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Soldats duGouvernement d'union nationale affrontant les troupes du maréchal Haftar à Tripoli

En Libye, un conflit armé en sous-main par les puissances régionales

6 min
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Alors que la Libye est sous le coup d'un embargo interdisant toute importation militaire depuis 2011, qui arme les deux belligérants Al-Sarraj et Haftar ? Israël face à la "bombe à retardement" de l'impossible intégration des juifs éthiopiens. Un défilé militaire pour Donald Trump en ce 4 juillet.

Soldats duGouvernement d'union nationale affrontant les troupes du maréchal Haftar à Tripoli
Soldats duGouvernement d'union nationale affrontant les troupes du maréchal Haftar à Tripoli Crédits : Mahmud TURKIA - AFP

Aux portes de Tripoli en Libye une bombe a détruit un hangar dans lequel étaient détenus 600 migrants : 44 au moins ont été tués, une centaine blessés.

Ce "carnage", qualifié comme tel par l'ONU, repose la question des armes qui circulent dans la Libye en guerre. Une guerre larvée mais bien réelle, depuis début avril, pour la possession de la capitale Tripoli, entre les soldats loyaux au Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale Fayez Al-Sarraj, et le maréchal Khalifa Haftar à la tête de l'autoproclamée Armée Nationale Libyenne (ANL) qui contrôle l'Est de la Libye. Le bombardement d'hier, affirme en Italie La Repubblica, aurait en fait tué "cent migrants", et la responsabilité en est quasi-unanimement attribuée au maréchal Haftar : ses hommes auraient confondu le centre de détention de migrants avec une caserne voisine. 

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Officiellement, nous rappelle Al Jazeera, depuis 2011 il y a un embargo international qui interdit toute importation d'armes au pays; pourtant les deux belligérants ne semblent avoir aucun mal à équiper leurs troupes respectives. L'embargo est "constamment violé dans un sentiment d'impunité quasi total" de part et d'autre de la ligne de front, confirme Jeune Afrique sur la foi de photos, prises en Libye, et sur lesquelles on voit clairement des armes de fabrication étrangère. 

En gros, Fayez Al-Sarraj se fournit principalement en Turquie, quand Khalifa Haftar achète ses armes en Jordanie, en Égypte ou aux Émirats Arabes Unis. Ce qui n'empêche pas, selon Al Jazeera à nouveau, que l'ANL sur Tripoli ait pu bénéficier de l'appui d'avions de renseignement français pendant ses récentes offensives.

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La question de ces ventes d'armes illégales s'est encore posée mardi en Italie, pays très engagé dans le dossier libyen. Le Corriere della Serra raconte comment Al-Sarraj a fait le déplacement non pas à Rome mais à Milan, pour y voir donc spécifiquement Matteo Salvini.  Il lui a demandé de faire comme le turc Erdogan, de faire fi de l'embargo et de lui livrer des armes italiennes. 

Dans ce même imbroglio des armes libyennes, citons enfin le cas des Etats-Unis, bien embêtés depuis des des missiles américains ont été retrouvés dans l'arsenal de l'ANL. Selon The New York Times, ces armes ont été vendues à Tripoli via les Emirats Arabes Unis. Ces derniers s'en défendent, mais au Sénat américain certains démocrates exigent déjà que leur pays cesse de vendre des armes aux Emiratis... puisque l'on ne peut pas contrôler à qui ils les revendent ensuite.

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On le voit donc avec cette question des armes, le conflit libyen est largement internationalisé, alimenté en coulisse par les intérêts bien particuliers de grandes puissances régionales, Turquie, pays du Golfe, Italie, France, etc. Les 44, peut-être 100 migrants massacrés hier en sont une fois de plus les victimes collatérales. Dans son éditorial pour Le Temps de Genève, Luis Léma n'hésite pas à qualifier le maréchal Haftar de "seigneur de guerre, utilisé comme un joker par les Occidentaux, les Français au premier chef". Et il dénonce cette "complicité européenne", sous couvert de contrôle des l'immigration illégale, qui a rendu possible "l'incroyable dérive" meurtrière à l’œuvre en Libye et en Méditerranée.

En Israël, la mort d'un jeune juif d'origine éthiopienne, tué par un policier lundi, soulève une vague d'indignation qui semble venir de loin.  

Avec cette question : Israël est-il un pays raciste ? 

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À quoi le quotidien de gauche Haaretz répond d'emblée : "Oui, Israël est une pays raciste, et les Éthiopiens qui manifestent parfois violemment depuis lundi ne font que crier cette réalité que les Israéliens ne veulent pas entendre". Il faudrait pourtant, qu'ils puissent enfin l'entendre, cette vérité, écrit Eyal Gato. "La douleur, la colère" qu'elle exprime aujourd'hui ,cette communauté la ressent depuis des années... ostracisée, discriminée, invisibilisée, maltraitée par l’État et sa police.

Haaretz évoque le sort d'au moins trois jeunes gens tués par la police ces derniers mois : "ça ne peut pas être une coïncidence, mais c'est bien, affirme Eyal Gato, un problème de perception des israéliens d'origine éthiopienne, qui est profondément ancrée dans les institutions de l’État". 

Le pire, poursuit Anshei Pfeffer dans le même quotidien, c'est que la flambée de violence anti-police de ces derniers jours était tristement "prédictible", tant le mal-être de la communauté éthiopienne était une "bombe à retardement pour Israël" : on savait qu'elle allait nous exploser entre les doigts un jour mais "personne n'a rien fait pour la désamorcer". 

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Histoire d'une immigration, à la cause noble au départ quand Israël a ouvert ses portes au Falachas, ces juifs persécutés en Éthiopie, mais n'a pas mesuré les enjeux de leur délicate intégration et ne s'en est pas donné les moyens. 30 ans plus tard, c'est la deuxième génération qui demande des comptes.

Nous sommes aujourd'hui le 4 Juillet,  la fête nationale des États-Unis, et Donald Trump a décidé cette année d'imprimer sa marque sur cet Independence Day

Il y tenait, depuis deux ans, il va l'avoir cette année : Donald Trump va présider tout à l'heure "un défilé militaire au pied du Lincoln Memorial de Washington". Là même où Martin Luther King prononçait son "I have a dream"en 1963, le 45e président des États-Unis va réaliser, lui, un "rêve d'autocrate" de la manière dont le présente Renée Graham dans son édito du Boston Globe

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Qu'on ne s'y trompe pas, écrit-elle, "Trump ne va rendre hommage qu'à lui-même", en ce 4 juillet, dans une grande "auto-célébration masturbatoire". Après tout, poursuit Renée Graham, "si ses copains le russe Poutine, le nord-coréen Kim Jong Un, ou le turc Erdogan le font, alors pourquoi Donald Trump ne pourrait pas s'offrir ce petit plaisir" une fois par an? 

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Dans The New Yorker, tout de même, David Remnick fait mine de s'étonner... de la passion qu'affiche le président pour la chose militaire, lui qui s'était dans ses jeunes années avait échappé à la Guerre du Vietnam en se faisant réformer, à cause de mystérieuses "excroissances osseuses".  

Selon Politico, les officiers les plus gradés des quatre différents corps de l'armée américaine ont trouvé le moyen de ne pas participer à la parade ; l'article ne dit pas si c'est à cause d'une soudaine épidémie "d'excroissances osseuses".

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