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"Centre de traitement des demandes d'asile" australien à Manus, Papouasie-Nouvelle-Guinée

Le projet secret de Boris Johnson pour éloigner les demandeurs d'asile du Royaume-Uni

6 min
À retrouver dans l'émission

The Guardian révèle que le cabinet de Boris Johnson veut s'inspirer du modèle migratoire australien et délocaliser ses centres d'accueil de demandeurs d'asile... jusqu'en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Un Congolais face à la justice française pour exiger la restitution des oeuvres d'art africain.

"Centre de traitement des demandes d'asile" australien à Manus, Papouasie-Nouvelle-Guinée
"Centre de traitement des demandes d'asile" australien à Manus, Papouasie-Nouvelle-Guinée Crédits : Refugee action coalition - AFP

Nous sommes ce matin à Londres et nous lisons The Guardian qui nous livre des révélations sur les projets secrets du gouvernement Johnson en matière d'immigration. 

Ça cogite fort, apparemment au 10 Downing Street pour trouver des solutions à cette hausse, ces derniers mois, du nombre de réfugiés qui traversent la Manche avec les moyens du bord et viennent demander l'asile au Royaume-Uni. The Guardian a mis la main sur des documents confidentiels adressés aux services de l'immigration britanniques, leur demandant de considérer très sérieusement la possibilité de créer des centres d'accueil pour ces demandeurs d'asile (c'est là que ça se complique) en dehors du territoire britannique. Trois pays sont évoqués noir sur blanc : il s'agit de la Moldavie, du Maroc, et, tenez-vous bien... de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Océanie, à 15 000 kilomètres de Londres à vol d'oiseau. En matière d'éloignement, difficile de trouver mieux. 

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Il s'agit donc, reconnaît candidement le cabinet de Boris Johnson dans les documents révélés par le Guardian, de s'inspirer du modèle australien puisque l'Australie, on a tendance à l'oublier, enferme les migrants interceptés en mer, le temps que leur demande d'asile soit traitée, dans des centres de rétention situé l'île-Etat de Nauru en plein Pacifique sud ou encore, tiens donc, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. 

Ce système concentrationnaire est dénoncé, depuis sa création au début des années 2010, par la communauté internationale pour des raisons évidentes de violation des droits humains, les conditions de vies indécentes qui y sont imposées, et l'invisibilisation de tous les abus, mauvais traitements et cas de suicides qui caractérisent aujourd'hui encore ces centres offshore australiens. Et The Guardian de rappeler que plusieurs ministres britanniques ont par le passé condamné publiquement ce programme australien... dont Boris Johnson veut apparemment faire un modèle aujourd'hui.  

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The Guardian insiste bien sur ce point : c'est le 10 Downing Street qui a eu cette idée et et pas les services de l'immigrations britannique.  Eux n'ont eu de cesse, depuis qu'ils ont reçu le courrier du Premier ministre au début du mois dernier, de repousser cette idée face à un 10 Downing Street qui insistait pour qu'elle soit envisagée très sérieusement. 

L'idée ne vient pas non plus du ministère de l'Intérieur ; et pourtant c'est vrai qu'il y avait un précédent, rapporté cette fois mardi par le Financial Times : la ministre de l'Intérieur Priti Patel a elle aussi, ces derniers mois, caressé l'idée d'aller construire des centres de rétention offshore pour migrants illégaux. Mais elle, elle avait plutôt pensé aux îles britanniques de l'Atlantique-Sud, l'île de l'Ascension (l'un des endroits les plus isolés au monde) ou encore Saint-Hélène, qui vous en conviendrez reste un must quand on cherche à se débarrasser de détenus gênants. 

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Là encore, confirme Sky News, il a fallu que les spécialistes des politiques d'immigration au ministère mettent le holà, en expliquant à la ministre que nous n'étions plus en 1815, et que cette solution du Pacifique sud n'était pas plus viable, en pratique et d'un point de vue économique, qu'elle n'était acceptable d'un point de vue politique. 

Il n'empêche, le 10 Downing Street n'a apparemment pas renoncé à ces projets d'éloignement maximal des demandeurs d'asile. Et The Financial Times de rappeler que ces réflexions, disons décomplexées sur le sujet de l'immigration dans le camp conservateur, sont soit-disant justifiées par un afflux plus important de réfugiés ces derniers mois sur les côtes de la Manche. Une réalité à relativiser, tout de même, avant de se lancer dans des grandes déportations : on parle là de 5000 personnes débarquées depuis le mois d'août.

Un procès qui se déroulait mercredi à Paris intéresse plusieurs titres de la presse étrangère. 

Sur le papier, explique la BBC Afrique, c'est un simple procès pour tentative de vol d'oeuvre d'art... mais ça va en fait beaucoup plus loin, et (d'après, cette fois, le New York Times) c'est "tout le passé colonial de la France qui se retrouve convoqué à la barre" avec cette question à nouveau posée de la restitution des œuvres d'arts pillées en Afrique et exposée dans nos musées. C'était justement l'objectif du principal accusé, l'activiste congolais Mwazulu Diyabanza, quand il a arraché de son socle un poteau funéraire en bois avant de faire mine de partir avec.  

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Mwazulu Diyabanza, "un Congolais devant la justice à Paris", titre le site Afrikarabia, pour évoquer le débat posé par ce procès, qui selon Christophe Rigaud, résonne jusqu'à Kinshasa. Il nous présente l'activiste, "chantre du panafricanisme, habitué de ces opérations coup de poing dans les musées, en croisade contre le Franc-CFA et la présence militaire française au Sahel"... et qui a donc trouvé comme nouveau cheval de bataille cette question non résolue des restitutions d’œuvres d'art. 

Ces restitutions sont nécessaires selon lui pour que le continent africain puisse "se réconcilier avec son histoire, se réapproprier son patrimoine". Pour le moment, détaille Afrikarabia, et "malgré les promesses d'Emmanuel Macron, seules 27 restitutions sont annoncées sur les 90 000 objets d'Afrique Subsaharienne qui sont exposés ou entreposés en France".  

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Mwazulu Diyabanza, nous dit enfin The New York Times qui lui consacre un portrait, est loin d'être seul dans son combat : d'autres militants ont été arrêtés et jugés ailleurs en Europe, pour avoir fait irruption dans des musées et tenté d'y "récupérer leur bien". Et ce n'est pas qu'une formule, à croire ce que raconte le Congolais au Times de son histoire familiale : au XIXe siècle, des colons européens ont volé une canne sculptée, une peau de tigre et un bracelet traditionnel à l'arrière grand-père de Diyabanza. Une question d'héritage, donc, à régler avec la France.

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