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Aux Etats-Unis, l'industrie pèse aujourd'hui un peu plus de 10 milliards de dollars.

Cannabis : une ruée vers l'or vert en 2018

6 min
À retrouver dans l'émission

Aux Etat-Unis, le marché du cannabis légal pourrait peser 75 milliards de dollars d'ici 2030. Des pays du monde entier assouplissent progressivement leurs lois afin d'en faire bénéficier leur économie, sur fond de nécessité médicale et de lutte contre le marché noir.

Aux Etats-Unis, l'industrie pèse aujourd'hui un peu plus de 10 milliards de dollars.
Aux Etats-Unis, l'industrie pèse aujourd'hui un peu plus de 10 milliards de dollars. Crédits : Joseph Prezioso - AFP

Médecine, cuisine et fumette... Le cannabis, peu importe les usages, tient une grande place dans la presse ce matin. Il faut dire que 2018 a été une grande année de changements dans ce domaine. 

De l'avis des spécialistes, 2018 a même été une année de ruée vers l'or vert. Expression utilisée par le site de la chaîne américaine CBS qui détaille dans un article comment le marché du cannabis légal a explosé aux Etats-Unis et comment le monde entier est en train de suivre la marche. Une industrie qui pèse en Amérique un peu plus de 10 milliards de dollars, avec à la clé des centaines de milliers d'emplois. 250 000 rien que sur la culture des plantes. D'ici 2030, les prévisions annoncent un marché qui pourrait dépasser les 75 milliards de dollars. Témoignage du PDG de GreenBits a l'appui, l'un des fournisseurs de solutions informatiques aux distributeurs. Il a lancé son entreprise en 2014 avec deux amis. Depuis, ils ont aujourd'hui 85 salariés. Leur logiciel a géré l'équivalent de 2 milliards et demi de dollars de transactions par an. Le cannabis est le nouvel eldorado. 

Face à ce phénomène, les législations s'adaptent. Pas moins de 33 états autorisent la consommation de cannabis thérapeutique et 10 ont même légalisé l'usage récréatif, dont le Michigan en novembre dernier. Les états de New York et du New Jersey pourraient suivre l'année prochaine. Une aubaine et un gros marché potentiel pour ces deux états. Vice News nous révèle que depuis la légalisation de l'usage récréatif de l'herbe au Canada, les saisies à la frontière américaine ont été multipliées par trois. Reste qu'au niveau fédéral, le cannabis est toujours classée dans les substances dangereuses comme l’héroïne. Dans les textes, en produire, en distribuer et en consommer est illégal. Mais cela pourrait changer, comme l'explique ce membre du Congrès dans l'article de CBS. Les Américains ont élu, selon lui, en novembre dernier le parlement le plus pro-cannabis de l'histoire du pays. 

Depuis la légalisation de son usage récréatif au Canada, les saisies à la frontière américaine ont été multipliées par trois.
Depuis la légalisation de son usage récréatif au Canada, les saisies à la frontière américaine ont été multipliées par trois. Crédits : Alice Chiche - AFP

Et comme vous le disiez au tout début, le phénomène d'assouplissement des législations touche le monde entier. 

Le Luxembourg pourrait devenir le premier pays d'Europe à légaliser l'usage récréatif. En France, l'Agence du médicament vient de se prononcer en faveur d'une expérimentation thérapeutique en 2019. La Thaïlande même, nous apprennent le Telegraph et le Washington Post vient de légaliser le cannabis médical. Un cadeau de fin de d'année fait à la population a annoncé un membre de l'Assemblée nationale législative. La Thaïlande, seul pays d'Asie du sud à prendre cette direction, la région étant célèbre pour ses pays aux législations particulièrement répressives en matière de drogues. Quelques voix en Thaïlande s'élèvent contre, car elles craignent l'arrivée de multinationales étrangères qui s'accapareraient le marché au profit de la future industrie locale naissante. Comme par exemple, les entreprises israéliennes. La Knesset, nous dit Forbes, vient de passer une loi permettant l'exportation de cannabis médical. Le but étant de faire d’Israël, un pays déjà en pointe sur le sujet avec des lois pro-cannabis en vigueur depuis plus d'une dizaine d'années, une plaque tournante du marché pour le monde entier, sans pour autant autoriser l'usage récréatif. 

Il y a beaucoup plus de réticences dans le monde à ce niveau d'ailleurs, car pour légaliser tous les usages, il faut des résultats concrets. Des bénéfices sur la santé des malades et une disparition du marché illégal, du marché noir. Ce qui n'est pas toujours le cas sur ce dernier point, si l'on en croit le New Yorker. A travers le portrait d'un dealer américain, ou plutôt d'un "fournisseur de soins" comme il aime à s'appeler. On ne sait pas son nom, on connait en revanche son parcours. Il a travaillé comme designer informatique, dans le marketing et la finance aussi, avant d'entrer dans ce business. Il explique tranquillement le fonctionnement de sa petite entreprise illégale, les produits qu'il vend, de la marijuana sous sa forme brut, mais aussi des réservoirs pour "vapoteuses", des boissons et aliments au cannabis et des champignons magiques, etc. Et les employés qu'il a embauché pour faire de la livraison directement au consommateur. 

Le développement d'une industrie a pour objectif d'éradiquer le marché noir, justifient certains états.
Le développement d'une industrie a pour objectif d'éradiquer le marché noir, justifient certains états. Crédits : Jan Woitas - AFP

Il raconte aussi le milieu à New York, organisé non pas comme un trafic de gangsters, mais plutôt comme une économie souterraine, parallèle. Avec, littéralement, des marchés, comme ceux aux fruits et légumes, où les professionnels font leurs courses. Une économie de petits producteurs et distributeurs, vouée à l'illégalité car selon lui face à la concurrence des gros business. De toute façon, à le lire, la légalisation des usages ne changera rien. Comme ça s'est passé pour les autres états, explique t-il, les prix des distributeurs seront tels que ces clients habituels lui resteront fidèles. Il pourra même faire monter légèrement les siens. 

Crédits : Visactu

On en termine avec Donald Trump qui fait parler de lui ce matin, mais pas forcément en mal. 

Les journaux parlent tout de même de son acharnement à faire financer son mur à la frontière mexicaine, responsable du shutdown des administrations. Les journaux évoquent aussi beaucoup sa dernière bourde... Une vidéo de son déplacement en Irak, dont j'ai parlé hier dans cette revue de presse. 

Dans cette vidéo filmée par ses services, on y voit le président américain en compagnie de soldats, serrant des mains, posant pour des photos, notamment en compagnie des Navy Seals, ces forces spéciales responsables par exemple de la mort de Ben Laden. Problème : leur identité et leur terrain d'opération sont censés rester secrets. Grâce à Donald Trump, on peut donc aisément penser qu'ils sont actifs en Irak. Et sur la vidéo, les visages ne sont pas floutés. Donald Trump est donc accusé de les avoir mis en danger. Voila pour le mal. 

Mais le Guardian s'intéresse ce matin au bien qu'il a fait aux femmes. Précisons tout de suite, le bien qu'il a fait au femmes... indirectement, grâce à une loi qui aurait clairement tendance à être une nuisance pour elles. Seulement trois jours après son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017, le nouveau président américain signait un décret rétablissant une loi qui bloque le financement d'ONG internationales soutenant l'avortement. De cette décision, rappelle le quotidien britannique, est né un mouvement mondial sans précédent. Le mouvement SheDecides, "elle décide", lancé par une ancienne ministre néerlandaise. Des millions d'euros sont alors récoltés pour compenser ce retrait américain, pour financer les associations qui viennent en aide aux femmes, partout dans le monde. Beaucoup de femmes, grâce à cela, ont pu accéder à des soins et des contraceptifs. Une mobilisation institutionnelle mais surtout massivement citoyenne, comme il en éclot beaucoup ces temps-ci autour des sujets d'égalité des femmes, des personnes LGBT ou d'écologie. Un travail de mobilisation qui a payé quotidiennement et qui a dépassé son but originel, explique Robin Gorna, l'une des dirigeantes du mouvement SheDecides. Au point d'affirmer que la fin du financement américain des ONG par Donald Trump, c'était, en réalité et de bien des façons, un cadeau aux féministes du monde entier.

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