LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Alexeï navalny transféré à Berlin le 22/08/2020

Navalny empoisonné au Novitchok : Berlin accuse, Moscou récuse

5 min
À retrouver dans l'émission

Alorq qu'Angela Merkel a affirmé "sans équivoque" que des traces du poison russe Novitchok ont été retrouvée sur l'opposant hospitalisé à Berlin, la presse russe relaies les tentatives de dénégation du Kremlin. La Suisse a-t-elle vraiment besoin d'une armée de l'air ?

Alexeï navalny transféré à Berlin le 22/08/2020
Alexeï navalny transféré à Berlin le 22/08/2020 Crédits : Odd Andersen - AFP

Tous les regards sont tournés vers la Russie après que le gouvernement allemand a confirmé qu'Alexeï Navalny a bien été empoisonné avec un poison "made in Russia".  

Signe que l'affaire était importante, c'est la chancelière Angela Merkel qui s'est déplacée en personne pour l'annoncer en des termes très clairs, ce mercredi devant la presse, après avoir consulté les médecins militaires berlinois qui ont mené des examens approfondis sur l'opposant russe : "Les résultats sont sans équivoque, dit Angela Merkel, ils ont trouvé sur Alexeï Navalny des traces d'un agent chimique neurotoxique de type Novitchok"; dans la foulée, l'Allemagne "condamne avec la plus grande force ce crime" commis par des gens qui voulaient "réduire au silence" l'opposant n°1 du Kremlin, et Berlin de demander instamment "des éclaircissements aux autorités russes". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ces mots diplomatiquement très forts, on les retrouve analysés dans les colonnes de Die Welt ce matin : on y lit que le Novitchok et sa famille de poisons, c'est quasiment "le pire de ce qu'on pouvait détecter", des substances particulièrement léthales, produites dans très peu de laboratoires et donc très difficiles à se procurer. On s'en souvient, c'est en Grande-Bretagne que le Novitchok a s'il on peut dire acquis sa funeste renommée il y a deux ans quand l'ex-agent russe Sergey Skripal et sa fille ont été empoisonnés par une forme gazeuse du neurotoxique.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour The Guardian, à Londres justement, pas de doute : le Novitchok c'est la signature de Moscou et de Vladimir Poutine qui s'en servent pour envoyer un message clair de menace à ceux qui critiquent le pouvoir russe. "Il y a certains poisons qu'on peut acheter librement dans le commerce, écrit Luke Harding, mais pas celui-ci". Et de nous rappeler que le Novitchok a été développé dans des labos secrets de l'ex-URSS, et qu'il "reste aujourd'hui encore la prérogative d'un seul Etat, la Russie". 

Dans ce cas-là allons voir ce qu'en dit la presse russe ce matin.

Autant le dire, les grands titres comme Kommersant ou Gazeta font tout pour rester le plus neutre possible, ils s'en tiennent scrupuleusement aux déclarations des dirigeants russes et aux dépêches des agences d'Etat qui fournissent toute une flopée d'arguments pour réfuter ce que les Allemands présentent donc comme "une évidence".  

On critiquera donc avec Interfax Angela Merkel pour avoir parlé face à la presse mondiale avant même que ses médecins aient transmis le dossier médical à leurs homologues russes. On rappellera que les médecins russes, les premiers à prendre en charge Navalny, n'avaient trouvé aucune trace de poison, et avaient conclu à une simple pancréatite. Et l'on insinuera, avec ce député de la majorité présidentielle cité par l'agence Ria Novosti, que l'opposant déjà dans un état critique a pu être empoisonné après son transfert en Allemagne, dans la clinique de Berlin où il est désormais soigné. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans ce cas bien sûr, on serait là face à une "nouvelle provocation de puissances étrangères" qui tenteraient de faire accuser le Kremlin de crimes qu'il n'a pas commis... Et pour cause, renchérit cette fois le site d'info Lenta.ru qui a interrogé les concepteurs eux-mêmes du Novitchok : "ça ne peut pas être notre poison qui a été utilisé, parce que le Novitchok est très puissant et si c'était nous qui avions fait le coup, Alexeï Navalny serait mort depuis longtemps". Si ça ça ne vous convainc pas, franchement, je ne sais pas ce qu'il vous faut...  

La suite de cette revue de presse nous emmène en Suisse.

La confédération helvétique où la population est appelée à voter, le 27 septembre sur un sujet qui déclenche d'après le quotidien Le Matin un vrai débat national : l'armée de l'air suisse doit-elle ou non dépenser 6 milliards de francs suisses soit 5 milliards et demi d'euros, pour acheter de nouveaux avions de combat ? 

La votation se fera à l'initiative d'un groupe composé des socialistes, des verts et des pacifistes suisses qui estiment donc que c'est une "dépense inutile", alors qu'en face les partis bourgeois, comme on appelle en Suisse la droite et le centre, y sont plutôt favorables, comme une majorité de la population d'après ce qu'en disent les derniers sondages. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il faut dire, avec la radio-télé publique, la RTS, que la Suisse et son armée de  l'air, ça a toujours été une histoire compliquée : déjà en 2014 l'achat de nouveaux avions de chasse pour remplacer la moitié de la flotte obsolète s'était soldé par un échec référendaire.  Si l'on remonte plus loin, dans les années 60, la Suisse avait tenté de développer un avion de combat 100% helvétique... mais avait renoncé après le crash de deux prototypes dans le lac de Constance. Il y a eu ensuite ces affaires de gros sous qui avait fait capoter un contrat d'achat de 100 Mirages au français Dassault... Bref, à chaque fois que les Suisses veulent acheter des avions de combat, en général ça finit mal d'après la RTS

Et puis il y a bien sûr le fond du problème : la Suisse a-t-elle vraiment besoin d'avions de chasse ? Pour faire face à quelle menace en réalité ? C'est justement la question qu'a posée en séance au Parlement ce député des Verts, hostile à l'achat d'avions :  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

LA démonstration se suffit à elle-même... on précisera tout de même qu'il est question d'acheter une quarantaine d'avions et pas 15 comme le dit ce député. Tout de même, 5 milliards et demi pour s'offrir de belles parades aériennes, ça fait peut-ête c'est vrai un peu cher l'élan patriotique. Pour l'instant, on le rappelle, une majorité de électeurs sondés semble favorable à cet achat ; ce qui est sûr en tous cas comme le résume Le Temps, c'est qu'avec cette votation du 27 septembre, les Suisses auront "le sort de leur armée de l'air" entre leurs mains.

BONUS : la Suisse et son indispensable armée de l'air, Pierre Desproges en parlait déjà dans ses Chroniques de la haine ordinaire en 1986 :

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Chroniques
7H40
40 min
L'Invité(e) des Matins
Le Débat est mort, vive le débat
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......