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Policiers déployés face aux manifestants pro-démocratie, Bangkok, 15/10/20

La monarchie thaïlandaise face à la colère d'une jeunesse déterminée

5 min
À retrouver dans l'émission

Ce mercredi à Bangkok le mouvement pro-démocratie a repris de la vigueur et s'est retrouvé furtivement confronté à cette monarchie constitutionnelle qu'elle dénonce. Le pouvoir a ensuite pris un décret pour interdire tout rassemblement. En Bolivie, J-3 avant la première présidentielle post-Morales.

Policiers déployés face aux manifestants pro-démocratie, Bangkok, 15/10/20
Policiers déployés face aux manifestants pro-démocratie, Bangkok, 15/10/20 Crédits : Panumas Sanguanwong - AFP

Ce matin nous évoquons un pays qui vient d'interdire les rassemblements de plus de cinq personnes. 

En Thaïlande, on ne vous dit pas combien vous devez être à table, mais par contre un décret d'urgence vient de réduire de manière drastique la liberté de réunion... et ce n'est pas seulement pour des raisons sanitaires. 

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Le gouvernement thaïlandais, n'a même pas (enfin presque pas)  la mauvaise foi de dire que c'est à cause de la pandémie qu'il interdit de facto tout rassemblement. Non, dans le Bangkok Post ce matin, je lis que c'est bien "pour éviter les troubles à l'ordre public" que le décret d'urgence a été pris. Et par "troubles à l'ordre public", tout le monde le comprend, ce sont clairement les manifestations pro-démocraties qui sont visées, rendues illégales. 

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The Guardian l'affirme sans détour : le décret liberticide vise à empêcher que ne se reproduisent les scènes auxquelles on a assisté ce mercredi autour du siège du gouvernement à Bangkok : des milliers de manifestants, des jeunes pour la plupart, venus redire, comme ils le font régulièrement depuis la mi-juillet, qu'ils veulent la démission du Premier ministre Chan-o-Cha, allié à la junte militaire, et la fin de la dispendieuse et archaïque monarchie constitutionnelle thaïlandaise. Les manifestants avaient juré de camper dans la rue jusqu'à obtenir gain de cause, explique The Bangkok Post, mais ils en ont été violemment chassé hier soir par un impressionnant dispositif policier, en vertu du nouveau décret.   

Il faut dire que la tension s'était élevée à des niveaux encore jamais atteints depuis le début de la mobilisation, avec un moment qui a concentré cette tension de la confrontation entre la foule et ce qu'elle était venue combattre. 

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Derrière les cris des manifestants, on distingue bien le vrombissement d'un moteur : c'est la Rolls-Royce couleur ivoire de la reine et du prince de Thaïlande qui tente de traverser la place où se déroule le rassemblement d'opposition. Il y a des huées, la foule laisse passer le cortège mais adresse à la famille royale son signe de ralliement devenu célèbre, le salut bras tendu et trois doigts levés. C'est une référence aux films Hunger Games... ou la pop culture pour revendiquer la démocratie. 

C'est le New York Times qui nous raconte, dans son édition numérique du soir, ce court moment où les altesses n'ont eu d'autre choix que de sortir de leur bulle de luxe et d'apparat pour voir de leurs yeux la colère qui gronde dans le peuple. Et à en juger par le visage de la reine Suthida, capté par le photographe de l'agence Reuters Jorge Silva, à travers la vitre de la Rolls, cette confrontation a quelque chose de vraiment effrayant. 

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Voilà donc ce qui a justifié ce décret d'urgence ad hoc pour autoriser la dispersion musclée des manifestants dans la soirée... et l'arrestation d'une vingtaine de leaders du mouvement.  Mais "cette jeunesse intrépide qui défie la monarchie et les militaires", comme la décrit la Nikkei Asian Review, a déjà dit son intention de braver l'interdit dès ce jeudi pour se rassembler à nouveau et exiger, toujours, la démission du Premier ministre. 

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Comme le résume le Bangkok Post, les tensions d'hier n'ont fait que conforter chacun des deux camps dans l’intransigeance de sa position. Mais ce que l'on a aussi vu ce mercredi dans les rues de la capitale thaïlandaise, ce sont des rassemblements de partisans de la monarchie constitutionnelle, des contre-manifestants tout aussi déterminés à défendre le pouvoir en place et à affronter les pro-démocraties. On verra au cours de la journée si l'interdiction de rassemblement à plus de cinq personnes s'applique aussi pour eux.  

L'actualité, en Amérique Latine, c'est la clôture de la campagne présidentielle en Bolivie.  

Derniers meetings mercredi soir, pour les candidats à cette élection décisive, dont le premier tour va se dérouler dimanche. Pour mémoire, la précédente, l'an dernier, avait fait basculer la Bolivie dans une profonde crise politique : la réélection pour un 4e mandat consécutif d'Evo Morales avait été dénoncée comme frauduleuse (ce qu'elle n'était pas, on l'a compris plus tard). Morales avait du fuir le pays, la droite ultra-conservatrice avait pris le pouvoir jurant d'organiser un nouveau scrutin rapidement... mais le Covid est passé par là. 

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L'épidémie sévit toujours en Bolivie mais l'élection aura finalement bien lieu dans trois jours... et ce sera donc, résume l'édition hispanophone de CNN, la première sans Evo Morales depuis très longtemps.  Le MAS, le parti socialiste indigéniste de l'ancien président en exil a investi cette fois Luis Arce, qui a très longtemps été son bras droit au pouvoir mais qui, "par sa crédibilité sur les questions économiques, arrive à exister politiquement par lui-même", selon le journal équatorien El Universo

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Et un an après avoir été chassés du pouvoir, les socialistes sont en tête des sondages, favorisés, toujours selon CNN en espagnol, par les divisions qui affaiblissent l'opposition. Car en face, il y a l'opposant de toujours à Morales, l'ancien président Carlos Mesa sur une plateforme de centre-gauche, et à droite, le candidat indépendant Luis Fernando Camacho qui devrait attirer les voix de la région riche (et blanche) de Santa Cruz et pourrait ainsi priver Carlos Mesa d'un second tour face au MAS de Luis Arce. 

Ce dernier promet de "respecter les résultats de dimanche", mais d'après le journal catalan El Periodico, il "demande des garanties démocratiques" sur le scrutin, notamment sur le rôle du tribunal électoral bolivien et des observateurs envoyés par l'Organisation des Etats Américains. L'OEA avait l'an dernier orchestré les accusations de fraude contre Evo Morales et l'avait poussé à abandonner le pouvoir, un "coup d'Etat" selon la terminologie utilisée par le MAS. 

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Les socialistes bolivariens espèrent donc prendre leur revanche sur l'an passé, ce dimanche. Mais qu'ils se méfient, avertit le quotidien argentin La Nacion : déçue par les promesses non tenues des années Morales, la base électorale du MAS, ouvriers et indigènes, pourrait bien déserter les urnes et les priver de victoire.

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