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Le président iranien Hassan Rohani

La crainte d'un conflit Iran/USA : et l'Europe dans tout ça ?

5 min
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Téhéran repasse aux menaces nucléaires pour pousser l'Europe à s'affirmer contre les sanctions américaines qui asphixient l'Iran. Allemands, Français et Britanniques se contentent d'observer le bras de fer Iran/USA. Aux Etats-Unis, des Etats gérés par les Républicains multiplient les lois anti-IVG.

Le président iranien Hassan Rohani
Le président iranien Hassan Rohani Crédits : capture d'écran - Maxppp

C'est peu dire que l'escalade des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis inquiête les commentateurs de l'actualité internationale.  

Avec cette question qui parcourt toute la presse : et maintenant ? Sommes-nous vraiment à la veille d'un possible conflit ouvert, entre Washington et Teheran ? 

Comme toujours, l'exercice de prospective est risqué, mais l'américain Warren Getler s'y risque tout de même pour le quotidien israélien Haaretz : il se fait fort de nous expliquer "comment la guerre entre l'Iran et l'Amérique va commencer", comme si cette "guerre" n'était plus une possibilité, mais bien une évidence. 

Et si Getler en est aussi convaincu, c'est qu'il nous décrit deux camps tout aussi isolé, piégé l'un que l'autre : Donald Trump par ses conseillers faucons et virulemment anti-Iraniens, et Téhéran qui est écrésée économiquement par les sanctions américaines, et n'a plus d'autre moyen d'action que de provoquer l'Occident, avec cette menace de relancer son programme nucléaire.  

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Mais l'étincelle, prédit Warren Getler donc dans Haaretz, viendra sans doute plutôt du terrain militaire au Moyen-Orient : il parie sur "une attaque de groupes armés pro-chiites et donc pro-iraniens, contre des troupes américaines ou leurs alliés, en Syrie ou en Irak". Nous voilà prévenus : à la Maison Blanche, les Mike Pompeo et John Bolton n'attendent que cela pour justifier une intervention américaine.

En fait, et c'est cette fois Anshel Pfeffer, toujours dans Haaretz, qui l'écrit, l'Iran, en repassant au registre de la menace, tombe exactement dans le piège qui lui est tendu. Mais faut-il lui en vouloir? Qu'on ne s'y trompe pas, et qu'on ne réécrive pas non plus l'histoire: ce ne sont pas les Iraniens mais bien les Américains, qui ont piétiné les premiers, il y a un an, l'accord sur le nucléaire iranien. Le retrait partiel évoqué  hier par Hassan Rohani n'est que peu de choses par rapport à celui, tonitruant, de Donald Trump l'an dernier. 

D'ailleurs cette histoire-là ne s'écrit pas seulement entre Américains et Iraniens. 

C'est c'est ce que se charge de rappeler le journal russe Kommersant : ce que le président iranien a fait hier, c'est clairement poser "un ultimatum aux Européens", les remettre face à leurs responsabilités, les obliger s'affirmer face à l'Amérique de Trump. C'est tout l'objet de l'ultimatum de 60 jours posé avant la relance de l'enrichissement de l'uranium iranien.  

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Le soucis, c'est que les Européens, leurs presse en tous cas, ne semblent pas préssés de se remettre en question. Dans Der Tagesspiegel, Juliane Schaüble se contente de renvoyer dos-à-dos les va-t'en guerre côté Iran et côté Etats-Unis. Et c'est à peine si son compatriote Klaus-Dieter Frankenberger évoque, dans son analyse pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, "le dilemme que cette crise pose à la France, à l'Allemagne et au Royaume-Uni", lesquelles manquent clairement d'une position commune forte pour sauver l'accord de 2015. 

Pourtant, "comment imaginer que Téhéran pourrait défendre seule son économie, son secteur pétrolier et ses banques, face aux sanctions américaines qui l'étranglent?" s'interroge Frankenberger. Sans un appui réel des Européens, il ne faut pas s'attendre à ce que l'Iran renonce à sa politique agressive dans un Moyen-Orient où Israël et l'Arabie Saoudite l'attendent au tournant.  

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Mais il faut bien le reconnaître, avec l'espagnole Angeles Espinosa dans El Pais, que pour le moment les Européens font mine de ne pas avoir compris le message. En témoigne la position française exprimée par la ministre des Armées Florence Parly : hier elle s'est bornée à menacer à son tour Téhéran de sanctions plus lourdes encore, de la part non plus des seuls américains mais du Conseil de Sécurité de l'ONU. C'est exactement l'inverse de la réponse espérée par l'Iran.

La presse américaine alerte sur la remise en cause du droit à l'avortement dans toute une série d'Etats. 

L'alerte est d'abord venue de Géorgie, où, nous dit The Washington Post, le gouverneur républicain Brian Kemp a signé mardi ce qu'on appelle aux Etats-Unis un "heartbeat bill", un amendement dit 'du battement de coeur' parce qu'il rend illégale toute interruption volontaire de grossesse à partir du jour où l'on peut déceler une activité cardiaque du foetus à l'échographie, soit généralement à la sixième semaine. Decrypté par l'association du Planning familial américain, cité par le Courrier International, ça veut dire qu'avec cette loi c'est l'avortement en général, qui devient interdit en Géorgie, puisqu'à six semaines de grossesse la plupart des femmes ne savent même pas qu'elles sont enceinte. 

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Et avec ce cas géorgien, on s'est rendu compte que plusieurs Etats avaient déjà avaient pris de telles lois du battement de coeur : l'Iowa, le Kentucky, le Dakota du Nord, le Mississipi, l'Ohio. Heureusement, nous dit le New York Times, dans la plupart des cas des tribunaux locaux ont bloqué ces mesures. Mais il n'y en a pas moins "une tendance rampante à la restriction drastique du recours à l'IVG", et désormais c'est vers l'Alabama que se tournent tous les regards.  

L'Alabama où, toujours selon le New York Times, le Sénat de l'Etat pourrait voter dès aujourd'hui une mesure qui "pousse encore plus loin la répression de l'avortement". En fait, toute interruption de grossesse serait de facto bannie sans même limite de temps, dès la conception ; il a fallu attendre hier au dernier moment pour que des exceptions soient ajoutées au texte, pour les victimes de viol ou d'inceste.  

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En l'état, le projet de loi prévoit de criminaliser non seulement les femmes, mais aussi les médecins qui pratiqueraient des IVG et qui risqueraient jusqu'à 99 ans de prison. On va donc beaucoup plus loin dans la répression, et l'on se demande ce qu'il reste de la jurisprudence qui est censée garantir le droit à lavortement jusqu'à la 24ème semaine de grossesse aux Etats-Unis.

Cette jurisprudence, c'est l'arrêt de la Cour suprême Roe Vs Wade en 1973, et les Républicains semblent avoir juré sa perte. Ils n'en ont jamais été aussi près : la loi votée aujourd'hui dans l'Alabama se retrouvera inmanquablement contestée devant la Cour suprême, et l'on sait que dès la prochaine nomination d'un de ses membres par Donald Trump, cette cour devrait compter une majorité de juges anti-avortement.

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