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Benyamin Netanyahou

Israël : cerné par les affaires, Benyamin Netanyahou en route pour un cinquième mandat ?

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Le Premier ministre d'Israël a beau être visé par de nombreux scandales de corruption, son Likoud et ses alliés de droite dure dominent les sondages à 5 jours des législatives. La BBC se prépare à un Brexit sans accord. Les dragons de Komodo menacés, les touristes bannis de l'île indonésienne.

Benyamin Netanyahou
Benyamin Netanyahou Crédits : MENAHEM KAHANA - AFP

A 5 jours des élections législatives en Israël, le premier ministre Benyamin Netanyahou est solidement installé en tête des sondages.  

C'est à croire que vraiment plus rien se peut arrêter sa course vers un cinquième mandat à la tête du pays, et ça désespère  franchement Haaretz. Le quotidien de la gauche israélienne publie aujourd'hui "trois bonnes raisons de ne pas voter Netanyahou", mais il est bien forcé de constater, avec le dernier sondage qu'il a fait réaliser, que "la droite enragée" menée par Bibi creuse encore l'écart avec son rival, le leader du centre-gauche et général Benny Gantz.  

Selon donc Haaretz, le Premier ministre serait prêt à tout, "à vendre sa Patrie", pour que son parti le Likoud et ses probables alliés de la coalition de droite dure remportent la majorité mardi prochain à la Knesset et lui assurent une réélection à la tête du gouvernement : "c'est la seule chance qu'il a de ne pas se retrouver en prison", tant les affaires de corruption et détournements de fonds publics s'accumulent autour de lui. 

La dernière en date, est révélée par le Huffington Post : il accuse Benyamin Netanyahou d'avoir racheté à l'un de ses cousins en 2007 une société qui jusqu'en 2008 a fait des affaires avec la Libye de Mouahmar Khadafi... en violation de l'embargo américain.  Netanyahou, affirme le HuffPost, pouvait difficilement ignorer ces contrats libyens... et quand il a revendu la société en 2010, il a fait une plus-value de 700%.  

Et voilà qui ajoute une page de plus au dossier judiciaire du Premier ministre. A lire le Times of Israël, on comprend que ce dossier est particulièrement épais, et se décline en numéros : 1000, 2000 et 4000, trois affaires de corruption  pour lesquels la Justice devrait prochainement mettre Benyamin Netanyahou en examen. S'y est ajoutée récemment le scandale dit "du sous-marin", soupçons de détournement des budgets de l'armée dans le cadre de l'achat de batiments de guerre à l'allemand ThyssenKrupp : c'est le dossier 3000, résumé pour nous par le Times of Israël. 

Mais le journal anglophone en ligne fait tout de même sa Une sur d'autres chiffres : ceux, on y revient, des derniers sondages. Ils donnent l'alliance entre le Likoud et les partis de droite dure à 67 sièges, contre 53 pour la coalition de centre-gauche dite "blanc-bleu". 

"La droite sent déjà le parfum de cette large victoire", ça donne des boutons à Haaretz, mais ce qui retient l'attention du quotidien de droite Yediot Aharonot, c'est le fait que les partis religieux (si les sondages se confirment) vont être largement sur-représentés à la Knesset. Ils devraient avoir beaucoup plus de poids politique que le poids démographique des communautés religieuses, dans "une population israélienne majoritairement sécularisée".  

Les religieux libéraux, de gauche comme de droite, arriveront-ils à s'unir, comme semble le souhaiter le Yediot Aharonot, pour ne pas laisser le monopole des questions de religions aux ultra-orthodoxes?   Ce sera l'un des enjeux des législatives de mardi, "une élection que Netanyahou et la droite peuvent encore perdre" : c'est l'avertissement lancé sur Arutz Sheva, la radio proche des sionistes religieux, par l'ex-ministre Gidéon Saar. Il alerte son camp sur le risque d'une forte abstention, due à la lassitude des électeurs du Likoud : elle pourrait bien priver le Premier ministre d'une réelection, et le livrer à la justice de son pays.

Il y a des signes qui ne trompent pas : la BBC britannique se prépare à un Brexit sans accord qui pourrait intervenir dès le 12 avril. 

Le 12 avril, c'est dans une semaine, et on le rappelle, si d'ici là les députés de la Chambre des Communes n'ont pas voté l'accord de Brexit de Theresa May, ou proposé une solution alternative, alors la sortie de l'UE se fera sans accord préalable... et vous ne pouvez même pas imaginer le bazar que ça va être dans tous les domaines. Du coup, comme les politiques britanniques semblent vraiment incapables de trouver une solution, les entreprises qui font des affaires avec l'Europe tentent, avant qu'il ne soit trop tard, de s'assurer que le business pourra continuer "as usual".

Eh bien qu'on se rassure, "The TV-show will go on", nous dit en substance Bloomberg qui nous annonce que la vénérable BBC se prépare, en vue d'un "no-deal Brexit", à déplacer certaines de ses licenses de diffusion audiovisuelles vers les Pays-Bas. Le bras commercial de la "Bib" délocaliserait donc ses activités de diffusion, pour ne pas se retrouver dans 8 jours empêché de vendre ses séries à succès aux pays de l'UE. Le "Doctor Who" entre nombreux autres, ne restera pas bloqués à la frontière, voilà qui va rassurer des millions de téléspectateurs européens.  

Bloomberg nous précise tout de même que "la BBC n'est pas le premier groupe audiovisuel à faire ce choix de délocaliser ses chaînes aux Pays-Bas : Discovery, NBC et Viacom en ont déjà fait autant", mais quand c'est une institution telle que la BBC, la "tantine" comme la surnomme le Daily Mirror, qui se prépare à quitter le navire, c'est un sacré symbole pour les Britanniques.   

L'Indonésie a fait un choix économique lourd de conséquences pour préserver la plus célèbre de ses espèces animales.  

C'est à lire ce matin dans The Guardian, mais l'info s'étalait déjà depuis quelques jours dans la presse indonésienne : les autorités de Jakarta ont décidé de fermer l'île de Komodo aux touristes, dès le 1er janvier 2020. 

*Forcément, quand je vous dit Komodo, vous pensez tout de suite à ces énormes varans, ces "dragons de Komodo" qui font de l'île une destination touristique incontournable sur l'archipel, un saurien aux oeufs d'or pour l'économie indonésienne, mais aussi une ressource menacée justement par son succès. 

Tout récemment un réseau de trafiquants a été démantelé, ils tentaient de faire sortir de l'île 41 bébés lézards-géants, pour ensuite les revendre au marché noir sur Facebook. L'article du Guardian ne dit pas qui peut avoir envie d'adopter un dragon de Komodo, quand on connait leurs dimensions adultes, et la dangerosité de leur morsure. 

Ce qui est sûr, c'est que le nombre de dragons connaît une chute inquiétante : il n'en resterait que 5000, ce qui pour une fréquentation moyenne d'un million et demi de touristes par an ne fait pas beaucoup.  Les autorités indonésiennes font donc le choix de fermer l'île aux touristes, à piori  pour un an, pour laisser aux varans la possibilité de se reproduire tranquillement ; il faut aussi reconstituer la population des biches, qui sont le mets favori des dragons, et qui elles aussi souffrent, non pas du traffic, mais de la surexploitation touristique.

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