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Le Diamond Princess toujours en quarantaine dans le port de Yokohama. Plus de 200 passagers ont été diagnostiqués porteurs du Covid-19

Le Covid-19 poursuit sa propagation et ses ravages... et obsède la presse internationale

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Le Coronavirus, ou plutôt Covid-19, puisque c'est ainsi qu'il se nomme désormais, à la Une de la presse internationale de nouveau ce matin. Avec des chiffres qui inquiètent, qu'ils concernent le nombre de cas diagnostiqués qui explose en Chine ou le coût pour l'économie mondiale.

Le Diamond Princess toujours en quarantaine dans le port de Yokohama. Plus de 200 passagers ont été diagnostiqués porteurs du Covid-19
Le Diamond Princess toujours en quarantaine dans le port de Yokohama. Plus de 200 passagers ont été diagnostiqués porteurs du Covid-19 Crédits : Kyodo/MAXPPP - Maxppp

Premier chiffre : le nombre de cas a bondi en Chine. 60 000 personnes contaminées. C'est le nouveau mode de calcul des autorités chinoises qui l'explique, rapporte la BBC. Elles comptabilisent désormais les cas diagnostiqués cliniquement après une simple radio sans attendre de tests supplémentaires. Hier, la province du Hubei a connu en outre sa journée la plus meurtrière, 242 morts du virus Covid-19. 

CNBC s'attend aussi à ce que l'épidémie s'étende aux Etats-Unis, où pour l'instant 13 cas sont recensés, et relate les efforts des autorités pour sécuriser les approvisionnements en masques et gants. Tandis qu'aux Philippines, le seul pays en dehors de la Chine où a succombé un patient infecté par le virus, les médias reprennent les propos du ministre de la santé : La question n'est pas de savoir si l'épidémie va s'étendre dans notre pays, dit-il, mais quand. L'infection qui se propage à l'extérieur de la Chine pourrait n'être qu'à son début, s'alarme également le Jakarta Post. L'Indonésie n'a pourtant déclaré aucun cas, ce qui inquiète la communauté scientifique internationale, dans un pays de plus de 250 millions d'habitants. Le Jakarta Post relate d'ailleurs que la Chine a identifié un patient atteint du Covid-19, qui revenait tout juste de Bali. Mais la seule réponse des autorités indonésienne a été de dire qu'elles vérifiaient ce qu'elles qualifient encore de rumeur. 

Les navires de croisière : de super incubateurs du virus

Covid-19 à la Une de la presse européenne également, notamment britannique, le Guardian a ouvert un live toute la nuit. En Italie, le Corriere della Sera, décrit de son côté le périple d'un "multidiffuseur" du virus, qui a infecté plusieurs dizaines de personnes. Cet homme d'affaires britannique a contracté le virus à Singapour lors d'une conférence internationale, puis il a rejoint sa famille en vacances dans les Alpes françaises où il a contaminé cinq compatriotes qui résidaient dans son hôtel et un touriste espagnol. De retour dans son pays, à Brighton, poursuit le Corriere, notre porteur est allé au pub où il en a contaminé quelques autres et c'est compter sans les passagers du vol retour pour le Royaume uni, les 90 participants à la conférence de Singapour qu'il a côtoyés et sont repartis chez eux, diffusant peut-être aussi le virus... 

Et que dire des super incubateurs que sont les navires de croisière... Le Princess Diamond et ses 3700 passagers en quarantaine dans le port de Yokohama au Japon depuis 10 jours. 219 passagers infectés pour l'instant, 44 de plus ce matin. Le ministre japonais de la Santé Katsumobu Kato annonce qu'un responsable japonais envoyé sur le bateau pour collecter des questionnaires de santé a été contaminé à son tour.  Il portait des gants et un masque mais pas de combinaison.  La NHK, la télévision japonaise rapporte cependant que les autorités vont autoriser le débarquement des passagers de plus de 80 ans qui ne sont pas infectés par le virus. 

C'est le cas aussi des passagers du Westerdam qui ont enfin pu toucher terre ce matin, à l'issue d'une véritable Odyssée. Les quelque 2000 croisiéristes et membres d'équipage de ce navire américain avaient été refoulés de quatre ports et même du territoire américain de Guam, note le Time, alors même qu'aucun cas n'avait été détecté à bord.  Mais la panique qui s'est emparée des autorités poursuit le journal leur a fermé successivement les ports du Japon, des Philipinnes, de Guam, de Taïwan et de Thaïlande... C'est finalement le Cambodge qui leur a permis de débarquer à Sihanoukville. Ils vont être transférés à Phnom Penh pour être rapatriés par avion.  Et c'est la compagnie qui va payer les vols retours, explique USA Today, les passagers seront également remboursés pour leur croisière et auront un crédit pour de futurs séjours. USA Today qui ajoute que les propriétaires du Princess Diamond, celui où les cas se multiplient, vont  eux offrir à l'équipage deux mois de congés payés.  

Le coût pour l'industrie de la croisière s'annonce élevé

Voilà qui nous emmène au coût de cette épidémie pour les croisiéristes. C'est le New York Times qui s'y intéresse ce matin. Pour une industrie qui pèse 45 milliards de dollars, explique le quotidien, le coronavirus est un véritable cauchemar. Le secteur a bien connu des crises avec le norovirus, qui s'apparente à une épidémie de gastro entérite, ou le naufrage du Costa Concordia en 2012 mais Covid-19 s'annonce comme un tout autre défi. Difficile de dresser un bilan aujourd'hui, reconnaît le journal, ne serait-ce qu'en raison du mutisme des croisiéristes, mais on estime déjà les pertes à 10-15% dans le secteur. Et nous n'en sommes qu'au début. Les réservations sont en chute libre. Sans surprise, ce sont l'Asie et le Pacifique qui souffrent le plus. Or la Chine a été la plus importante source de croissance pour l'industrie du voyage ces dernières années. Elle pèse 10% du total du marché de la croisière, poursuit le New York Times qui précise que le nombre de navires de croisières déployés en Asie a bondi de 53% entre 2013 et 2017.  

L'Espagne aussi fait ses comptes ce matin. Ajoutons ce dernier chiffre : 500 millions d'euros. C'est le manque à gagner pour Barcelone, estimé par la presse espagnole, en raison de l'annulation du grand rendez-vous mondial de la téléphonie. Nous parlions de ces risques ici hier matin, après la cascade d'annulations dues aux craintes d'épidémie. Et ce chiffre ne prend en compte que les locations de pavillons, les nuitées, repas, voyages, précise El Pais. Avant de se désoler de cette décision drastique, alors, écrit le quotidien espagnol, que le gouvernement avait bien dit qu'il n'y avait pas de risque sanitaire.  Maintenant, ajoute El Pais, la bataille est ouverte pour savoir qui devra supporter le coût de l'annulation. Le virus de la peur s'est propagé sans aucun frein, opine la Vanguardia. Cela va coûter cher aux organisateurs, ajoute le quotidien catalan, car les polices d'assurance ne fonctionneront pas s'il n'y a pas d'urgence sanitaire déclarée. Et l'onde de choc va toucher en plus quelque 14 000 personnes, ce sont les emplois créés à l'occasion du salon.

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