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Alan Garcia en novembre 2011

Un deuil national ambigu au Pérou après le suicide de l'ex-président Alan Garcia

6 min
À retrouver dans l'émission

Alan Garcia, ancien président du Pérou, s'est suicidé mercredi quand des policiers sont venus l'arrêter dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht. La presse indonésienne se félicite du bon déroulement de la présidentielle. Tous les porcs du monde ne suffiront pas à rassasier la Chine.

Alan Garcia en novembre 2011
Alan Garcia en novembre 2011 Crédits : Oscar Farje - Maxppp

Le gouvernement péruvien a décrêté ce mercredi trois jours de deuil national.  

CAMILLE Un deuil ambigü, qui fait suite à la mort de l'ex-président du Pérou, Alan Garcia. Ce socio-démocrate avait dirigé le pays de 1985 à 90, puis de 2006 à 2011. Hier matin, il s'est suicidé : il s'est tiré une balle dans la tête, chez lui, alors que des agents de police venaient lui signifier son placement en détention provisoire.  

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C'est El Comercio qui nous raconte les derniers gestes du président : les policiers étaient arrivés chez lui aux aurores, il leur a expliqué qu'il allait dans son bureau pour téléphoner à son avocat, il a fermé la porte... et quelques secondes plus tard un coup de feu a retenti.  

Alan Garcia, dont le quotidien Gestion, de Lima, nous dit qu'il a "mené une vie politique pleine de drame, disparaît sur une ultime tragédie". Il a mis fin à ses jours parce qu'il était visé par l'enquête qui secoue toute la classe politique latino-américaine : le scandale de corruption Odebrecht, du nom de cette entreprise de BTP brésilienne accusé par la Justice d'avoir distribué, pendant plus d'une décennie, environ 800 millions de dollars de pots-de-vins à des dirigeants de tout le continent, et ce pour favoriser ses affaires. 

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El Comercio nous redonne l'ampleur absolument tentaculaire du scandale qui, il faut bien le dire, ne mouillait pas qu'Alan Garcia : en fait, rien qu'au Pérou les 4 derniers chefs de l'Etat sont concernés par les soupçons de corruption et de trafic d'influence.  Alan Garcia, lui, se savait cerné, mais dans la dernière interview qu'il a donné, pas plus tard que mardi, aux RPP, les Radio Programas de Peru, ce colosse d'un mètre 90 paraissait toujours aussi déterminé à se défendre. 

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Au journaliste qui lui demande s'il a conscience qu'il risque d'être arrêté, que ça pourrait être (ça s'est confirmé) sa dernière interview, l'ex-président répond qu'il "a déjà entendu ça plusieurs fois, mais que ça ne s'est jamais réalisé".  "Dans ce dossier bien précis, explique-t'il, aucun document, aucun indice, aucune dénonciation, ne me mentionne ni me relie à rien".  

La presse péruvienne note combien cet aplomb contraste avec le geste commis 24 heures plus tard.   

Alors, bien sûr, aucun quotidien à Lima ne tire de conclusion de ce suicide, mais dans El Correo, on lit que cette mort "laisse une grande dette au pays entier".  C'est le message qu'a fait publier l'Association des séquestrés, détenus et disparus du Pérou, laquelle après avoir présenté ses condoléances à la famille du défunt évoque donc la "lourde dette de vérité" qu'a laissé Alan Garcia, en préférant mourir plutôt que de répondre aux accusations.  

Mais je vous parlais au début de cette revue de presse, de l'ambiguité des Péruviens face à cette mort : il faut donc évoquer les hommages, orchestrés par le parti de gauche socio-démocrate, l'APRA.

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Cette nuit, on a pu suivre en direct, sur le site des RPP, le transfert du cercueil d'Alan Garcia vers la maison du peuple, le siège du parti avec bousculade et chants à la gloire du défunt : pour ses anciens camarades, l'ex-président restera comme une victime de la "persécution fasciste" déguisée en lutte contre la corruption. En se suicidant il a commis un "acte d'honneur", déclare même aux RPP un député de l'APRA.

En Indonésie, c'est un sentiment de soulagement qui traverse les éditoriaux au lendemain de l'élection présidentielle. 

C'est dire si elle était redoutée, cette élection qui mobilisait près de 200 millions d'électeurs, sur une seule journée, dans le pays musulman le plus peuplé au monde. 

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Alors, "félicitations, Indonésie ! ", titre le Jakarta Post, qui congratule en particulier les électeurs pour avoir massivement joué le jeu démocratique (la participation semble avoisiner les 80%) ; ils ont également voté dans le calme, et surtout sans céder à la tentation de la division nationale. Ca c'est le point sur lequel insiste le Jakarta Globe, qui se montre surtout soulagé de ne pas avoir vu son pays basculer dans les tensions identitaires, religieuses, qui ont pourtant été largement alimentées par les candidats durant la campagne.  

Le fait que tout se soit bien passé hier (précisons que c'est le président sortant Joko Widodo qui semble l'emporter même si les résultats définitifs ne seront pas connus avant le mois prochain), cela prouve, toujours selon l'édito du Jakarta Globe, que les peurs de voir le pays se déchirer entre islamistes fondamentalistes et partisans de la tolérance, était éxagérée. 

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Cette lecture bien trop simpliste, manichéenne, entre bons et mauvais islamistes,  mais aussi entre chiites (qui représentent à peine 1% de la population) et sunnites indonésiens, ce n'était que de l'agitation politique, une grille d'analyse calquée depuis l'étranger mais qui selon le Globe ne correspond pas à la réalité de la démocratie indonésienne. 

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Laquelle donnerait aujourd'hui des leçons au monde, à croire ce qu'écrit Krithika Varagur dans Foreign Policy : certes la religion musulmane a été au coeur de la campagne présidentielle en Indonésie, on peut le regretter ou s'en inquiéter, mais "ça fait partie du jeu démocratique", et c'est d'autant plus important de le remarquer qu'à la fin, cette fois, c'est le plus modéré qui l'a emporté. 

Un avis de tempête, enfin sur le marché mondial de la viande de porc. 

Et c'est le South China Morning Post qui m'a alerté sur cette épidémie de fièvre porcine dite africaine qui s'attaque aux élevages en Chine. Selon les analystes financiers de Rabobank, 200 millions de cochons chinois devraient y succomber, entre ceux qui mourront de la maladie et ceux qui devront être abattus par mesure de précaution.

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200 millions, c'est trois fois plus que le nombre total de porcs élevés aux Etats-Unis, autant dire que la pénurie qui va se développer au cours de cette année va être colossale. "Il n'y a tout simplement pas assez de cochons dans le monde entier pour combler les besoins à venir de la Chine", résume le South China Morning Post

Et l'affaire est suffisament grave pour que le Wall Street Journal s'en inquiête également, signalant que les prix de la viande de porc en Chine pourraient s'envoler de 70% dans les mois qui viennent, et que la déflagration va déstabiliser toute l'économie porcine mondiale. Déjà les acheteurs chinois se tournent massivement vers les élevages américains pour s'approvisionner ; par contre les importations de soja américain sont en baisse, car il y a moins de bêtes à nourrir en Chine. Forcément tout cela vient parasiter  les négociations commerciales que l'on sait déjà très tendues entre Pékin et Washington. 

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En attendant, le prix du porc augmente en flèche dans les boucheries chinoises. Certains analystes cités par le Wall Street Journal prédisent que les consommateurs vont être obligés de se tourner vers d'autres viandes, pour apaiser leur insatiable besoin de protéines. Car personne ne semble croire que les Chinois vont en profiter pour tous devenir végan.

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