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Isaac Herzog, à Jérusalem le 28/03/2016

Isaac Herzog : un nouveau président sur mesure pour l'Israël de l'après-Netanyahu

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Alors qu'Israël va se doter d'un gouvernement unissant l'opposition à B. Netanyahu, le vent de changement politique s'incarne aussi dans son nouveau président Isaac Herzog. Au Nicaragua une opposante assignée à résidence et empêchée de concourir à la présidence. David Diop consacré au Booker Prize.

Isaac Herzog, à Jérusalem le 28/03/2016
Isaac Herzog, à Jérusalem le 28/03/2016 Crédits : Menahem Kahana - AFP

Israël s’apprête à tourner la page Netanyahu, et avant la formation annoncée d’un nouveau gouvernement, le pays a découvert mercredi le visage de son nouveau président.

Rappelons-le tout de suite, avec le Jerusalem Post : le mandat du président de la République en Israël est essentiellement honorifique, rien à voir avec les pouvoirs très étendus du Premier ministre et du gouvernement. A se demander d’ailleurs pourquoi le pays a besoin de garder au sommet de ses institutions une telle figure que la journaliste Greer Faye Cashman compare à la reine d’Angleterre ? 

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On est là vraiment dans le domaine du symbolique, de l’incarnation neutre d’un Etat fédérateur, au-delà de toutes les divisions qui traversent la société israélienne… et ça tombe bien, c’est exactement le registre dans lequel devrait exceller Isaac Herzog, largement élu donc mercredi par la Knesset (pourtant dominée par la droite) onzième président d’Israël… et assez unanimement qualifié de "vrai mensch", un type bien, un sage, un juste, par les différents titres de la presse nationale. 

Herzog, précise Ha'aretz, c’est un pur héritier de la politique israélienne, fils de Chaïm Herzog qui a lui-même été président de 1983 à 1993 et dont le père fut le premier grand rabbin de Palestine puis d’Israël des années 1930 à 60. Autant dire que c’est toute une dynastie politique qui revient au premier plan : exactement le genre d’élite, marquée au centre-gauche, sur la détestation de laquelle s’est fondé le populisme agressif de Benjamin Netanyahu ces deux dernières décennies. 

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Isaac Herzog, du coup, d’après Yossi Verter de Ha'aretz, c’est "la bonne personne au bon poste et au bon moment" pour incarner cette volonté de changement et d’apaisement politique à laquelle semblent aspirer les Israéliens après douze années de règne en forme de guerre civile permanente de Netanyahu. Alors que le pays va se doter d’un gouvernement de coalition très large avec cinq formations politiques allant des islamistes modérés à la droite très radicale du futur Premier ministre Naftali Bennet, la personnalité d’Isaac Herzog devrait pacifier les échanges et montrer une direction qui pourrait être celle d’une évolution progressive de Bennet vers le centre politique.

Isaac Herzog le dit, dans Israel Hayom, il veut être "un président pour tous les Israéliens" : ça peut sembler convenu comme déclaration, d’ailleurs comme le pressent Allison Kaplan Sommer à nouveau dans les pages "opinion" d’Ha'aretz, Herzog devrait être "un président ennuyeux", mais c’est exactement ce dont Israël a besoin après des années de drama politique incessant. Je ne sais pas vous, mais moi ça me rappelle ce que la presse américaine écrivait sur Joe Biden et l’après-Donald Trump… Il n’y a pas de hasard.

Au Nicaragua, la principale opposante au président Daniel Ortega suivra la campagne présidentielle qui débute… depuis son domicile où elle vient d’être assignée à résidence.

… Assignée à résidence et donc empêchée de défier Ortega lors de ce scrutin qui se tiendra début novembre, mais qui a donc connu hier un tournant majeur : le quotidien La Prensa (dont Cristiana Chamorro est, soit dit en passant, la directrice générale) raconte avec moult détails comment la chef de file de l’opposition a été sortie de la course sur décision du Parquet national, pour des accusations de blanchiment d’argent qui lui ont valu, toute la journée de ce mercredi, de voir sa maison perquisitionnée et mise à sac. A la fin des opérations, le Parquet a publié le communiqué prononçant son placement en liberté conditionnelle et son inéligibilité à tout mandat public. Tout cela, poursuit El Pais America, quelques heures seulement après que la femme politique avait officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle.

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La ficelle est grosse, et le journal en ligne argentin Infobae n’hésite pas à parler de "persécution" politique de celle qui apparaissait jusque-là comme l'une des mieux à même de fédérer les voix des détracteurs et des déçus de Daniel Ortega, cet ancien guerillero sandiniste devenu autocrate sans état d’âme. En mettant Cristiana Chamorro hors d’état de lui nuire électoralement, analyse El Pais, Ortega en met un sérieux coup derrière la tête à cette campagne présidentielle balbutiante et plus largement à la démocratie nicaraguayenne. Dans l’hebdomadaire Confidencial, le journaliste et frère de Cristiana Chamorro, Carlos Chamorro en appelle déjà la population "à l’union nationale et à la résistance civique", à la rébellion même, en souvenir de la précédente contestation massive de la dictature Ortega : pour mémoire, elle avait duré presque toute l’année 2018, et sa répression implacable par la police du président avait fait plus de 300 morts. 

Il est également question de littérature française dans la presse anglo-saxonne.

... Avec l’auteur et universitaire David Diop, encensé par The New York Times notamment, car il est depuis mercredi soir "le premier romancier français à être lauréat du très prestigieux International Booker Prize". Il est récompensé pour son deuxième roman, Frère d’âme, publié en 2018 chez nous mais traduit en anglais l’an dernier par la poétesse et donc traductrice Anna Moschovakis, qui (c’est une particularité de l’International Booker Prize) est désignée lauréate au même titre que David Diop lui-même.

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Les mots du jury comme ceux des chroniqueurs littéraires sont dithyrambiques ; tous expliquent comment l’auteur franco-sénégalais les a "ensorcelés" avec cette histoire, souvent violente, qui suit la descente dans la folie et dans l’enfer des tranchées d’Alfa Ndiaye, tirailleur sénégalais dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Pour Laura Cappelle du New York Times il y a quelque chose "d’effrayant" dans cette prose qui "regarde en face l’horreur de la guerre en mettant en avant le regard d’un de ces 135 000 oubliés de l’Histoire française". Les questions du racisme, du colonialisme y sont bien sûr centrales, et c’est là, nous dit Cappelle, l’un des grands mérites de David Diop de "forcer la France, par ses romans, à se confronter à son histoire commune avec l’Afrique". 

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The Guardian rappelle que Diop est lui-même né en France, a grandi au Sénégal avant de venir étudier dans l’Hexagone, il enseigne désormais la littérature du 18e siècle à l’université de Pau. En plus d’être le premier français à décrocher le Booker Prize, il est aussi, aussi fou que cela puisse paraître, le premier écrivain afro-descendant à en être désigné lauréat.

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