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BAchar El Assad et son cousin l'homme d'affaires Rami Makhlouf

En Syrie, les rivalités au sein du clan El Assad s'étalent en public

6 min
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Le cousin de Bachar El Assad et milliardaire aux affaires troubles Rami Makhlouf rend publiques ses critiques et menaces contre le dictateur. Quel rôle la Russie et l'Iran jouent-elles en coulisse ? Covid-19 : des chercheurs belges placent leurs espoirs dans des anticorps produits par des lamas.

BAchar El Assad et son cousin l'homme d'affaires Rami Makhlouf
BAchar El Assad et son cousin l'homme d'affaires Rami Makhlouf Crédits : Capture d'écran www.ft.com

Nous évoquons ce matin la Syrie où le clan El-Assad lave son linge sale en public.

C'est du jamais vu au sein de cette famille qui se partage le pouvoir et l'argent de la Syrie depuis 5 décennies : les tensions entre Bachar El Assad et son cousin, l'oligarque des télécoms syriens Rami Makhlouf s'étalent depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et dans à peu près toute la presse du Moyen-orient.

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Le règlement de compte a culminé le 3 mai, nous explique Caroline Hayek du quotidien libanais l'Orient Le Jour, quand Rami Makhlouf, l'ancien cousin préféré de l'enfance de Bachar El Assad dont on dit qu'il possède la moitié des richesses du pays, a publié une vidéo sur Facebook où il vide son sac contre le président : il y dénonce la saisie de tous les biens de ses sociétés et son placement de facto en résidence surveillée chez lui ; il nie toutes les accusations de corruption et d'évasion fiscales qui lui sont faites par l'administration de son cousin ; il critique les méthodes selon lui "inhumaines" des policiers à la solde de son cousin ; il en arrive même (dans cette vidéo publique on le rappelle) à insulter voire menacer le chef du clan El-Assad auquel il rappelle au passage que c'est grâce à son soutien financier depuis 2011 qu'il est encore à la tête d'un pays à feu et à sang.

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Cette sortie, qui il faut bien le dire avec The Middle East Monitor, a des accents un peu desespérés et pitoyables, quand on sait à qui on a affaire : Rami Makhlouk, c'est l'homme de l'ombre de l'empire financier El-Assad, celui dont on retrouve la trace derrière les schémas des trafic de stupéfiants à grande échelle entre la Syrie, l'Egypte et la Libye. Makhlouf, poursuit The National d'Abou Dhabi, est finalement devenu "la proie d'un système impitoyable qu'il a lui-même  aidé à mettre sur pied".  

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Comment dès lors expliquer cette disgrâce de celui que plusieurs médias décrivent comme "l'homme le plus riche du Moyen-Orient" ? Les mêmes médias aujourd'hui hésitent sur l'interprétation de cette séquence très inédite, on l'a dit, où les luttes familiales pour le pouvoir et l'argent débordent sur la place publique. 

Est-ce que Rami Makhlouf prenait trop de poids, lui qui depuis 2011 a plusieurs fois laissé entendre que la protection de ses affaires vallait plus à ses yeux que le maintien de son cousin au pouvoir ? 

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Est-ce qu'il a tenté "un coup" contre ce dernier, alors que comme le fait remarquer David Rosenberg dans Haaretz la Russie multiplie depuis la fin avril les signes d'insatisfactions à l'endroit de Bachar El Assad, lui reprochant notamment le niveau ingérable de la corruption dans son clan?

Deux hypothèses se font jour : soit Rami Makhlouf paye ces critiques moscovites tant il personnifie depuis toujours cette corruption du régime, et il craint de voir les Russes s'emparer de ses affaires... soit c'est lui qui envoie un message aux Russes en se présentant comme la victime, persécutée par son cousin inquiêt de le voir incarner une alternative possible aux yeux de Moscou.

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Et la menace Makhlouf pourrait être réelle pour Bachar El Assad : le soutien des Russes est une chose, mais celui de sa communauté, les alaouites de l'ouest de la Syrie, est symboliquement essentiel pour lui. Et la saga qui l'oppose à son cousin risque aussi de le fragiliser aussi de ce côté-là, explique Caroline Hayek toujours dans l'Orient-Le Jour : Makhlouf  multiplie ces derniers jours les attaques contre Bachar El Assad laissant entendre qu'il favorise la majorité sunnite du pays, et délaisse sa propre secte chiite. Le milliardaire déchu joue donc la corde sensible, et vise sans le nommer l'entourage de la première dame de Syrie, Asma El Assad, elle-même sunnite et entourée de son propre clan que Makhlouf soupçonne de vouloir faire main basse sur son empire financier.  

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On lira enfin, dans The Middle East Eye, cette analyse selon laquelle un milliardaire comme Rami Makhlouf ne prendrait pas le risque de s'attaquer ainsi frontalement et publiquement au pouvoir de son cousin pour une somme "aussi dérisoire" que ces 200 millions de dollars qui lui sont réclamés par le fisc syrien. L'enjeu réel doit donc être beaucoup plus important : un changement de président poussé par l'Iran, par exemple ? L'avenir nous le dira...

En Belgique on veut croire que le salut face à la Covid-19 pourrait venir des lamas.

C'est très sérieux, et c'est une "avancée significative" dans la lutte contre la pandémie, selon Le Soir : une équipe de chercheurs belges de l'Université de Gand a découvert un anticorps capable de contrer le coronavirus... dans le sang d'un lama. Un anticorps dont on nous explique qu'il pourrait servir de base au développement d'un traitement antiviral contre la Covid-19. 

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En clair, quand vous êtes contaminés, votre corps combat l'infection en développant des anticorps ; eh bien là, on s'injecterait directement les anticorps produits en laboratoire à partir donc de cellules de lamas, et on serait protégé de manière préventive. Ce serait précieux, détaille le Soir, pour les publics les plus à risques, les personnes très agées par exemple qui réagissent mal aux vaccins ou les soignants qui trouveraient là une protection immédiate.

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Tout ça a fait l'objet d'une publication dans la revue scientifique américaine Cell, et d'ailleurs aux Etats-Unis le New-York Times s'intéresse de près à cette découverte : il nous présente même Winter, le lama femelle à l'origine de cette belle histoire et "en passe de devenir possiblement l'une des héroïne de la lutte mondiale contre la pandémie".

Winter a donc l'honneur d'une description avantageuse dans le Times : "une robe chocolat, des pattes grêles, des oreilles toujours un peu de travers et des cils qui font transparaître une forme de désir" (sic).

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La journaliste Jillian Kramer, on l'a compris, place de grands espoirs dans le lama, animal dont on apprend au passage qu'il est "connu par les chercheurs pour sa capacité à produire ses propres anticorps, ce qui lui a permis de résister ces dernières années aux épidémies de MERS et de SRAS".

Il y a aussi dans cette histoire l'idée plaisante que c'est dans le dialogue avec la nature sauvage, que se trouve peut-être l'antidote à un mal qui nous est arrivé, on l'a compris, de notre rapport dégradé avec cette même nature.

Est-ce que la piste du lama sera la bonne ? Est-ce que le lama vengera l'affront fait aux chauve-souris et aux pangolins ?  Pour la suite de cette aventure scientifique, nous nous en remettrons aux lumières de mon camarade Nicolas Martin !

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