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la consommation de viande en question dans les journaux

Manger de la viande à quelles conditions ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Dans une boucherie, à Denver, Kate, 30 ans, est en train de découper un morceau de bœuf de la taille d'un oreiller, "j'adore ce morceau dit elle, l'omoplate, et sa belle graisse en dentelle". Avant d'être bouchère, nous raconte The New York Times, Kate était... une végétarienne stricte.

la consommation de viande en question dans les journaux
la consommation de viande en question dans les journaux Crédits : PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP - Maxppp

Une viande que Kate découpe ensuite en plusieurs steaks plus petits. Avant de passer en cuisine, préparer un déjeuner au journaliste du New York Times. Avant d'être bouchère, nous raconte le journal américain, Kate était... une végétarienne stricte. Elle a arrêté de manger de la viande pendant plus de 10 ans, par amour profond pour la vie animale et par respect de l'environnement. Et elle est devenue bouchère, pour les mêmes raisons. Et elle n'est pas la seule nous dit le Times. D'autres ont franchi le pas, peu nombreux encore, mais qui font recette : des végétariens devenus bouchers... mais des bouchers "éthiques" disent-ils. 

Leur espoir : révolutionner le système alimentaire actuel aux Etats-Unis. L'élevage industriel, la sur-utilisation d'antibiotiques, les conditions inhumaines pour les animaux.

Mais ça se paye. 21 dollars la livre du meilleur steak, contre à peine 9 dollars dans le supermarché à côté. Un prix justifié par un contrôle élevé sur les animaux, la manière dont ils sont nourris, transportés, abattus, découpés. Pour Anya, une autre convertie, la viande bon marché n'est pas une victoire. "Il faudrait que les gens gardent le même budget viande qu'aujourd'hui... en achetant moins, mais de meilleure qualité".

Alors qu'en pensent les gros mangeurs de viande ? 

Les Allemands par exemple. Une consommation de 60 kilos de viande par habitant et par an. Et un débat qui s'invite à côtés des barbecues et dans les pages du Spiegel : l'augmentation de la TVA sur la viande, proposée par certains députés du Bundestag. De 7 à 19%. 

L'idée ne provoque pas seulement des images de vaches heureuses ou de poulets élevés en liberté... mais, à l'heure du rapport du GIEC, évoque également la protection du climat et la diminution de la consommation de viande. Sauf, poursuit le magazine, que la mesure changerait peu de choses et désavantagerait gravement les plus pauvres 

Non, rien n'est bon ! confirme le Süddeutsche Zeitung 

Après tout, les animaux ne sont pas de l'huile, du sucre ou de la limonade, qui peuvent être retirés de la consommation avec des taxes. Ce sont des êtres vivants. Pour que le bétail, les cochons et les poulets aillent mieux, ce n'est pas une question d'argent, encore moins de taxe. 

Comment serait utilisée une telle subvention dans un élevage de porcs en Basse-Saxe par exemple ? Qui contrôle ? La seule chose qui aide contre les poules pondeuses, le bétail bourré d'antibiotiques, c'est la loi. Plus stricte. plus contraignante. De telles lois pourraient exister depuis longtemps

Le journal qui coupe l'appétit aussi à ceux qui voudraient renoncer aux protéines animales et se tourner vers les burgers végétaliens. Des substituts à la viande, en plein essor... mais pas très sains. Ces copies qui se veulent aussi proches que possible de l'original en terme de goût, à coup de recours aux additifs : arôme fumé pour l'effet barbecue, extrait de betterave rouge pour l'aspect sanglant, du sucre, du sel aussi. Et plus de calories... Mais oui, ajoute le Süddeustche Zeitung, ils consomment moins d'eau, de terre, moins de gaz à effet de serre. Bon pour la nature et les animaux donc. Moins pour les hommes.  

Si on veut assouvir sa faim, on peut toujours lire le Bangkok Post ce matin

Les possibilités gastronomiques ici sont infinies ; la réputation de la Thaïlande en matière de street food n'est plus à faire. Difficile d'imaginer la rigidité des habitudes alimentaires il y a 30 ou 40 ans constate le quotidien en langue anglaise.

Personne n'aurait alors osé déroger à la règle des 3 repas par jour. La tradition. Dans les grandes villes, ceux qui donnaient l'aumône aux moines bouddhistes se levaient vers 5 heures du matin pour préparer les offrandes et le petit déjeuner des enfants, le déjeuner à emporter. Les employés de bureau partaient tôt aussi. Achetaient dans les cafés un pa tong ko, un beignet à la couleur dorée. Le café était préparé à l'ancienne, filtré à travers un long sac en tissu. Et dans les cafés, on ne se contentait pas d'acheter son petit noir, on lisait les journaux, on racontait les derniers potins. 

Et le journal détaille aussi toutes les spécialités culinaires mijotées pour le dîner : ragoût de porc, nouilles de riz, bœuf grillé, salade de papaye.

Aujourd'hui, les gens qui travaillent à Bangkok doivent encore se lever tôt, mais c'est pour éviter les embouteillages. On achète des plats préparés pour les moines, pour le petit déjeuner des enfants. Les cafés à l'ancienne ont disparu. Restaurants, stands, vendeurs ambulants offrent toutes sortent de plats, à n'importe quelle heure. Les jeunes générations ne peuvent pas se représenter ce qu'était la vie de leur parents. 

Alors comment mangerons-nous dans 30 ou 40 ans ? se demande le quotidien. Ça dépasse notre imagination.

Dans le futur, on boira peut être une vodka artisanale de Tchernobyl ? 

Ce n'est pas dans le futur, c'est aujourd'hui, nous assure la BBC. 

Une vodka fabriquée avec des céréales et de l'eau de la zone d'exclusion de Tchernobyl, le premier produit de consommation issu de la zone abandonnée autour de la centrale nucléaire. 

"Ce n'est pas plus radioactif que n'importe quelle vodka ! assure le professeur Smith à l'origine du projet. Tout chimiste vous dira que lorsque vous distilliez quelque chose, les impuretés restent dans les déchets".

Mais pourquoi fabriquer cette vodka ? 

Les scientifiques espèrent que sa vente pourra apporter un soutien aux communautés situées autour de la zone d’exclusion. "Aujourd'hui le plus important pour la région est en réalité le développement économique, pas la radioactivité" estime encore le professeur. Son équipe espère produire 500 bouteilles de cette Atomik vodka cette année. En les vendant d'abord au nombre croissant de touristes qui se rendent dans la zone d'exclusion.

A déguster peut être avec un steak tartare végétalien... ou pas. 

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