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Ursula von der Leyen au Parlement européen, Bruxrelles, le 19/09/20

La Pologne dans le collimateur d'Ursula von der Leyen

6 min
À retrouver dans l'émission

Dans son discours sur l'état de l'UE, Ursula Von der Leyen a fixé des grands axes de la politique européenne qui s'opposent clairement aux choix faits par le parti conservateur PiS au pouvoir en Pologne. Au Québec, Asbestos et ses mines d'amiante veulent changer de nom pour réinventer son avenir.

Ursula von der Leyen au Parlement européen, Bruxrelles, le 19/09/20
Ursula von der Leyen au Parlement européen, Bruxrelles, le 19/09/20 Crédits : John Thys - AFP

Des réactions, ce matin, au discours sur l'Etat de l'Union européenne prononcé hier à Bruxelles par Ursula von der Leyen. 

Des réactions polonaises, pour être précis, parce qu'il faut bien le dire avec le quotidien allemand Suddeutsche Zeitung : dans ce discours, la présidente de la Commission européenne a fixé ses priorités pour l'Union...  et au moins trois vont clairement à l'encontre du chemin suivi par la Pologne. 

Réduction drastique de la part du charbon dans notre mix energétique, lutte contre l'homophobie et refonte de la politique migratoire avec en particulier une meilleure répartition des migrants vers les pays d'Europe de l'Est : les dirigeants conservateurs polonais ont eu les oreilles qui sifflaient, ce mercredi, la Pologne s'est même retrouvée, selon la Suddeutsche Zeitung avec la Russie et la Turquie bien sûr, au rang des principaux pays critiqués par Ursula von der Leyen. 

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Alors, comment réagissent ce matin les éditorialistes de Varsovie ? Sur le site d'info Onet Wiadomosci, Michal Broniatowski note que désormais trois nouvelles lignes de fractures viennent de s'ouvrir entre Bruxelles et le parti au pouvoir, le PiS, bien au-delà des tensions existantes sur les atteintes à l'état de droit en Pologne. 

Sur la question migratoire, après l'incendie tragique du camp de Moria sur l'île grecque de Lesbos, Ursula Von der Leyen a appelé tous les Etats membres à faire preuve d'une indispensable solidarité dans la répartition des milliers de demandeurs d'asile qui se retrouvent à la rue. La Pologne, depuis une semaine et à l'inverse de plusieurs autres pays, n'a pas proposé son aide pour en accueillir certains, rappelle Michal Broniatowski. Avec la Hongrie, au sein du groupe de Visegrad, elle refuse toute relocalisation, et il faut s'attendre, note le journaliste, à ce qu'elle prenne la tête des pays qui vont freiner des quatre fers lors des discussions sur la nouvelle politique migratoire. 

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Autre sujet sur lequel la Pologne peut légitimement se sentir montrée du doigt, d'après cette fois Jacek Pavlicki dans Newsweek Pologne, l'objectif renforcé de 55% d'émissions des gazs à effet de serre en moins d'ici 2030, et une Europe "zéro carbone" en 2050 : là aussi l'industrie polonaise se retrouve en porte-à-faux, avec ses centrales à charbon qui tournent à plein régime, et le gouvernement de Varsovie a très vivement réagi contre les annonces d'Ursula Von der Leyen et notamment l'absence selon lui d'un véritable plan d'action pour aider les pays qui vont avoir le plus à y perdre, à commencer donc par la Pologne.  

Mais c'est surtout sur la question des droits de la minorité LGBT que les médias polonais réagissent le plus ce matin. Ce n'est pas étonnant tant c'est le sujet sur lequel tournent en boucle les médias conservateurs depuis la très clivante et virulente élection présidentielle du mois de juillet : pour le camp du gouvernement, très à nationaliste et très à droite, l'Union européenne veut imposer à la Pologne "une idéologie LGBT" totalement contraire aux valeurs traditionnelles polonaises. 

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Ce mercredi donc, la partie la plus reprise dans les médias polonais du discours d'Ursula von der Leyen, ça a été la partie où elle dénonce "les zones interdites aux LGBT", ces villes de Pologne qui, avant la présidentielle, se sont auto-proclamées territoires sans homosexuels et surtout hostiles à la fameuse idéologie LGBT européenne. "Des zones privées d'homosexuels, a tonné la présidente de la Commission reprise par le quotidien wPolityce, ce sont des zones privées d'humanité et d'égalité de droits", et elle a plaidé pour que tous les Etats-membres respectent les droits parentaux des couples homosexuels quand ces droits ont été établis par la justice de leur pays. 

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Ursula von der Leyen n'a pas cité nommément la Pologne, mais tout le monde a bien compris qu'elle visait la Pologne, et faisait référence aux difficultés rencontrées récemment par un couple de femmes belges. Mais ce qu'en retient la presse de droite comme le Dziennik c'est qu'encore une fois Bruxelles vient imposer aux Polonais de reconnaître ces unions entre personnes du même sexe voire même de légaliser in fine le mariage homosexuel. La Commission européenne soutient ouvertement la "révolution homosexuelle", s'alarme en gros titre le quotidien Do Rzeczy comme s'il s'agissait bien là d'un grand projet maléfique ourdi depuis Bruxelles, d'une "offensive idélogique" comme la qualifie wPolityce

Cette "révolution homosexuelle", à lire ces journaux, elle ne passera pas par la Pologne, le PiS au pouvoir veille au grain... mais cette croisade-là, elle est "ingagnable par les conservateurs polonais tant aucun autre pays-membre ne les suivra sur une telle position", prédit tout de même Michal Broniatowski sur la radio ToK FM, avant de conclure : "l'avenir des relations entre l'UE te la Pologne n'est vraiment pas rose".   

Partons à présent pour une petite ville québécoise qui veut changer de nom. 

Cette ville s'appelle Asbestos, ce qui veut dire amiante en anglais et fait référence aux noombreuses mines d'amiante qui ont fait sa gloire... et aujourd'hui ses difficultés tant économiques que sanitaires.  Car, comme nous l'indique le journal La Presse, le nom d'Asbestos évoque aussi très clairement l'asbétose, celle maladie des poumons causée par l'exposition prolongée aux fibres d'amiante dont souffrent des générations d'anciens mineurs dans cette partie du Québec. 

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Ca fait un moment que la ville voudrait "tourner la page, se donner une image plus positive", faire oublier avec ce passé minier qui est pourtant partout autour d'elle, avec les mines à ciel ouvert qui marquent son paysage. La mairie a donc lancé une grande consultation populaire pour trouver un nouveau nom à la commune ; quatre propositions qui ont  été dévoilées en début de semaine aux 7000 habitants, qui auront la charge de les départager dans un référendum (avec droit de vote dès 14 ans)  prévu à la mi-octobre. 

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Dans ces noms alternatifs, on trouve tout ce que la ville projette dans son avenir : ça va du bucolique Trois-Lacs, très appréciés d'après la Tribune par les professionnels du tourisme qui ont bien du mal à louer actuelemment leurs chalets à Asbestos, à Apalone, le plus écolo puisqu'inspiré du nom d'une espèce de tortue menacée présente sur le territoire de la ville, ou encore Jeffrey, pour garder tout de même un lien avec l'histoire minière puisque c'est le nom du premier propriétaire de la première mine. 

Un grand brainstorming local est donc en cours pour résoudre la "crise d'identité de l'ancienne cité minière", commente The Guardian qui s'est comme moi passionné pour cette histoire tant elle pose de vraies questions, sur notre rapport ambigu à l'histoire ouvrière et son effacement progressif, sur l'invisibilisation des dures réalités qui sont celles de l'industrie minière... et de l'amiante en particulier. 

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En cette période où il est de bon ton de dénoncer les fervents de la "cancel culture" accusés de vouloir réécrire l'histoire en gommant ls parties qui les dérangent, on peut s'étonner de voir aussi peu d'opposition au principe-même de ce changement de nom.

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