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Poignée de main entre le "leader" nord-coréen Kim Jong-Un (à gauche) et le président sud-coréen Moon Jae-In sur la Ligne de Démarcation Militaire entre leurs deux pays

Poignée de main "historique" en Corée

5 min
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Les chefs d'Etat des deux Corées se rencontrent sur la ligne de démarcation alors que la diplomatie américaine hérite d'un nouveau Secrétaire d'Etat ; Au Nicaragua, les manifestations contre la réforme de la sécurité sociale tournent à l’insurrection.

Poignée de main entre le "leader" nord-coréen Kim Jong-Un (à gauche) et le président sud-coréen Moon Jae-In sur la Ligne de Démarcation Militaire entre leurs deux pays
Poignée de main entre le "leader" nord-coréen Kim Jong-Un (à gauche) et le président sud-coréen Moon Jae-In sur la Ligne de Démarcation Militaire entre leurs deux pays Crédits : Korea Summit Press Pool - AFP

En Une de la plupart des journaux ce matin : la rencontre "historique" entre les deux leaders coréens.  Impossible d'y échapper : comme l'écrit le Korea Joongang Daily , "les yeux du monde entier sont fixés sur Panmunjom", du nom du village sur la ligne de séparation entre les deux Corées et où le président sud-Coréen Moon Jae-In et le "leader" de la Corée du Nord  Kim Jong-Un se sont rencontrés il y a maintenant quelques heures et où ils ont entamé une série de pourparlers directs. "Pas moins de 460 médias de 41 pays se sont accrédités pour couvrir le sommet", relève encore le Joongang Daily. Ce n'est pas le premier sommet entre chef d'Etat coréens : il y en a déjà eu deux, en 2000 et 2007 en Corée du Nord, mais qui n'ont pas donné grand chose. Cette fois ce peut être différent, souligne le Korea Herald, ne serait-ce que par le niveau de la délégation nord-coréenne qui accompagne Kim Jong Un. Parmi les 9 officiels, figurent en effet le chef du parti pour les affaires internationales ainsi que le ministre des affaires étrangères, "une chose inimaginable par le passé, écrit le quotidien, car elle implique que le Nord reconnaisse le Sud comme un Etat distinct". La délégation nord-coréenne inclue également des militaires au plus haut niveau, chef d'Etat-major et ministre de la défense,  ce qui pourrait indiquer que le nord est prêt à parler démilitarisation, remarque encore le quotidien. Les deux sommets précédents n'avaient jamais impliqué ni diplomate ni militaires nord-coréens.

L'ordre du jour du sommet n'a pas été clairement définie ; l'agence nord-Coréenne KCNA indique que son leader Kim Jong-un est disposé à discuter "à coeur ouvert" avec Moon Jae-in de "toutes les questions se rapportant à l'amélioration des relations inter-coréennes visant la paix, la prospérité et la réunification de la péninsule". La perspective de la signature d'un véritable traité de paix n'est pas totalement exclue d'ailleurs : techniquement, le Nord et le Sud sont toujours en état de guerre depuis 1953... A  la fin de la guerre de Corée, seul un armistice avait été signé. 

Mais si traité de paix il devait y avoir, il faudra qu'il soit signé par les autres belligérants de l'époque : la Chine et les Etats-Unis... Et justement un tout nouveau Secrétaire d'Etat américain - le chef de la diplomatie - vient d'être officiellement nommé, ayant été confirmé hier par le Congrès. Mike Pompéo, l'ancien patron de la CIA, remplace Rex Tillerson lequel avait été démis par Donald Trump le mois dernier. "Alors que M. Tillerson et Donald Trump étaient en désaccord manifeste sur pas mal de sujet de politique étrangère, son remplaçant est un allié fidèle de M. Trump", souligne la chaîne ABC Australia "et il était plus que temps pour Donald Trump d'avoir un véritable allié au poste de chef de la diplomatie  : ces prochaines semaines il doit en effet annoncer s'il dénonce ou non l'accord sur le Nucléaire iranien, et préparer un sommet particulièrement important, avec le leader nord-coréen", justement.

Mike Pompeo semble bien "avoir les qualités nécessaire pour remettre d'aplomb le Département d'Etat", remarque pour sa part Foreign Policy ; "ses bonnes relations avec le Président l'aideront à cadrer la diplomatie américaine et surtout à parler au nom du chef de l'exécutif" ; mais il faudra surtout que le nouveau chef de la diplomatie "s'attaque immédiatement à combler les vides béants au sein du département d'Etat", poursuit l'hebdomadaire... "Depuis les ambassadeurs jusqu'aux cadres intermédiaires et même supérieurs, l'administration diplomatique américaine travaille depuis un an sans avoir les ressources humaines idoines ; pour citer un exemple, l'administration prépare en ce moment un sommet avec la Corée du Nord sans avoir ni ambassadeur à Séoul, ni secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie-Pacifique quant à l'envoyé spécial pour la Corée du Nord, il vient de quitter ses fonctions "!  

Enfin, en Amérique au Nicaragua, les manifestations contre une réforme de la sécurité sociale sont en train de se transformer en une sorte de révolution... Ou au moins d’insurrection, c'est en tout cas ce qu'indiquent les nombreux témoignages recueillis sur place par l'envoyé spécial du New York Times. Ce qui avait commencé comme une série de manifestations et de défilés contre la hausse des cotisations de la sécurité sociale est en train de tourner à la révolte pure et simple contre le pouvoir du président Daniel Ortega. Le chef de l'Etat avait pourtant annoncé en début de semaine qu'il retirait sa réforme mais ça n'a en rien calmé la rue. Et ce sont surtout les violences, celles de la police mais aussi des "jeunessses Sandinistes", les militants fidèles d'Ortega  qui motivent aujourd'hui ce rejet. "jusqu'à hier, on comptait 39 morts du fait des violences policières, relève ce matin El Nuevo Diario l'un des principaux quotidiens de Managua ; mais depuis quelques heures, le bilan est passé à 63 morts et 15 disparus si l'on en croit les affirmations de la commission Permanente des Droits de l'homme". Résultat de quoi, les manifestations de rue largement pacifiques la semaine dernière sont en train de se muer en insurrection. "Les manifestants, dont de nombreux membres du propre parti de Daniel Ortega se sont mis à brûler des voitures, à lever des barricades aux carrefours un peu partout dans le pays  et ils sont aujourd'hui des milliers à occuper les rues, condamnant la censure gouvernementale et la mort de protestataires", raconte encore le New York Times. Le gouvernement de Daniel Ortega a proposé de "dialoguer" avec des représentants des contestataires, notamment la puissante fédération patronale qui était en pointe dans les manifestations contre la réforme de la sécurité sociale, mais manifestement on n'en est plus là. "On ne sait pas quels pourront être les sujets de ce "dialogue", relève ce matin La Prensa, le plus vieux quotidien du pays, "on ne sait pas qui y participera et pour parler de quoi" et le journal de se demander si Ortega acceptera par exemple "de convoquer des élections anticipées, histoire de faciliter son départ pacifique du Pouvoir", ce qui semble être aujourd'hui la principale demande de la rue.

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