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Mette Frederiksen, leader des socio-démocrates danois

Danemark : la gauche l'emporte aux législatives, une victoire en trompe-l'oeil ?

6 min
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Les socio-démocrates danois sont en position de former le prochain gouvernement mais ils ont gagné en validant la politique anti-immigration de l'extrême-droite. Russie et Chine, l'alliance des bannis face aux Etats-Unis. A Mexico polémique autour de l'uniforme neutre garçons/files à l'école.

Mette Frederiksen, leader des socio-démocrates danois
Mette Frederiksen, leader des socio-démocrates danois Crédits : RENÉ SCHÜTZE - AFP

Après la Suède et la Finlande, le Danemark est depuis hier soir le troisième pays d'Europe du Nord à élire une majorité de gauche à son Parlement. 

A voir les résultats encore provisoires des législatives de ce mercredi, elle semble sans appel, cette victoire du bloc Rouge. C'est la DR, la radio publique danoise, qui tire pour nous les conclusions : les partis alliés aux socio-démocrates obtiennent la majorité absolue au Parlement ; leur leader Mette Frederiksen sera de toute évidence la prochaine Première ministre, et l'extrême-droite, le Parti du Peuple Danois qui était au gouvernement aux côtés des libéraux, a vu son score passer de 21% il y a 4 ans à seulement 9% aujourd'hui. 

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La victoire de la gauche est donc mathématiquement évidente, confirme le quotidien Politiken, mais la réalité politique est plus complexe : "Les socio-démocrates ont gagné, certes, mais sur la base d'une fiction, d'un mensonge politique", écrit l'analyste Kristian Madsen ; le discours qui leur a permis de détourner l'électorat populaire de la droite populiste "n'a en fait plus grand-chose à voir avec la social-démocratie" et la gauche.  

Car Mette Frederiksen, nous dit aussi la BBC, a pendant cette campagne opéré un véritable aggiornamento dans les positions de son parti. En particulier sur l'immigration : elle a clairement dit sa volonté de maintenir les lois anti-immigrations votées par le précédent gouvernement, où cette ligne dure avait été poussée par le Parti du Peuple Danois. Ce dernier est donc battu dans les urnes, mais d'aucun dans la presse danoise expliquent qu'il a en fait gagné, sur le long terme, en faisant accepter ses idées xénophobes jusque dans les rangs de la gauche de gouvernement. 

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Et pour doucher encore un peu plus l'enthousiasme de ceux qui voudraient voir dans les résultats de cette élection danoise un modèle pour la gauche européenne, il faut lire le Time Magazine : où l'on comprend que dans le détail des résultats, le parti social-démocrate qui revendique la victoire n'a pas progressé par rapport à son score d'il y a 4 ans. Ce n'est pas lui qui a tiré le plus grand bénéfice du mauvais score de l'extrême-droite, mais bien les radicaux de centre-gauche et les écologistes. 

Sauf que, toujours selon Time Magazine, Mette Frederiksen a déclaré dès hier soir qu'elle ne compte pas former un gouvernement de coalition intégrant ces composantes dans une grande majorité rouge/verte : elle préfère gouverner avec sa seule minorité social-démocrate, et aller chercher le soutien des partis à sa gauche sur certains textes de lois, et à sa droite sur d'autres. 

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A Copenhague tout de même, le grand quotidien Berlingske met en garde : oui, le Danemark par l'élection d'hier a "repeint son Parlement en rouge" et "chassé la vielle coalition bourgeoise droite/extrême-droite", ms dans ce pays pétri de compromis politique, tout finit toujours au centre et les négociations pour la formation du gouvernement Frederiksen pourraient s'avérer difficiles.

Les commémorations du 75e anniversaire du débarquement de Normandie se poursuivent dans le Calvados, mais il y a deux chefs d'Etat qui font bande à part. 

Et un en particulier dont le pays fait pourtant partie du camp de la victoire, dans la 2e guerre mondiale, mais qui n'est pas en Normandie aujourd'hui : Vladimir Poutine est resté en Russie, il avait beaucoup mieux à faire puisqu'il reçoit en grande pompe son "meilleur ami" du moment, à en croire la Gazeta

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Le président chinois Xi Jinping a donc entamé hier une visite d'Etat d'une durée anormalement longue, trois jours, en Russie. La Russie, c'est donc "l'ami le plus intime" de la Chine, Xi Jinping l'a maintes fois répêté hier entre une visite au Zoo de Moscou pour y voir les deux pandas prêtés par Pékin, et un spectacle au théâtre du Bolshoï. Rien n'est apparemment trop beau pour mettre en scène cette touchante complicité diplomatique. 

Alors c'est vrai, nous dit aussi la Gazeta, les deux pays ont beaucoup de centres d'intérêt communs : la Corée du Nord, le Vénézuela, la Syrie, l'Iran... Selon des informations des qataris d'Al Jazeera qui ne sont pas confirmées par les principaux intéressés, Pékin et Moscou se seraient aussi trouvé hier un autre terrain d'entente : un contrat signé entr l'autorité russe des télécoms et le géant chinois Huawei pour que ce dernier développe dès l'an prochain le réseau 5G de la Russie. 

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Alors autant le dire franchement avec le Washington Post, tous ces points communs qui président au rapprochement prudent entre les deux puissances asiatiques tournent finalement autour d'un seul : les tensions que tous deux rencontres dans leurs relations avec les Etats-Unis.

"Russie et Chine serrent les rangs", abonde depuis Hong-Kong le South China Morning Post, quand le très pro-régime Beijing Informer en arrive à la même conclusion : "les sanctions économiques imposées par les Américains aux Russes, et la guerre commerciales qu'ils mènent aux Chinois, font que les deux voisins se retrouvent littérallement poussés dans les bras l'un de l'autre" par un entremetteur nommé Donald Trump. Ce qui se joue ces jours-ci entre Moscou et Saint-Petersbourg, c'est selon le South China Morning Post, la possibilité de voir la relation diplomatique sino-russe "surclassée" à quelque chose qui ressemblerait vraiment à une "alliance" bi-latérale. Ce n'est pas seulement du jargon diplomatique, cela voudrait dire que "Pékin et Moscou lieraient plus profondément et concrètement leurs intérêts économiques et leurs destinées politiques". 

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On n'a jamais été aussi près de cette nouvelle ère dans les relations internationales, confirme Andreï Kolesnikov dans Kommersant. Le célèbre journaliste russe nous rappelle que "depuis leur arrivé au pouvoir, Poutine comme Xi Jinping se sentent investis de la même mission de détruire le monde unipolaire dominé par les Américains, pour en bâtir un  nouveau". Kolesnikov ne manque pas d'objecter, que "leur nouveau monde serait tout aussi unipolaire que l'ancien, mais au moins ils en seraient enfin le pôle".

Direction enfin le Mexique où la perspective de voir des écoliers porter des jupes suscite la polémique.  

Des garçons en jupe, après tout pourquoi pas, du moment qu'on leur laisse le choix. 

C'est la décision qu'a prise la nouvelle maire de Mexico, la socialiste Claudia Sheinbaum : en finir avec l'uniforme obligatoire dans les écoles, jupes pour les filles, pantalon pour les garçons. C'est sa mesure-phare pour aller vers l'égalité réelle entre femmes et hommes, et ça crée depuis le début de la semaine d'intermibales débats, à croire El Universal.  

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L'idée est pourtant simple, y explique la maire, chacun doit être libre de s'habiller et de se comporter comme il se sent bien ; il faut, dit-elle, dépasser les assignations de genre, mais si l'on lit la manière dont c'est présenté dans la presse de droite mexicaine, ça donne "La maire de Mexico veut mettre de jupes aux garçons" et pas "La maire de Mexico veut donner la possibilité aux filles de porter des pantalons"... tout est dans la manière de présenter les choses. 

Mais bon, depuis lundi, le débat évolue, au-delà des premiers cris d'orfraie poussés par les associations de parents d'élèves liées à l'eglise catholique (et soutenus par les deux ex-présidents de droite Fox et Calderon) qui expliquaient dans La Vanguardia mexicaine qu'on "vole aux parents leur liberté d'éduquer leur enfants comme ils le souhaitent". 

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Aujourd'hui, sur le site d'info Al Momento, on préfère s'amuser du sujet, et publier un article sur "ces 6 pays où les hommes n'ont pas peur de porter des jupes". Ca va, vous l'aurez deviné, de l'Ecosse et l'Irlande à la Grèce et à l'Indonésie en passant par la Rome antique. C'est volontairement léger, comme traitement de l'info, mais ça prouve au moins que l'idée fait son chemin dans l'opinion publique mexicaine.

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