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Cinq ans de guerre ; près de 100 000 victimes notamment des bombardements aériens saoudiens qui ont touché jusqu'au vieux quartier historique de la capitale, Sanaa

L'Arabie saoudite suspend sa guerre au Yémen

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Avec ce cessez-le-feu unilatéral, le royaume saoudien dit vouloir combattre la pandémie de Covid-19. Ailleurs, la crise sanitaire est aussi l'occasion de constater la désunion européenne et le docile alignement des pays d'Asie du sud-est sur les positions chinoises.

Cinq ans de guerre ; près de 100 000 victimes notamment des bombardements aériens saoudiens qui ont touché jusqu'au vieux quartier historique de la capitale, Sanaa
Cinq ans de guerre ; près de 100 000 victimes notamment des bombardements aériens saoudiens qui ont touché jusqu'au vieux quartier historique de la capitale, Sanaa Crédits : YAHYA ARHAB - Maxppp

C'est par  une déclaration du porte-parole de la coalition relayée par la Saudi Press Agency, l'agence de presse officielle du royaume saoudien que Riyad annonçait hier soir suspendre ses offensives sur le Yémen : "un cesser le feu complet qui prendra effet ce jeudi à midi pour une période de deux semaines", reconductible précisait le communiqué. Au chapitre des raisons qui auraient présidé à cette annonce surprise : la lutte contre la pandémie du coronavirus... épidémie qui n'a pas encore atteint le Yémen mais qui promettait d'être particulièrement dévastatrice dans ce pays aux infrastructures de santé quasi inexistantes.

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"Le Coronavirus est une excuse facile, qui permet de sauver la face pour expliquer ce que les Saoudiens voulaient faire depuis longtemps", commentait immédiatement sur Twitter le politologue Hassan Hassan du Center for Global Policy. Le coronavirus a bon dos semble en effet abonder Lyse Doucet, la spécialiste Moyen-Orient de la BBC qui rappelle que depuis septembre et la spectaculaire attaque au missile sur ses raffineries, l'Arabie Saoudite cherche un moyen de sortir de cette guerre qui dure depuis 5 ans et avait entamé de discrets pourparlers avec l'adversaire Houthi pour ce faire.

Les Houthis pour leur part n'ont pas encore réagi officiellement à cette annonce unilatérale de cesser le feu, mais remarque la chaîne qatari Al Jazeera leur porte-parole a d'ores et déjà transmis à l'envoyé spécial de l'ONU pour la région  un plan de négociation complet incluant un arrêt des combats et la fin du blocus imposé par l'Arabie Saoudite. N'empêche, "Même si des pourparlers de paix sous égide onusienne démarrent effectivement, conclut Lyse Doucet, il risque de se passer encore pas mal de temps pour que ceux-ci aboutissent à la conclusion d'une solution politique, celle dont le Yémen a désespérément besoin".

En Europe, l'Union européenne semble plus désunie que jamais semble-t-il. Elle ne parvient pas à ficeler son plan de sauvetage pour venir en aide aux économies européennes les plus frappées par la crise... et voit dans le même temps le directeur de son  Conseil Européen de la Recherche (ERC) démissionner bruyamment, citant la réponse "décevante" de Bruxelles face à la pandémie". C'est en effet par une lettre envoyée au Financial Times que Mauro Ferrari a annoncé sa décision de quitter le poste de directeur qu'il occupait depuis le début de l'année à la tête de ce  Conseil Européen chargé de coordonner les efforts de la recherche entre les États membres de l'UE et qui est aussi la première agence de financement pan-européenne pour la recherche. Dans sa lettre au quotidien londonien, le professeur Ferrari explique avoir "essayé en vain de convaincre les officiels européens de créer un programme spécial pour combattre l'épidémie de Covid-19 et que ses propositions avaient été rejetées à l'unanimité par le bureau scientifique de l'ERC : "Je crois que j'en ai assez vu quant à la gouvernance scientifique et aux opérations politiques de l'Union européenne", assène le professeur Ferrari avant d'annoncer son départ pour les Etats-Unis pour dit-il y "poursuivre le combat contre le coronavirus"

Sauf que les choses ne sont pas forcément aussi simples : dans la foulée de la publication de cette lettre, le bureau Scientifique du Conseil Européen pour la Recherche publiait à son tour un communiqué, rapporte le site ScienceBusiness.net, dans lequel les 19 membres de ce bureau scientifique révèlent avoir tous individuellement demandé la démission de Maurro Ferrari dès le 27 mars dernier, citant ses absences à répétition et son peu d'engagement dans le fonctionnement au quotidien du Centre Européen pour la Recherche. Bref : que Ferrari ait été démissionnaire...ou démissionné, l'agence de financement de la Recherche en Europe n'a aujourd'hui plus personne à sa tête.

Selon The Diplomat, la crise sanitaire a permis de mesurer un alignement toujours plus évident des pays d'Asie sur les positions Chinoises
Selon The Diplomat, la crise sanitaire a permis de mesurer un alignement toujours plus évident des pays d'Asie sur les positions Chinoises

En Asie, où l'épidémie recule, c'est l'heure d'une sorte d'examen de conscience des pays de la région face à la Chine. Dans un long papier titré "ce que le Covid-19 nous a révélé des relations entre la Chine et l'Asie du Sud-Est" le magazine en ligne The Diplomat passe en revue les réponses et les réactions des différents pays de la région face à l'épidémie partie de Chine... "la gestion de la crise, a démontré une tendance régionale à surtout faire preuve de loyauté vis à vis de la Chine, au risque de mettre des vies en danger". Celle-ci a révélée une nouvelle proximité politique et diplomatique voire un véritable alignement sur les pratiques chinoises", et ce sans la moindre critique, écrit encore The Diplomat ; "La plupart des premiers cas de contagion à Singapour, en Thailande, au Vietnam ou en Malaisie ont ainsi été le fait de personne étant passées par Wuhan en Chine. Or les liaisons aériennes avec Wuhan n'ont aucunement été suspendues et toutes les capitales de la région ont accueillis les touristes chinois qui traditionnellement débarquent pour les festivité du Nouvel an Chinois" fin janvier... ce n'est qu'une semaine après la mise en confinement complet de Wuhan, poursuit The Diplomat, que la plupart des pays ont commencé à restreindre les voyages en provenance de la province de Hubei".

Quant à défier la Chine au sujet de l'épidémie, "Ce n'était tout simplement pas permis : de très nombreux posts sur les réseaux sociaux ont ainsi été censurés au prétexte de fake-news", poursuit le site en ligne, qui remarque au final que "Cette même accusation de "fake news" ou de propagation de "rumeurs" est pourtant précisément l'argument employé par les autorités chinoises elles-mêmes pour réduire au silence ceux qui avaient essayé de tirer la sonnette d'alarme depuis Wuhan" au début de la crise. 

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