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Réfugiés éthiopiens de la guerre au Tigré dans un camp soudanais

Des réfugiés éthiopiens témoignent de "massacres ethniques" au Tigré

5 min
À retrouver dans l'émission

Le New York Times publie les témoignages de civils qui ont fui la guerre au Tigré et racontent les exactions commises par des milices armées alliées à l'armée éthiopienne. Aux Etats-Unis, Donald Trump fait accélérer les exécutions de condamnés à mort avant la fin de son mandat présidentiel.

Réfugiés éthiopiens de la guerre au Tigré dans un camp soudanais
Réfugiés éthiopiens de la guerre au Tigré dans un camp soudanais Crédits : Yasuyoshi Chiba - AFP

The New York Times tente de regarder en face cette guerre qui se déroule depuis un mois dans le nord de l'Ethiopie.  

Pas facile de documenter un conflit que les autorités éthiopiennes voudraient garder loin des regards internationaux (on va revenir sur cette bataille de l'info autour de la guerre au Tigré) alors, faute de pouvoir accéder librement à cette région du nord du pays où l'armée nationale combat les forces autonomistes tigréennes, le reporter du New York Times Abdi Latif Dahir a pris le parti d'écouter, patiemment, ceux qui l'ont fuie, cette région déchirée par les combats.  

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Les milliers de réfugiés tigréens qui se massent dans les camps improvisés à la frontière soudanaise livrent leurs récits, forcément personnels, forcément lacunaires et traumatiques, mais ce matériau journalistique vivant est effarant. Où l'on découvre en particulier les exactions commises, non pas seulement par les soldats envoyés par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, mais surtout par les milices qui leurs sont alliées, et qui se chargent apparemment de la sale besogne. Des "massacres ethniques contre la population tigréenne", voilà ce dont il est question et dont Addis-Abeba s'est toujours défendue. 

Les milices en question, explique le reportage d'Abdi Latif Dahir, sont surnommées "Fano" et composées essentiellement de jeunes de l'ethnie Amhara, la voisine du sud des Tigréens. Dans les camps de réfugiés, tous les récits racontent leurs méfaits, les "villages attaqués, saccagés, leurs habitants battus, mutilés et encore extorqués sur la route de l'exil".  La guerre qui se poursuit au Tigré quoi qu'en dise le pouvoir éthiopien, est, telle que la décrit le New York Times, "un conflit dévastateur devenu une source effroyable de pillages, d'antagonisme ethnique et de meurtres". 

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Et l'ONU ne dit pas autre chose, avec ce cri d'alarme relevé sur le site d'Al Jazeera : "L'Ethiopie est prise dans une spirale incontrôlable de souffrances effroyables pour sa population civile". Mais quand les Nations Unies demandent à accéder à la région en guerre pour y mener une enquête indépendante, l'Ethiopie leur répond qu'elle "n'a pas besoin de babysitter" pour la surveiller. La formule a été prononcée très officiellement à Addis-Abeba où les autorités en guerre continuent d'affirmer que l'offensive contre les terroristes du Tigré est terminée, et forcément victorieuse. 

L'agence Reuters détaille les efforts menés par le gouvernement d'Abiy Ahmed pour "faire oublier la guerre, en communicant sur ses grands projets économiques, l'inauguration par exemple ce mercredi d'une autoroute flambant neuve à la frontière avec le Kenya". Et pendant ce temps, le noir médiatique est toujours maintenu sur le Tigré, réseaux internet et mobiles coupés, très peu de moyens, on l'a vu, pour des observateurs étrangers de se rendre sur place...

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"L'Ethiopie d'Abiy Ahmed, écrivent Samuel Gebre et Claire Wilmot dans le Mail and Guardian sud-africain, nous donne à voir depuis un mois ce qui se fait de plus moderne en terme de propagande gouvernementale", avec non seulement une limitation maximale des sources d'informations indépendantes mais aussi un rouleau compresseur médiatique, mis en place par les autorités elles-mêmes, pour s'arroger le droit de "fact-checker"ce qui se dit sur la guerre en cours. C'est l'Etat, acteur principal du conflit qui prétend dire ce qui est une info vérifiée, ce qui est une _fake new_s. Les deux journalistes du Mail and Guardian le rappellent pourtant : c'est la mission de la presse de vérifier ce que dit le gouvernement... et quand c'est l'inverse qui se passe, il y a de quoi s'interroger sur "l'exemplaire" démocratie éthiopienne.  

Aux Etats-Unis les médias s'interrogent sur le sens des priorités de Donald Trump, à 40 jours de la fin de son mandat présidentiel. Des médias choqués, pour beaucoup, par ce "coup d'accélérateur mis par l'administration Trump aux exécutions de condamnés à mort dans les prisons fédérales". Pas moins de cinq viennent d'être programmées d'ici au 20 janvier, constate la chaîne NBC qui précise en passant que quatre sur cinq concernent des hommes noirs et la cinquième une femme, "la première condamnée à mort exécutée aux Etats-Unis depuis 70 ans". 

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Un tel empressement a quelque chose de foncièrement troublant, alors que Donald Trump n'est plus que le "lame duck president" le "président canard boîteux" comme le veut la formule consacrée en ces temps de transition présidentielle. Si les cinq peines capitales sont appliquées comme prévu d'ici à la fin de son mandat, alors Trump restera dans l'histoire américaine, comme le président qui a le plus fait exécuter de condamnés depuis au moins un siècle. 

Dans un éditorial cinglant, le Los Angeles Times voit dans cette décision d'accélérer le calendrier des exécutions, la preuve s'il en était besoin, que la peine de mort est "arbitraire", politique, et donc indéfendable. C'est d'ailleurs, et c'est d'autant plus troublant, la position défendue pendant la campagne par Joe Biden, qui a clairement dit qu'il veut "éliminer la peine de mort au niveau fédéral, et faire pression sur les Etats pour qu'ils suivent le même chemin". 

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Le site spécialisé dans l'information judiciaire The Appeal note que depuis les dernières élections, de nouveaux procureurs prennent leurs fonctions à travers les Etats-Unis et affirment qu'ils sont contre les exécutions. Donc voir Donald Trump profiter de ses dernières semaines de pouvoir pour s'opposer à cette tendance, a quelque chose de terriblement "cynique", accuse The Los Angeles Times.

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