui, assure-t-il, sont l'un des groupes qui a sans conteste vu son gagne pain franchement écorné quand nous étions dans l'Union Européenne... On parle de reprendre le contrôle de nos poissons, mais j'ai peur que ce ne soit jamais le cas", assène-t-il encore avant de remarquer qu'"au moins 8 pays de l'Union exigent encore de pouvoir pêcher dans nos eaux après le Brexit".  Les politiciens écossais sont aussi monté au créneau ces derniers jours sur le thème, qu'il s'agisse de Nicola Sturgeon ou de ses opposants : le conservateur Ross Thomson, par exemple. Tous ont critiqué le pré-accord conclu par Theresa May et les Européens en ce qu'il lierait l'accès aux zones de pêche britanniques à un futur accord commercial entre le Royaume uni et l'Union. Mais les pêcheurs écossais eux-mêmes ne voient pas forcément la chose du même œil relève le site Shetland News ; d'ailleurs "le patron  de la Fédération des pécheurs écossais, Bertie Armstrong estime lui même que le pré-accord donnera au Royaume uni toute latitude pour mettre en oeuvre sa souveraineté sur les  eaux comme sur les réserves naturelles britanniques". Des sources anonymes mais "gouvernementales", ont effectivement confié au Guardian que "tout futur accord sur la pêche serait négocié à part d'un accord global sur le commerce avec l'Union. Ce qui ne veut pas dire, précise quand même le quotidien, que les pêcheurs européens n'auront plus accès aux zones de pêche britanniques... mais que celui-ci se fera de manière négociée". Pour ainsi dire au cas par cas.

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