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Manifestation le 30 juin 2018 à Chicago contre les séparations d'enfants de migrants de leur famille

711 enfants de migrants toujours séparés de leurs parents aux USA

5 min

Il est également question dans cette revue de presse internationale des polémiques en Israël autour de la loi sur l'Etat-nation juif, et des situations en Grèce et au Nicaragua.

Manifestation le 30 juin 2018 à Chicago contre les séparations d'enfants de migrants de leur famille
Manifestation le 30 juin 2018 à Chicago contre les séparations d'enfants de migrants de leur famille Crédits : Jim Young - AFP

Depuis ce matin aux Etats-Unis, les enfants qui avaient été séparés de leurs familles entrées illégalement aux Etats-Unis devraient avoir retrouvé leurs parents. C'était en tout cas l'échéance fixée par la justice américaine. A l'heure actuelle, sur quelques 2 551 familles séparées, 711 enfants n'ont pas été remis à leurs familles.  

Dans le quotidien USA Today, on apprend que l'administration américaine estime néanmoins respecter l'échéance. Les 711 enfants qui n'ont pas retrouvé leurs parents seraient inéligibles à le faire. Par exemple parce que les parents ont des antécédents criminels ou parce qu'ils ont simplement renoncé aux retrouvailles. Faux, estime l'Union Américaine pour les libertés civiles, qui est citée par l'article. Plusieurs centaines de parents ont probablement renoncé par erreur à cette réunification, soit parce qu'ils ont subi des pressions soit parce qu'ils n'ont pas compris ce qu'ils faisaient. Il faut donc que leurs enfants leur soient rendus.    

De son côté, le site internet de CNN pose la question suivante. Que risque le gouvernement américain s'il ne respecte pas son engagement, s'il ne réunit pas toutes les familles qu'il a l'obligation de réunie ? Réponse : personne ne le sait vraiment. Et l'article prend l'exemple d'une précédente date butoir, celle du 10 juillet dernier. C'était la date limite pour que soient réunies toutes les familles avec des enfants de moins de 5 ans. Mais la date n'a pas été respectée écrit CNN. Que s'est-il passé ? Eh bien, aucune sanction n'a été demandée. Le juge semblait généralement satisfait des efforts déployés par le gouvernement. 

Dans la presse israélienne, toujours cette polémique autour de cette loi sur l'"Etat nation juif". Il s'agit de ce texte qui a été voté il y a une semaine et qui définit donc Israël comme "l'Etat-nation du peuple juif".  Alors aujourd'hui, c'est la minorité druze qui réagit. Les Druzes estiment que le texte fait d'eux des citoyens de seconde zone. Et dans le Jérusalem Post, Gil Hoffman nous raconte en détails une rencontre qui s'est déroulée hier entre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et des politiciens druzes qui font partie de sa coalition.  Premièrement, Benyamin Netanyahou ne veut pas modifier la loi sur l'Etat nation juif. Ensuite, nous dit l'article, il est prêt quand même à faire un geste, à adopter de nouvelles lois et initier de nouveaux programmes pour aider les Druzes. Ceux-ci ne sont pas franchement convaincus.  Ils ont déclaré, écrit Gil Hoffman, qu'ils n'arrêteraient pas leur campagne contre la loi jusqu'à ce qu'elle soit amendée. "On ne nous achètera pas avec des avantages", dit l'un d'eux. "Nous voulons que la loi garantisse l'égalité." Et les Druzes sont très largement soutenus dans ce combat par le quotidien israélien Haaretz. Merci à nos frères druzes c'est le titre de l'éditorial du jour. Et les mots sont forts. Lorsque les députés et ministres adoptent des lois racistes qui sapent les valeurs fondamentales d'Israël, ils sont entièrement responsables. La seule mesure requise n'est pas la réparation ou le rafistolage, mais l'annulation totale de la loi, qui discrimine de manière flagrante certains citoyens israéliens

Les incendies en Grèce sont toujours observés à la loupe par la presse internationale. Et aujourd'hui c'est une véritable colère dont se font échos plusieurs publications. Par exemple, le site du journal anglais The Guardian écrit ceci. Le deuil s'est transformé en fureur, les victimes des incendies blâment un appareil d'État incompétent face à l'ampleur de la catastrophe. Les maires locaux intensifient les plaintes, ils considèrent que les plans d'évacuation ont été inadéquats. Encore plus virulent, le quotidien grec Ta Néa revient sur la conférence de presse donnée hier soir par le porte parole du gouvernement grec, qui estime avoir des éléments sérieux pouvant indiquer une piste criminelle. Le journal estime qu'il n'y a pas eu de réponse aux questions posées. Par exemple, y avait-il un plan d'évacuation ? Que va-t-il se passer si jamais cela se reproduit ? Pour le quotidien grec personne n'a pris  conscience de la situation et surtout des causes qui ont conduit à cette catastrophe.  

Il est enfin question de la situation au Nicaragua. Hier, c'était le 100e jour de ce mouvement populaire contre le régime du président Daniel Ortega. Le quotidien Colombien El Espectador constate un changement radical dans le pays qui, jusqu'à il y a un peu plus de trois mois, avait l'image d'être le plus sûr et le plus pacifique d'Amérique centrale. Analyse confirmée par le quotidien espagnol El Pais dans cet article de Edmundo Jarquin. Dans une région troublée, le Nicaragua ressemblait à un paradis de stabilité, de sécurité et de croissance économique écrit-il.  Alors comment en sommes-nous arrivés là ? Une somme de mécontentements a produit une révolte généralisée. Les étudiants ressentaient un contrôle mafieux. Les citadins et les paysans devaient s'enregistrer auprès du parti au pouvoir pour avoir accès au programmes sociaux. Les fonctionnaires devaient crier des slogans et paraître servile. Alors maintenant au bout de 100 jours que peut-on espérer ? Dans le New York Times, Jorge Castaneda pense que la situation pourrait être résolu par la coopération internationale. D'ailleurs, il affirme qu'en ce moment un groupe de pays travaille en coulisse avec l'Église du Nicaragua et les milieux d'affaires pour négocier un accord. Mais ajoute-t-il il faut aussi avoir conscience du soutien continu d'une grande partie de la gauche latino-américaine au régime d'Ortega. Cette gauche est encore puissante et bien organisée. Elle pourrait être cruciale pour maintenir Ortega au pouvoir aujourd'hui.

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