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Bergère du Ladakh et son troupeau de chèvres en Inde, août 2019

Tensions frontalières entre la Chine et l'Inde au Ladakh

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La Chine a mené depuis un mois plusieurs incursions en territoire indien, dans la région montagneuse du Ladakh disputée par les deux puissances nucléaires asiatiques. L'Inde tente d'éviter le piège de la confrontation. Frappés par la crise économique, des locataires lancent une "grève des loyers".

Bergère du Ladakh et son troupeau de chèvres en Inde, août 2019
Bergère du Ladakh et son troupeau de chèvres en Inde, août 2019 Crédits : NOEMI CASSANELLI - AFP

La presse indienne a les yeux tournés vers les confins de la Chine et de l'Inde.

Les hauts plateaux désolés du Ladakh, des vallées d'altitudes où l'on ne croise guère ces derniers temps, d'après la description qu'en fait le quotidien indien The Hindu, que des troupeaux de chèvres pashmina... et des soldats aux uniformes des deux plus puissantes armées d'Asie.  

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La Chine et l'Inde (puissances nucléaires, faut-il le rappeler) se disputent ces hautes terres du Ladakh depuis à peu près toujours, cela a donné lieu à une guerre sino-indienne d'un mois et un jour en 1962, jusqu'à ce qu'en 1980 une ligne de démarcation négociée soit mise en place.

Pourtant, depuis un mois, la presse indienne s'inquiète du nombre grandissant d'incursions de l'armée chinoise en territoire indien, dans des secteurs que l'on croyait pacifiés par les négociations frontalières régulières.  

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En ces temps où la Chine est montrée du doigt par les Etats-Unis et leurs alliés, l'Inde de Narendra Modi ne peut que constater, comme son ministre de la Défense interrogé par le magazine The Wire, que "les troupes chinoises ont pris position dans le Ladakh dans des proportions préoccupantes". La presse de New Delhi va plus loin, affirmant que ces mêmes troupes chinoises, depuis début mai, ont patiemment mais sûrement grapillé quelques dizaines de kilomètres carrés de terres censées être sous contrôle indien. 

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Signe que ces tensions sont bien réelles, note The Indian Express, ce samedi doit se tenir des pourparlers de haut niveau militaire, entre les lieutenants généraux des deux armées, alors que d'haibitude elles ne réunissent que des gradés de rang inférieur.

En attendant, chez les bergers du Ladakh et leurs chèvres pashmina décrits par The Hindu, la vie sur les hautes plaines suit son cours, on s'habitue à vivre sous la surveillance bruyante des  hélicoptères militaires chinois, et l'on est bien forcé de renoncer à certaines pâturages, quand des frontières de barbelés surgissent, parfois d'un jour à l'autre, au milieu des vallées.  

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Reste une question : pourquoi la Chine a-t-elle choisi cette période, déjà marquée par la pandémie de COVID-19, pour réactiver ce conflit frontalier avec l'Inde ?  Pour Indrani Bagchi du Times of India, il s'agit avant tout pour Pékin de ne pas perdre la face, ce reprendre la main dans un contexte international, on l'a dit, compliqué pour la Chine. "La frontière du Ladakh a toujours été maintenue par le Chinois dans une sorte de flou diplomatique, avec des tensions en sommeil mais qui peuvent être réactivées par de simples mouvements de camions et de troupes si besoin". Ni plus ni moins qu'un moyen de pression sur l'Inde et ses alliés, à commencer par les Etats-Unis. 

C'est pourquoi jusque-là Narendra Modi le Premier ministre indien a jusque-là plutôt cherché à calmer le jeu plutôt que de céder à l'inquiétude et à la montée du ressentiment anti-chinois sur les réseaux sociaux indiens. Pour The Wire, Modi a bien tenté de mobiliser Donald Trump sur cette question du Ladakh, les deux dirigeants en ont longuement discuté par téléphone mardi, mais l'Indien a bien compris que l'Américain avait en ce moment d'autres chats à fouetter, et qu'il valait mieux se débrouiller seul face aux Chinois...  

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Narendra Modi refuse donc pour le moment le piège de la confrontation tendu par les Chinois ; mais du coup il se retrouve critiqué par son opposition pour sa passivité dans ce dossier. "Cessez de faire l'autruche", lui lance Raul Ghandi, le leader du parti du Congrès, dans les colonnes de l'Indian Express, avant de sommer le Premier ministre de confirmer la version officielle selon la quelle aucun soldat chinois ne serait entré en territoire indien. 

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Ce n'est pas ce qu'en disent les bergers de pashmina sur place ; pas non plus ce qu'en dit le lieutenant-général à la retraite de l'armée indienne Prakash Menon, dans le journal en ligne The Print. "Les Chinois ont bel et bien violé la frontière indienne, écrit-il, quoi qu'en dise Narendra Modi qui fait tout pour cacher la poussière sous le tapis". Mais cette nouvelle crise frontalière "ne dégénèrera pas en guerre sino-indienne comme en 1962", estime le haut-gradé. Tout cela, conclut-il, n'est qu'un jeu pour les Chinois, "leur jeu favori", même : une démonstration de puissance à peu de frais, pour se rassurer soi-même et se redonner de l'importance à la face du monde. 

Des néogociations vont donc reprendre samedi ; une nouvelle ligne devrait être tracée sur la carte. D'ici peu, les chèvres du Ladakh devraient retrouver  leur tranquilité et leurs pâturages... au moins jusqu'à la prochaine crise mondiale.  

Laissons-là les chèvres indiennes pour nous intéresser aux vaches à lait, ou en tous cas à ceux qui ne veulent plus être pris pour des vaches à lait.

On parle là de milliers de locataires qui refusent de payer ce qu'ils doivent à leur propriétaire, un mouvement de "grève des loyers" qui se développe à travers le monde depuis le début de la crise économique liée au coronavirus et qui fait reparler de lui en ce début du mois de juin où il faudrait donc payer son loyer.  

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A Londres, nous dit The Independent, au moins 2500 locataires ont rejoint la campagne internationale "Can't pay, won't pay", soit "je ne peux pas payer, alors je ne payerai pas" : l'idée est claire, ces locataires ont perdu tout ou partie de leur revenu avec la crise actuelle, et ils ont donc décidé collectivement de ne payer que ce qu'ils peuvent payer, tout en gardant l'argent nécessaire pour s'acheter à manger et payer leurs factures. 

Au-delà de cette nécessité de survivre sans revenu, ce qu'ils disent aussi c'est qu'ils "refusent que leurs propriétaires ne s'enrichissent sur leurs loyers alors que c'est la crise pour tout le monde " et qu'eux peinent à couvrir leurs besoins essentiels.  

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Ce discours, on a pu l'entendre ces derniers mois également en Espagne et ailleurs, mais c'est aux Etats-Unis qu'il est le plus puissant. C'est aussi là que la pandémie a frappé le plus durement et que la précatité totale des locataires fait qu'ils risquent de se retrouver à la rue du jour au lendemain par dizaines de milliers. Pour The New Republic, un jeune travailleur de Philadephie nous raconte comment il a rejoint la "grève du loyer" après avoir perdu son travail dans un cinéma de quartier. Son témoignage nous montre comment ce mouvement a permis à lui et à ses voisins de s'affirmer collectivement face à leurs propriétaires et de trouver des solutions pratiques pour ne pas basculer dans la pauvreté. 

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Et voilà qui nous rappelle, avec la Boston Review, que dans l'Histoire du siècle dernier, les grandes grèves de locataires (notamment celle qui a accompagné l'épidémie de fièvre espagnole) ont permis de rééquilibrer considérablement le rapport de force entre propriétaires privés tous puissants et locataires pour la plupart issus des classes populaires.  

Le média en ligne très à gauche TruthOut veut même croire qu'avec l'ampleur de la crise actuelle, "des millions de locataires américains privés de tout revenu sont mûrs pour une grève générale des loyers comme première étape d'une révolution" anticapitaliste.

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Attention tout de même, avertit CNN, les mesures de  gels des expulsions locatives mis en place par certains Etats sont en train d'être levés à mesure que l'épidémie recule (et alors pourtant que la crise économique ne fait que commencer). Dès ce mois de juin les propriétaires les moins compréhensifs peuvent à nouveau mettre à la porte sans autre forme de procès leurs locataires en cas d'impayés.

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