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Char caricaturant Björn Höcke, leader AFD de Thuringe, au carnaval de Dusseldorf en 2020

Les services de renseignements allemands placent l'AFD sous surveillance

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Le principal parti d'opposition au Bundestag est classé parmi les "groupes suspects de liens avec l'extrême-droite", à sept mois d'élections législatives cruciales pour l'Allemagne. Interpol démantèle un réseau de trafic de faux vaccins contre le Covid-19 entre la Chine et l'Afrique du Sud.

Char caricaturant Björn Höcke, leader AFD de Thuringe, au carnaval de Dusseldorf en 2020
Char caricaturant Björn Höcke, leader AFD de Thuringe, au carnaval de Dusseldorf en 2020 Crédits : Ina Fassbender - AFP

En Allemagne, un parti représenté au Bundestag vient d'être placé sous surveillance par les services de renseignements. 

C'est du jamais vu dans l'histoire allemande, et ce parti c'est l'AFD, Alternative für Deutschland, dont Le Temps de Genève nous précise d'emblée qu'il s'agit de "la première formation politique d'opposition en Allemagne" avec 89 élus au Bundestag. 

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Or ce que l'on a appris mercredi en lisant Der Spiegel, c'est que tout le parti est depuis quelques semaines étroitement surveillé par le Bureau allemand de protection de la Constitution. Il a été classé par les services de renseignements intérieurs comme "groupe suspecté d'avoir des liens avec l'extrême-droite" et il l'a été dans son ensemble, non plus seulement les quelques sections les plus radicales dans les Länder de l'Est du pays. 

Cette décision se base, poursuit Der Spiegel, sur un rapport de plus de 1 000 pages qui établit que, depuis 2019, des membres de l'AFD ont "violé à de nombreuses reprises les règles les plus basiques de la démocratie allemande et de la dignité humaine" ; le rapport documente aussi les liens que certaines branches de l'AFD, qui composent la mouvance dite "völkisch", la plus nationaliste et raciste, entretiennent avec des groupuscules identitaires clairement classés à l'extrême-droite voire chez les néo-nazis. 

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"Le principal parti d'opposition d'Allemagne est mis sous surveillance, soupçonné d'attenter aux fondements de la démocratie", répète la Frankfurter Allgemeine Zeitung comme pour mesurer la portée politique de cette information, qui plus est à 7 mois des prochaines élections législatives. Mais s'il est trop tôt pour savoir si cette procédure aura de vrais effets sur le vote AFD (on va y revenir), ce qui est sûr pour la FAZ c'est qu'elle va "aggraver encore la lutte fratricide qui se livre au sein du parti entre ses deux mouvances rivales", la radicale à l'Est qui s'assume quasiment d'extrême-droite, et la plus modérée, principalement à l'Ouest, qui veut rester sur la base idéologique avant tout eurosceptique qui était celle de l'AFD avant la crise migratoire de 2015 et le grand glissement raciste et identitaire.  

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Dans cette bataille interne, la mise sous surveillance du parti est, selon Der Tagesspiegel, un "constat d'échec" pour le patron de l'AFD qui est, lui, un modéré. Jörg Meuthen, depuis deux ans, a bien tenté de faire le ménage dans ses rangs, de débarrasser l'AFD de ceux qui la tirent vers l'extrême-droite... mais "en poussant vers la sortie certains des meneurs de la branche la plus radicale, il n'a fait qu'éparpiller le reste de ses troupes dans la masse du parti, les rendant plus difficile encore à gérer". Et leurs idées, elles, n'ont jamais cessé de se diffuser, poussant un plus grand nombre de membres du parti à se dire que cette rhétorique anti-migrants, islamophobe, anti-parlementaire, populiste, complotiste, est finalement le meilleur positionnement politique possible par les temps qui courent. 

Le Tagesspiegel pointe à ce propos la responsabilité de certains dirigeants du parti qui ont joué cette carte de la radicalisation, par "opportunisme" plus que par idéologie et qui se retrouvent aujourd'hui débordés... et donc placés sous surveillance par les services de renseignements.  

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Alors bien sûr le parti dénonce depuis mercredi une procédure motivée avant tout par des considérations politiques, pour l'affaiblir avant les législatives de septembre qui vont être cruciales pour définir le paysage politique allemand de l'après-Angela Merkel. Mais la Berliner Zeitung ne se fait pas d'illusion : "la popularité du parti ne va pas fondre d'un coup" parce qu'il est étiqueté "groupe suspect de liens avec l'extrême-droite". La question, écrit Jens Blankennagel, c'est de "savoir si ses électeurs vont se sentir à l'aise avec cette étiquette". Sachant que l'aile "völkisch", qui ne cachait pas ces accointances, représentait au moins 40% des membres du parti dans les Länder de l'Est... il y a en effet de quoi continuer à s'inquiéter.  

Un fait-divers dans la presse sud-africaine nous révèle un trafic international d'un nouveau genre.  

Dans les pages du South African, on apprend que la police vient de saisir, dans un entrepôt de la banlieue de Johannesbourg, des centaines de faux vaccins contre le Covid-19, l'équivalent de 2 400 doses ainsi que des milliers de masques contrefaits. Parmi les personnes arrêtées en marge de cette opération, il y a un Zambien, et trois Chinois, soupçonnés d'être mêlés à ce trafic. 

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Cette saisie, ces arrestations, on en retrouve la trace dans de nombreux journaux à travers le monde ce matin, le Time Magazine notamment, parce qu'elles font partie d'un coup de filet beaucoup plus large lancé par Interpol sur la piste vous l'avez compris, d'un trafic international de faux vaccins... un secteur en pleine expansion d'après l'organisation policière basée à Lyon. 

L'affaire de Johannesbourg, ajoute Interpol, n'est que "la partie émergée d'un iceberg beaucoup plus conséquent" : le réseau démantelé dans ce cas précis partait de Chine, une usines de fabrication des faux vaccins a été perquisitionnée dans l'Est du pays, mais il y a d'autres ramifications ailleurs dans le monde. 

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Interpol, toujours, rassure sur le fait que "ces faux vaccins ne risquent pas de se retrouver dans les circuits de distribution officiels, ceux des grands labos pharmaceutiques et des campagnes vaccinales des différents Etats", mais que la contrefaçon fleurit sur la demande très forte sur internet de particuliers qui ne veulent pas attendre, ou qui n'ont pas de vaccination organisée dans leur pays et pensent trouver des vaccins de bonne qualité en ligne. D'où ce rappel aux consommateurs : en aucun cas il n'est possible de trouver des vrais vaccins en vente en ligne... ou en tout cas de manière légale.

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