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Préparatifs du retour de Laurent Gbagbo dans son village natal, Gagnoa le 13/06/21

Un retour en sursis pour Laurent Gbagbo à Abidjan

6 min
À retrouver dans l'émission

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté par la CPI, revient dans son pays où une moitié de la population l'adule et l'autre le déteste, sur fond de difficile réconciliation nationale. Une loi interdit de montrer et promouvoir l'homosexualité en Hongrie. Une identitaire employée par le RN.

Préparatifs du retour de Laurent Gbagbo dans son village natal, Gagnoa le 13/06/21
Préparatifs du retour de Laurent Gbagbo dans son village natal, Gagnoa le 13/06/21 Crédits : Sia Kambou - AFP

Ce jeudi 17 juin est une date attendue autant que redoutée par la presse d'Afrique de l'Ouest. 

La date est cochée dans tous les calendriers depuis que l'on sait que c'est aujourd'hui, 15h45, que l'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, rentre au pays.  

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Il revient, onze ans après cette élection présidentielle où il avait refusé de céder le pouvoir au président actuel Alassane Ouattara, une crise post-électorale qui avait divisé le pays en deux camps, le nord avec Ouatarra et le sud fidèle à Gbagbo ; les deux s'étaient affronté pendant des mois, faisant environ 3000 morts. Il y a trois mois, l'ancien président poursuivi par la Cour Pénale internationale pour crimes contre l'humanité a été acquitté. C'est donc en homme libre qu'il revient tout à l'heure dans sa ville d'Abidjan. 

L'accueil, assure le quotidien Soir Info, sera "populaire et festif". En signe de "bienvenue", le président Ouattara a mis à disposition de son ancien ennemi le pavillon présidentiel de l'aéroport Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan. Les forces de sécurité ont été mobilisées pour escorter une véritable parade du retour dans les rues de la ville, jusqu'aux quartiers qui n'ont jamais cessé d'aduler l'ancien homme fort du pays et l'accueilleront en héros. 

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Car, affirme l'édiorialiste Venance Konan pour Fraternité-Matin, que l'on ait adhéré ou non à ses idées et à sa présidence, Laurent Gbagbo pour les Ivoiriens c'est une "idole" politique du passé, du présent et peut-être, à partir de ce 17 juin, du futur de la Côte d'Ivoire. Un personnage admiré, dans sa jeunesse, pour avoir osé s'opposer au commandeur Houphouët-Boigny et derrière lui à la France. Avec Fanon, Césaire, Lumumba, et d'autres, c'est une figure du combat de la gauche africaine pour l'indépendance véritable des anciennes colonies et leur démocratisation... Même si la fin de l'éxpérience, il y a dix ans, a tourné court. 

Aujourd'hui encore résume Venance Konan, "il y a ceux qui sont prêts à se faire tuer pour Gbagbo et ceux qui sont prêts à le tuer". Mais attention tout de même à ce genre de vocabulaire, qui rappelle forcément les morts de 2011 : aujourd'hui, Alassane Ouattara tolère voire orchestre le retour de son Nemésis au nom de la "réconciliation nationale", de la reconstruction d'une Côte d'Ivoire qui ne s'est encore pas remise du conflit de 2011. 

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A présent que le "Messie de Mama" (du nom de son quartier natal) revient, "la journée s'annonce tendue", selon Hugues Richard Sama de l'Observateur Paalga. Le quotidien burkinabé rappelle à toutes fins utiles que Laurent Gbagbo reste dans son pays sous le coup d'une condamnation à vingt ans de prison, prononcée par contumace dans une affaire qui n'avait rien à voir avec l'élection de 2010. Alassane Ouattara n'a pas dit s'il comptait le grâcier, comme s'il gardait ce joker dans sa manche pour avoir un moyen de contrôle sur un possible avenir politique de son ancien rival. 

C'est ce qui fait dire également à Morin Yamongbé de Wakat Sera que, même si c'est Gbagbo qui va être acclamé ce jeudi, c'est bien "Alassane Ouattara qui reste le maître du jeu", le seul à même de dire jusqu'où il est prêt à aller pour sceller cette réconciliation dont la Côte d'Ivoire a tant besoin, alors qu'elle est de plus en plus confrontée, comme ses voisins, au péril djihadiste.

Nous sommes à présent en Hongrie où une loi institue ce qu'il faut bien appeler une homophobie d'Etat. 

Le Parlement largement dominé par le Fidesz, le parti d'extrême-droite du premier ministre Viktor Orban, a adopté mardi une loi qui se fait forte de lutter contre la pédophilie, noble cause, sauf qu'elle le fait en s'en prenant aux représentations et à la soi-disant promotion de l'homosexualité. Désormais en Hongrie, s'alarme le quotidien d'opposition Nepszava, montrer des personnes homosexuelles, ou tout simplement évoquer de manière positive l'existence d'une diversité possible dans les identités et les pratiques sexuelles est interdit, dans les médias, dans les arts et dans les manuels scolaires.  

"C'est un âge sombre qui s'ouvre pour la jeunesse hongroise et son système éducatif", déplore encore le journal, pour qui le Fidesz et son gouvernement ont "une attitude criminelle" quand on sait que "le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes homosexuels", et ça concerne des centaines d'adolescents hongrois chaque année.  

En voulant rendre honteux et invisibles les LGBT, et en faisant ce lien "infâme" entre pédophilie et homosexualité affirme Zsolt Kerner sur le site 24.hu, Viktor Orban poursuit sa politique mesquine qui consiste à "désigner régulièrement un nouvel ennemi à la vindicte de ses électeurs, et ce sont toujours les plus pauvres, les moins bien lotis qui se voient privés du peu de libertés qu'ils avaient". 

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La majorité et les médias hongrois qui lui obéissent, comme le Mandiner, se contentent de saluer une loi qui vise à protéger "le bon développement moral et intellectuel" de la jeunesse contre ces perturbations contemporaines que seraient donc les identités de genre, la possibilité de changer de sexe ou de s'aimer entre personnes du même sexe. Et puis d'ailleurs, rappelle le Magyar Nemzet cité par Courrier International, "la Hongrie est un pays libre où tout adulte peut vivre comme bon lui semble" : reste à savoir dans quelles conditions, et jusqu'à quand ?

Dans le même registre politique, le site Politico Europe met au jour un petit secret du Rassemblement National en France. 

Dans les Hauts-de-France plus spécifiquement où le RN sera représenté au premier tour des régionales samedi par Sébastien Chenu : un ancien de l'UMP, "l'un des visages les plus médiatiques de la fameuse dédiabolisation de l'Ex-FN" tel que le qualifie la journaliste du site bruxellois, Clea Caulcutt. 

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Elle affirme avoir eu accès à des documents qui prouvent que le candidat Chenu a fait travailler dans son équipe de campagne, en qualité de community manager, la militante d'ultra-droite Thaïs d'Escufon, ancienne porte-parole du groupuscule Génération Identitaire qui a été dissout au mois de mars. Thaïs d'Escufon, disons-le aussi, était jugée ce mercredi pour provocation publique à la haine raciale, pour avoir participé à une opération anti-migrants dans les Pyrénées. Exactement le genre de profil avec lequel le RN essaye de couper les ponts, pour parachever sa soi-disant normalisation : "la gêne est palpable", toujours d'après Politico Europe, et les liens-secrets de polichinelle du parti avec l'extrême-droite la plus traditionnelle sautent une nouvelle fois aux yeux. 

Bien sûr, l'équipe de campagne de Sébastien Chenu affirme avoir embauché Thaïs d'Escufon sans connaître son engagement dans Génération Identitaire, alors que la jeune femme en était le visage médiatique depuis une bonne année. Il a fallu le passage d'Escufon dans l'émission de Cyril Hanouna fin janvier, après laquelle on ne pouvait décemment pas affirmer ignorer les thèses racistes et extrémistes défendues par la militante, pour que la collaboration avec le RN soit finalement rompue.

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