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Des réfugiés afghans qui fuient l'avancée des Talibans et ont trouvé refuge à Kaboul, le 11 août 2021.

L'Allemagne suspend les expulsions de migrants vers l'Afghanistan

7 min
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Depuis 2016 environ un millier d'Afghans, déboutés de leur demande d'asile, ont été expulsés par les autorités allemandes.

Des réfugiés afghans qui fuient l'avancée des Talibans et ont trouvé refuge à Kaboul, le 11 août 2021.
Des réfugiés afghans qui fuient l'avancée des Talibans et ont trouvé refuge à Kaboul, le 11 août 2021. Crédits : WAKIL KOHSAR - AFP

Dans le Frankfurter Allgemeine, une photo montre des Afghans en tenue traditionnelle qui se pressent autour d'un camion d'aide humanitaire, les bras tendus. Dans la foule un visage se détache et nous fixe à travers l'objectif du photographe. 

Hier Berlin a changé de position sur la question des réfugiés afghans. La veille encore la situation était "confuse" explique le quotidien. Le gouvernement allemand avait plaidé la semaine dernière auprès de la commission européenne pour un maintien de la possibilité d'expulser les migrants en provenance d'Afghanistan.  

Mais l'avancée des talibans sur tous les fronts change la donne. Le ministère de l'Intérieur allemand a donc annoncé la suspension jusqu'à nouvel ordre des expulsions vers l'Afghanistan. Quelques heures plus tôt le porte-parole du ministère affirmait pourtant le contraire souligne Süddeutsche Zeitung. De son côté, la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer expliquait vouloir accélérer l'évacuation des Afghans ayant travaillé pour la Bundeswehr comme interprètes ou assistants. L'essentiel du contingent allemand était basé à Kunduz, ville ou flotte désormais le drapeau taliban.  

Le Los Angeles Times rapporte que le Département d'État américain élargit les conditions d'accueil aux États-Unis aux Afghans qui travaillaient pour des organisations non gouvernementales basées aux États-Unis, ou pour des médias américains. Jusqu'ici seuls ceux qui avaient travaillé directement pour le gouvernement ou pour l'armée pendant au moins deux ans pouvaient prétendre à un visa spécial.  Mais malgré ce nouveau programme il ne sera pas facile pour les Afghans d'atteindre les États-Unis écrit le Los Angeles Times. La durée de traitement des dossiers restant très longue. 

En Juillet déjà, le gouvernement de Kaboul avait appelé les pays européens à cesser temporairement d'expulser les migrants afghans, chose que la Suède et la Finlande ont acceptée. L'Allemagne rejoint donc la liste avec les Pays-Bas salue Le Soir dans un éditorial. Le quotidien bruxellois explique que la Belgique hésite à franchir le pas. Pour Le Soir, le statu quo est intenable. Le journal donne la parole à Sotieta Ngo, la directrice d'une association de soutien aux réfugiés qui appelle à mettre fin "au cynisme"  et s'en prend à l'argument qui consiste à dire que suspendre les expulsions risque de créer une arrivée massive de migrants. La militante citée estime que ce n'est pas crédible alors que "pour celles et ceux qui fuient l’Afghanistan, c’est un périple de plusieurs mois, parfois de plusieurs années avant d’arriver chez nous en Europe", où se trouvent aujourd'hui environ 44 000 demandeurs d'asile afghans dispersés dans les différents pays de l'Union.  

C'est aux frontières de l'Europe que l'on trouve le plus d'Afghans en exil, en particulier en Turquie. Les Afghans arrivent par la frontière avec l'Iran à l'est du pays. Le journal Sabah tient la chronique des passages et des arrestations : "33 Afghans et Pakistanais interpellés" lundi pour entrée illégale sur le territoire turc. Sabah rappelle dans un autre article l'annonce récente de la construction d'un mur le long des 295 kilomètres de frontière avec l'Iran.  

Hürriyet cite les propos du porte-parole de la présidence turque Ömer Çelik :  "La Turquie n'est le camp de réfugiés de personne. Et personne ne devrait considérer cette région comme un camp de concentration". Une déclaration qui intervient dans un contexte de polémique en Turquie sur la présence des migrants. Le pays compte déjà près de quatre millions de réfugiés syriens sur son sol. Hürriyet rapporte des troubles dans un quartier d'Ankara, une personne tuée et une autre blessée au couteau par un migrant. Al-Monitor revient sur l'interview donnée par le président Recep Tayyip Erdogan à la chaîne CNN Türk hier. Dans laquelle le président turc laisse entendre qu'il est disposé à recevoir le chef des talibans. En plus d'être en première ligne sur la question des migrants afghans, Ankara souhaite maintenir des soldats à Kaboul pour en contrôler l'aéroport. 

La charge du Washington Post contre le nouveau président péruvien Pedro Castillo

C'est un véritable tir de barrage en Une du site du Washington Post aujourd'hui : "Le début chaotique de la présidence de Pedro Castillo fait se demander aux Péruviens qui est aux commandes". Pour le Washington Post, le Pérou est une nouvelle fois au bord de "l'effondrement politique" après l'élection de cet instituteur de 51 ans issu d'un milieu rural, face à la droite dure de Keiko Fujimori, la fille de l'ancien dictateur Alberto Fujimori.   

C'est surtout l'orientation politique de Pedro Castillo qui semble poser problème au journal américain. Il est de gauche, et même issu d'un petit parti politique Peru Libre se réclamant du marxisme. Le Washington Post critique le gouvernement du nouveau président. Son Premier ministre Guido Bellido est jugé "inapte" et le journal précise que ce nouveau chef du gouvernement péruvien est la cible d'une enquête pour apologie du terrorisme après des publications sur les réseaux sociaux à propos du Sentier lumineux, la sanglante guérilla maoïste péruvienne des années 1980 et 1990.

Le ministre des Affaires étrangères quant à lui souhaite rétablir des relations diplomatiques avec le Venezuela de Nicolas Maduro, ce qui à l'air de déplaire franchement au Washington Post. "Pour aggraver les choses, écrit-il, on ne sait pas si le président Pedro Castillo gouverne lui même ou bien s'il est aux ordres de son mentor, Vladimir Cerrón, neurochirurgien formé à Cuba (précise le journal) et fondateur de Peru Libre.  

El Pais se montre aussi très critique de Pedro Castillo ces derniers jours avec une série d'articles dont celui intitulé "Le Pérou et le prix de l'incertitude", qui relève que la monnaie nationale péruvienne a perdu 12% par rapport au dollar américain depuis avril, lorsque Pedro Castillo a remporté le premier tour de scrutin. El Pais interview Luis Alberto Arias, économiste et ancien vice-président de la Banque centrale qui explique que les bailleurs de fonds du Pérou et les investisseurs "sont très attentifs aux actions du gouvernement", et qu'il n'est pas possible pour le Pérou d'agir en pensant "que les marchés ne réagiront pas." 

Le journal conservateur péruvien El Comercio s'inquiète de son côté de savoir si le Pérou va sortir du Groupe de Lima - qui soutient Juan Guaido au Venezuela comme l'annonce Vladimir Cerrón. Un sujet sensible pour les relations avec les États-Unis. Mais La Republica nous apprend que Pedro Castillo se rendra aux États-Unis en septembre pour y rencontrer Joe Biden. Le président péruvien pourrait même se rendra à l'Organisation des États américains (OEA), structure très liée aux intérêts de Washington en Amérique du Sud, cela rassurera peut-être le Washington Post

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