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Matteo Salvini et Vladimir Poutine en 2014 à Milan

Matteo Salvini à son tour rattrapé par des soupçons de financement russe

5 min
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Le parti d'extrême-droite du vice-président du Conseil italien aurait sollicité un financement occulte de près de 60 millions d'euros auprès d'interlocuteurs russes, en marge d'un contrat pétrolier. Reportage en immersion du Washington Post dans le conflit en Libye pour le contrôle de Tripoli.

Matteo Salvini et Vladimir Poutine en 2014 à Milan
Matteo Salvini et Vladimir Poutine en 2014 à Milan Crédits : ALEKSEY NIKOLSKYI / SPUTNIK - AFP

Nous sommes ce matin en Italie où Matteo Salvini se débat avec des soupçons de financement russe pour son parti d'extrême-droite la Lega.  

... Et ce scandale n'est pas sans rappeler ce qui est arrivé au mois de mai avec le FPÖ autrichien : souvenez-vous, cet "Ibiza-Gate", vidéo publiée par la presse d'un rendez-vous secret entre un dirigeant du parti et des émissaires russes enclins à financer ses prochaines campagnes électorales. 

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La polémique cette fois est arrivée hier par une enquête du site américain BuzzFeedNews, dont le correspondant en Europe Alberto Nardelli s'est procuré un enregistrement audio présenté comme "explosif" : on y entend Gianluca Savoini, très proche collaborateur de Matteo Salvini, discuter avec trois Russes un matin d'octobre 2018 dans le lobby du palace moscovite le Metropol Hotel.  Savoini s'y livre à un argumentaire sur les qualités de son mentor et ministre de l'Intérieur italien : il explique à ses interlocuteurs russes que Matteo Salvini, c'est "le Trump européen", celui qui veut changer l'Europe pour la rapprocher de la Russie,. Un tournant pro-russe dont  Savoini affirme Matteo Salvini est le meneur, au sein d'une grande alliance de parti amis parmi lesquels il cite entre autres le FPÖ autrichien, l'AFD allemande, "madame le Pen", comme il l'appelle, en France, et Viktor Orban en Hongrie.  

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Le but, entend-on encore dans l'extrait de l'enregistrement publié par BuzzfeedNews, c'est de "redonner leur souveraineté aux peuples européens", qu'ils ne dépendent plus des "illuminés" de Bruxelles ou de Washington, et donc qu'ils puissent se réconcilier enfin avec la Russie. 

En entendant cette profession de foi enthousiaste, on a un peu l'impression d'assister à un entretien d'embauche, ou plus vraisemblablement au discours d'un candidat à un prêt face à son banquier. Et justement, nous explique La Repubblica qui met l'affaire en Une le but de ce démarchage auprès des  Russes pour la Lega c'est bien d'organiser un montage financier pour que l'argent russe arrive directement dans les caisses du parti d'extrême-droite, à quelques mois de la campagne des élections europénnes. 

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En l'occurence, l'idée émise lors de ce rendez-vous d'octobre 2018, c'est que le gouvernement italien pousse la société pétrolière nationale ENI à acheter pour 1,3 milliards d'euros de carburant à une entreprise russe, qui pratiquerait un prix d'ami et permettrait via des intermédiaires de dégager près de 60 millions d'euros de bénéfices... immédiatemment reversés sur les comptes de la Lega.   

Il faut tout de même préciser que personne ne sait si cet arrangement a été méné ou non à son terme.

C'est vrai, et c'est justement l'un des axes de réfutation avancé par Matteo Salvini depuis mercredi. L'homme fort du gouvernement italien affirme à qui veut l'entendre qu'il n'a "jamais reçu le moindre rouble ni le moindre litre de vodka de Russie". La formule est d'ailleurs reprise par le quotidien Kommersant à Moscou, où le site du journal RBK indique que le fameux rendez-vous secret entre SAvioni et ses mystérieux contacts russes de haut-rang avait déja été évoqué par la presse italienne. 

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C'était en février dernier, dans le magazine L'Espresso. Si l'investigation à l'époque n'avait pas encore mis la main sur l'enregistrement audio des échanges, elle affirmait déjà de source sûre que les discussions du Metropol Hotel avaient porté sur une aide russe de 3 millions d'euros pour la Lega. Aujourd'hui, l'ampleur de ce présumé financement occulte est toute autre, près de 60 millions soit vingt fois plus que ce qu'évoquait L'Espresso, et ça laisse à penser que plus que Matteo Salvini et sa Lega, c'est possiblement tout le mouvement, derrière lui, des partis d'extrême-droite pro-russes d'Europe qui pourrait avoir bénéficié, via l'Italie, des largesses du Kremlin.

Une plongée à présent au coeur du conflit qui se déroule en ce moment en Libye, et où la question de l'implication de la France est plus que jamais posée. 

C'est The New York Times, qui révélait hier à l'aube que des missiles américains, appartenant à notre pays, avait été découverts dans une cache d'armes de l'armée rebelle aux ordres du maréchal Haftar en lutte avec les forces loyalistes au premier ministre Fayez Al-Sarraj.  

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Depuis, rappelle le site AfrikaNews, le quai d'Orsay, très embarrassé par cette affaire, a indiqué que les missiles anti-char en question avaient été déployés par l'armée française pour son propre usage dans le cadre de ses missions anti-terroristes en Libye, et que de toute façon ils étaient endommagés et donc impropres à être utilisés par les hommes d'Haftar. Mais Jeune Afrique n'en démord pas et affirme en Une de son site qu'il n'est "pas crédible que la France n'ait pas violé l'embargo sur les ventes d'armes" aux belligérants libyens. 

Car, qu'on ne s'y trompe pas, si elle est peu documentée sur le terrain, c'est bien une guerre que se livrent depuis avril les deux armées pour la possession de la capitale Tripoli, avec des armes venues de l'étranger. Pour s'en convaincre il suffit de s'immerger dans le grand reportage multimédia que publiait il y a quelques jours The Washington Post. Avec le reporter Sudarsan Raghavan et le photojournaliste Lorenzo Tougnoli, on est propulsés "sous les balles, sur les lignes du front libyen"...   

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Reportage donc dans les quartiers détruits des faoubourgs de Tripoli, dans les hopitaux de fortune où sont amenés les victimes des snippers et des tirs de mortiers de part et d'autre. Les deux journalistes décrivent "un conflit qui n'a pas de limites", pas de règles, avec des ambulances par exemple régulièrement prises pour cibles, des bombardements menés à l'aveugle sans se soucier des civils pris entre deux feux. 

Raghavan et Tougnoli évoquent aussi des soldats qui n'ont "rien connu d'autre que la guerre dans leur pays depuis presqu'une décennie" ; ils disent aussi leur effarement, face au "niveau de polarisation" qu'ils ont constaté "chez ces combattants dont les plus jeunes semblent prêts à tout, à parcourir des centaines de kilomètres à tarvers le désert pour venir tuer d'autres Libyens".

Une volonté d'en découdre "jamais observé ailleurs" par ces reporters de guerre, pourtant aguerris, qui observent enfin que "les soldats du maréchal Haftar semblent bien mieux équipés que ceux d'Al-Sarraj", eux qui "peuvent compter, nous dit-on, sur le soutien des Emirats Arabes Unis, de l'Arabie Saoudite, de l'Egypte de la Russie... et de la France".

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