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Des membres de la police haïtienne et de la médecine légale recherchent des preuves à l'extérieur de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021 à Port-au-Prince, Haïti

Haïti se réveille sans Président mais avec deux Premiers ministres revendiqués

6 min
À retrouver dans l'émission

Ariel Henry, Premier ministre nommé par le Président Moise conteste la prise de pouvoir par Claude Joseph, son prédécesseur. Une vidéo montre les meurtriers entrer dans la résidence du Président avant le crime. Crise migratoire en Lituanie alors que la Biélorussie facilite le passage des illégaux.

Des membres de la police haïtienne et de la médecine légale recherchent des preuves à l'extérieur de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021 à Port-au-Prince, Haïti
Des membres de la police haïtienne et de la médecine légale recherchent des preuves à l'extérieur de la résidence présidentielle le 7 juillet 2021 à Port-au-Prince, Haïti Crédits : VALERIE BAERISWYL - AFP

Moins de 24h après l'assassinat du Président Jovenel Moise, un article publié par le Nouvelliste, laisse présager une nouvelle crise institutionnelle.

C'est une interview du Docteur Ariel Henry. Ariel Henry avait été nommé Premier ministre le 5 juillet, 24 heures avant l'assassinat du Président Moise, et il n'avait pas eu le temps de former son gouvernement. Or Claude Joseph, son prédécesseur a déjà pris les rennes du pouvoir et déclaré l'Etat de siège hier.   

Monsieur Claude Joseph a fait un bon travail aujourd'hui que j’apprécie. Moi je suis un Premier ministre et j’étais en train de choisir les membres de mon cabinet, on était même très avancé. Dr Ariel Henry, Premier ministre nommé le 5 juillet.    

La porte reste ouverte au dialogue, mais la détermination d'Ariel Henry est aussi claire que le titre qu'a choisi le Nouvelliste pour cette interview, un titre sous forme de citation : "Claude Joseph n'est pas Premier ministre, il fait partie de mon gouvernement ".   

Un gouvernement démissionnaire est un gouvernement démissionnaire à ma connaissance. Ce n’est pas un gouvernement de plein exercice. S’il n’y avait pas la nécessité d’avoir un autre gouvernement, le président Jovenel Moïse ne serait pas venu me chercher. Dr Ariel Henry.   

Ce matin, Haïti se réveille donc sans Président, mais avec deux Premiers ministres revendiqués. Le médecin neurologue, écrit le Nouvelliste estime que dans cette situation il y a lieu de s'assoir. " Je suis un Premier ministre nommé, Claude a été un Premier ministre intérimaire qui a repris ses positions de ministre des affaires étrangères, je pense qu'il faut qu'on se parle ".   

Chaotique, la situation l'était déjà avant le décès de Jouvenel Moise, et c'est un éditorial du Miami Herald, qui décrit le mieux cette situation. Rappelons que la moitié des 700 000 Haïtiens résidants aux Etats Unis vivent en Floride.    

Moïse est décédé avec un Premier ministre par intérim non ratifié par le parlement et un nouveau, le Dr Ariel Henry, pas encore assermenté. Autre complication : Henry serait incapable d'obtenir la bénédiction du parlement - car il n'y a plus de parlement depuis janvier 2020, depuis que Moïse a déclaré le chambre dysfonctionnelle. Il n'y a même pas de président de la Cour suprême : René Sylvestre, son président, est décédé la semaine dernière du COVID-19. En tout, il n'y a que 10 élus dans le pays, tous sénateurs. Et l'un, Joseph Lambert, semble jouer le rôle de président par intérim, ou du moins certains de ses partisans le font pour lui. Editorial du Miami Herald intitulé : L'assassinat choquant du président haïtien signifie que les États-Unis doivent sortir de leur réserve et agir. 

Ce vide politique, ou plutôt ce potentiel excès d'héritiers du pouvoir, " rend la situation hautement imprévisible ", et le quotidien américain de conclure : " les Etats Unis qui sont restés très silencieux sur Haïti, aussi bien du temps de Trump, que depuis que Biden est élu, doivent sortir de leur réserve".   

Une vidéo tournée juste avant l'assassinat     

Dans les rues de Port au Prince, la police a poursuivi pendant la nuit les meurtriers présumés de l'ancien Président. Quatre d'entre eux ont déjà été tués, deux arrêtés. On en sait pas plus pour le moment, mais on a des détails de l'opération de la veille.   

Une vidéo de 27 secondes circule sur les réseaux.

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C'est filmé par un portable. On voit cinq hommes armés éclairés d'une torche s’avancer lentement vers la grille d’entrée d’une résidence (compte rendu plus détaillé en français ici)

Selon le Miami Herald, qui a posté cette vidéo en premier, les hommes auraient crié "DEA opération", DEA, comme Drug Enforcement Administration étant le nom de l'agence américaine anti drogue.   

Le juge Haïtien chargé de l'enquête le confirme au journal le Nouvellisteen citant des témoins.  Il décrit aussi très précisément au journal, comment l'ancien Président a été retrouvé : " Allongé sur le dos, chemise blanche maculée de sang, oeil gauche crevé, un impact de ball au niveau du front, trois dans la hanche, un dans l'abdomen, deux dans la poitrine.... 12 tirs de balle en tout. La bonne et le garçon de service ont été ligoté par le commando, la fille du président s'est cachée dans la chambre de son frère".   

Qui a pu faire ça ? Qui a commandité ce meurtre ? Le Haïtian Times, journal haïtien publié aux Etats Unis a carrément posé la question à l'un des opposant au Président Jovenel Moise. Le Dr Reginald Boulos. Il répond ainsi : " Jamais l'oposition n'a voulu du mal au Président Moise. Nous désigner, c'est faire le jeu de ceux qui l'ont réellement tué ". Puis il ajoute : " Je ne pense pas que l'opposition aurait la capacité d'organiser une mission aussi bien menée ".   

Une opposition qui fait aussi partie des victimes relate le journal, puisque quelques heures après l'assassinat du Président, la maison du sénateur Jean Claude Moise, (aucun lien de parenté avec Jovenel Moise) a été incendiée. On ne sait pas si les deux attaques sont liées.   

Bientôt un mur à la frontière entre la Lituanie et la Biélorussie ?   

Lors d'une conférence de presse à Vilnius hier, la Première ministre lituanienne, Ingrida Simonyte a déclaré qu'une barrière physique supplémentaire serait construite prochainement, cela pour dissuader je cite, les "organisateurs de flux migratoires illégaux". Les forces armées lituaniennes vont également être mobilisées, rapporte la BBC.   

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Delfi, le premier site d'information lituanien, retranscris les propos tenus ensuite par le ministre de l'intérieur Arnoldas Abramavičius. Il explique que les migrants ne sont pour la plupart pas Biélorusses, mais Irakiens, Kurdes Africains, et qu'ils arrivent en Lituanie parce que la Biélorussie a sciemment ouvert une nouvelle route d'immigration vers l'Europe.  

Les gardes frontières lituaniens ont arrêté 150 migrants illégaux au cours des 24 dernières heures, trois fois plus que la normale. 1300 depuis le début de l'année, contre 80 l'an dernier. Il y a donc bien une accélération.    

Le 26 mai dernier, le Président biélorusse Loukachenko avait prévenu que son pays n'empêcherait plus les migrants de franchir la frontière qu'il partage avec la Lituanie, mais il fait plus que cela encore, selon les autorités lituaniennes, citées par les journaux lituaniens ce matin, "des agences de voyages proposent des vols directs, Bagdad Minsk".   

Cela en représailles aux sanctions économiques décidées récemment à l'encontre de la Biélorussie. Sanctions que la Lituanie soutient, même si elle est plus affectée que les autres pays de l'UE par ces sanctions, car " une partie des engrais potassés biélorusses, transitait par le port de Klaipeda sur la mer baltique. Les pertes se compte, en centaine de millions d'euros pour les chemins de fer de Lituanie", rapporte Verslo Zinios un média économique lithuanien, repris dans le Courrier international.   

Ce que les médias lituaniens nomment une "crise migratoire" fait renaitre des peurs nouvelles et anciennes. La République, journal connu pour son style mordant publie ce matin, une tribune intitulée "Pourquoi sont-ils soignés", qui s'insurge de l'accueil fait par la Lituanie aux immigrants.   

On y trouve des mots comme "Invasion"... mais dans ce pays qui a été plusieurs fois envahi, par les russes, par les allemands, puis par les russes encore lors de la seconde guerre mondiale, ce terme revêt une signification très forte.     

Si notre mur est si étroit que des femmes et des enfants non armés peuvent le traverser, alors que se passera t-il si des soldats ennemis arrivent ?  Tribune publiée dans le journal République

La Lituanie et la Biélorussie partagent plus de 600 kilomètres de frontières, et derrière le voisin Biélorusse, c'est la Russie que continue de craindre une partie de la population lituanienne, de façon souvent viscérale.  Lors d'un reportage dans ce pays, j'avais rencontré un retraité de 70 ans qui m'avait montré dans sa voiture, une valise toujours prête, le réservoir toujours plein d'essence, prêt à partir à tout moment au cas où....   

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