LE DIRECT
Un précédent navire de boat people Rohingyas, le 5 avril 2020

La pandémie aggrave encore le drame des Rohingyas

5 min
À retrouver dans l'émission

Les gardes-côtes du Bangladesh ont secouru mercredi un bateau sur lequel dérivaient depuis deux mois, sans vivres, plus de 400 réfugiés Rohingyas refusés en Malaisie pour cause de mesures sanitaires. En Afrique du Sud, débat sur l'interdiction totale de vente d'alcool en période de confinement.

Un précédent navire de boat people Rohingyas, le 5 avril 2020
Un précédent navire de boat people Rohingyas, le 5 avril 2020 Crédits : MALAYSIAN MARITIME ENFORCEMENT AGENCY - AFP

L'information que nous évoquons aujourd'hui aurait pu n'avoir rien à voir avec le coronavirus.

Elle aurait pu... mais pourtant, vous le comprendrez, au final elle nous confirme que la pandémie est partout et s'immisce dans quasiment toutes les histoires du monde en ce moment.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Nous lisons donc ce matin la Dhaka Tribune, quotidien anglophone de la capitale du Bangladesh qui nous apprend que les garde-côtes de la région de Teknaf, à l'extrême-sud du pays, ont secouru hier un bateau de pêche en perdition. A bord, ils ont découvert une situation effroyable : plus de 400 exilés Rohingyas de Birmanie, exténués, affamés et assoiffés, et pour cause : ils venaient de passer deux mois à dériver dans le golfe du Bengale.  

The Dhaka Tribune nous en dit plus sur leur itinéraire : ils étaient partis de ces mêmes côtes bangladaises, où ils vivaient dans des camps de réfugiés après avoir fuit, comme un million d'autres Rohingyas, les persécutions dans leur pays d'origine ; ils avaient navigué sur plus de 2000 kilomètres pour tenter d'accoster en Malaisie où ils pensaient trouver refuge, mais pour cause de mesures de précaution face à l'épidémie de Covid-19 (nous y voilà), la Malaisie les a refusés, ports fermés, et les a laissés ensuite dériver et se perdre sur le désert marin, sans nulle part ou débarquer, et sans plus aucun vivre. Ce matin l'agence Reuters confirme ce que l'on pouvait craindre : il y avait au moins 24 morts dans ce Radeau de la méduse rohingya quand les gardes-côtes sont montés à bord.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Quand aux 382 survivants, pour eux, c'est le retour à la case départ, voire même pire. Sur des photos postées en ligne par un journaliste local, et décrites par The Guardian, on voit que ce sont surtout des femmes, jeunes, et des enfants qui ont été débarquées par les autorités bangladaises, traitées comme des pestiférées par crainte qu'elles soient porteuses du coronavirus ; les gardes-côtes expliquent qu'ils ne leur ont pas parlé pour ne pas risquer d'être contaminés. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et ces boat-people version 2020 ne sont pas au bout de leurs peine, Reuters nous livre l'épilogue de cette tragique histoire : le Bangladesh a décidé de les renvoyer, non pas dans les camps d'où ils viennent sur son territoire, mais dans leur pays d'origine, la Birmanie, où leur minorité musulmane reste indésirable et persécutée.  

Nous sommes à présent en Afrique du Sud où le président Cyril Ramaphosa est face à une "grande décision"

Une grande décision qui sera rendue avant le week-end, affirme The South African ; elle concernera l'un des débats qui agite le pays, confiné depuis trois semaines : faut-il ou non lever l'interdiction totale de l'alcool et des cigarettes en Afrique du Sud ?

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

En la matière, c'est vrai que le pays figure parmi les plus intransigeants de la planète, depuis donc le début du confinement le 26 mars ; et trois semaines après, une organisation de cafetiers et vendeurs d'alcool demande la levée de cette interdiction, menaçant de porter l'affaire en justice.  

Il faut dire qu'elle est très controversée, cette mesure pour le moins ambivalente tant elle ne propose aucune solution aux personnes dépendantes, ouvre la voie à une possible augmentation des violences sociales et domestiques, et donne lieu à un intense marché noir : selon The Namibian, ce week-end on a même arrêté des policiers sud-africains qui s'étaient faits les complices d'un réseau de trafic d'alcool.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais en même temps, l'Organisation mondiale de la santé recommande vivement aux Etats de restreindre l'accès à l'alcool en ces temps de pandémie. Une recommandation de l'OMS  lue ce matin sur le site de la chaîne américaine CNBC, où l'on nous explique que la consommation d'alcool peut considérablement alourdir les effets du coronavirus sur l'organisme et, d'un point de vue plus social, compliquer le respect des mesures-barrières.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Pour revenir à l'Afrique du Sud, sous la pression du lobby des vendeurs d'alcool Cyril Ramaphosa doit donc trancher le débat ; il le fera ce vendredi, croit savoir The Times selon qui l'affaire est tellement épineuse que le président a repoussé le délai de réponse de quelques jours pour avis. Avis scientifiques, bien sûr, mais surtout économiques, car c'est sur les conséquences pour les vendeurs que le lobby conteste l'interdiction.  

D'un point de vue d'économiste, donc, le site d'info FIN24 estime "improbable" que l'interdiction soit levée, car l'alcool ne saurait être considéré comme un bien essentiel, et que le manque à gagner, les risques de faillite invoqués par les gérants de débits de boissons, ne sont pas spécifiques à cette profession ; tous les autres commerçants sont touchés par la fermeture de leurs boutiques et eux n'ont pas de traitement de faveur. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

FIN24 ajoute aussi, bien entendu, que le fait de rouvrir ces débits de boisson ne pourrait faire qu'aggraver les problèmes sociaux que connaît le pays, où l'alcoolisme est un fléau et entraîne beaucoup d'autres conséquences incompatibles avec un confinement efficace.

On verra donc ce qui primera, en Afrique du Sud, entre la santé publique, la paix sociale, et l'intérêt des lobbies... En tous cas si l'on regarde ce qui se passe en Inde avec India Today, il y a de quoi être pessimiste : le magazine de New-Delhi constate que de nombreux Etats indiens lèvent les uns après les autres l'interdiction de vente d'alcool qui a été également imposée à tout le pays au début du confinement. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Des Etats qui expliquent qu'en Inde, l'alcool est légalement considéré comme de la nourriture et peut donc être considéré sans distinction comme un bien de première nécessité ; qui disent aussi qu'il faut rouvrir les débits de boisson pour freiner l'augmentation des cas de suicides attribuée aux personnes dépendantes. Mais India Today ne se fait aucune illusion sur la motivation réelle de ces Etats : les taxes sur les ventes d'alcool représentent un quart de leurs recettes totales.

Chroniques

7H47
38 min

L'Invité des Matins

Covid-19 : ce que l'on sait, ce que l'on ignore
L'équipe
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......