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Donald Trump en meeting à Grenville, Caroline du Nord

"Renvoyez-la dans son pays", crie la foule à un meeting de Donald Trump

6 min
À retrouver dans l'émission

Les partisans de Donald Trump réunis en Caroline du Nord ont repris en choeur les attaques racistes de leur président contre l'élue démocrate Ilhan Omar, accusée de soutenir les ennemis des Etats-Unis. Le New York Times publie une enquête passionnante sur l'incendie de Notre-Dame-de-Paris.

Donald Trump en meeting à Grenville, Caroline du Nord
Donald Trump en meeting à Grenville, Caroline du Nord Crédits : Zach Gibson - AFP

Un extrait de meeting de Donald Trump secoue la presse américaine ce matin.

C'est arrivé ce mercredi soir à Greenville en Caroline du Nord, pendant le premier meeting du président américaine depuis (je vous en parlais il y a deux jours), qu'il s'est lancé dans une série d'attaques clairement racistes contre 4 élues démocrates au Congrès. Il s'en prend cette fois spécifiquement à Ilhan Omar, née en Somalie, réfugiée aux Etats-Unis avec ses parents, et cible  depuis des mois d'une campagne de haine et de désinformation de la part du camp Trump.  

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"Renvoyez-la dans son pays", voila ce que chante la foule, pendant que son président termine un monologue sur toutes les horreurs qu'il reproche à la jeune élue (qui se trouve être une femme, noire, portant le voile) : il a longuement martelé qu'elle multiplie les propos antisémites, qu'elle diabolise Israël, qu'elle trouve des excuses aux combattants de Daesh et qu'elle "bombe le torse" quand on lui parle d'Al Qaeda.

Autant d'accusations qui sont fausses, rappelle The Washington Post : des contre-vérités, fabriquées à partir d'extraits d'interviews d'Ilhan Omar tronquées, manipulées pour en faire l'ennemi des Etats-Unis.  

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Mais le résultat est là, la foule scande "renvoyez-la dans son pays", un slogan qui a tout pour devenir un gimmick de campagne pour Donald Trump. C'est la crainte du Washington Post, que ce "send her back" ne vienne remplacer le "lock her up" de la campagne de 2016, quand la même foule criait "qu'on l'enferme" contre Hilary Clinton, là encore sur la base d'accusation de conspiration montées de toute pièce. Sauf que cette fois, la campagne de réélection de Donald Trump ajoute le racisme et la xénophobie à la misogynie de base. Et ça marche, la séquence d'hier soir nous le montre, auprès d'un électorat, conditionné à la haine, depuis des mois, par les fausses informations dont il est abreuvé. 

Dans The News and Observer, quotidien de Caroline du Nord où avait donc lieu le meeting d'hier soir, on rappelle tout de même le trouble qu'avait suscité Ilhan Omar, entre autres quand elle avait en 2017 parlé de son pays d'origine, la Somalie : dans une série de tweets, elle avait rappelé que l'intervention américaine à Mogadiscio en 1993, pour chasser du pouvoir le chef de guerre Mohammed Farrah Aidid, avait fait des milliers de morts somaliens. Manière de dire que l'interventionnisme des Etats-Unis à travers le monde peut aussi alimenter le ressentiment, et grossir les rangs des organisations anti-occidentales.  

Pour Donal Trump et les siens, aller ainsi contre le discours patriotique centré sur les pertes de l'armée américaine et sa mission libératrice, fait d'Ilhan Omar une alliée des terroristes et une ennemie de la Nation. L'élue démocrate se retrouve donc aujourd'hui au coeur de la tempête de haine raciste soulevée par le président. 

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Le site d'info The Hill cite la seule réaction, pour le moment, de la jeune femme : une citation, sur Twitter, de la poétesse afro-américaine née en Caroline du Nord Maya Angelou. 

"Vous pouvez me fusiller de vos mots, vous pouvez me lacérer de vos yeux, vous pouvez m'abattre avec votre haine, mais toujours, comme l'air, je l'élèverai".

Toujours dans les kiosques américains, The New York Times a mené l'enquête sur l'incendie de Notre-Dame de Paris. 

Une enquête particulièrement poussée et particulièrement bien mise en valeur, avec textes, vidéos et images interactives, avec des plans en 3D de la cathédrale pour montrer les étapes du sinistre.

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Ce qui en ressort, c'est que "Notre-Dame est passé très près de s'effondrer complètement, beaucoup plus près que nous le pensions". Ca commence avec le récit, détaillé et expliqué sur une carte,de ces dizaines de minutes après le déclenchement de l'alarme incendie, où l'agent de sécurité, qui connaissait mal le bâtiment et était en poste depuis 7 heures du matin sans relève, a cherché à trouver où le feu s'était déclaré. Il a d'abord cherché dans la sacristie, puis dans le presbytère, avant de monter enfin les 300 marches qui mènent à la charpente... et découvrir un feu déjà hors de contrôle.  

Le New York Times nous remet donc dans le compte-à-rebours de cette soirée parisienne : Il y a eu cette première heure d'hésitation coupable, qui a rendu quasi-impossible le travail des pompiers ensuite; puis ce sentiment d'impuissance des soldats du feu qui a dominé la deuxième heure de l'incendie, alors que l'onde de choc de la nouvelle se répandait dans Paris et que des foules sidérées se massaient au pied du monument ; les troisièmes et quatrièmes heures furent les plus cruciales, avec des pompiers envoyés littéralement au coeur des flammes, une prise de risque immense et assumée : le maire du 4e arrondissement expliquera au Times qu'à ce moment là, " nous avions compris que ce qui était en jeu dépassait largement nos vies, que Notre-Dame pouvait être perdue à jamais". 

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Le quotidien de New-York nous livre le récit de la caporale-Chef Myriam Chudzinsky : elle décrit "l'enfer" qu'elle et son équipe ont trouvé au coeur du brasier, l'héroïsme désespéré dont ils ont fait preuve avant de devoir rebrousser chemin quand la flèche et une partie de la charpente se sont effondrés sous leurs pieds.  

C'est d'ailleurs juste après ce moment-là qu'on est passé très près de l'effondrement complet de Notre-Dame. Ce point de bascule possible où le scénario du pire est devenu le scénario probable : si la charpente qui retenait les cloches géantes dans la tour Nord était détruite par le feu, alors la chute des cloches risquait de faire s'effondrer toute la tour, et avec elle le reste de la cathédrale comme un château de carte. L'enquête du New York Times retranscrit l'information, passée aux officiels présents : "le sort de Notre-Dame se jouait dans les vingt prochaines minutes". Puis vient l'idée d'intervenir par la tour sud, trouvée par un sergent-chef des pompiers de 39 ans nommé Rémi Lemaire ; les risques énormes à prendre pour y aller, cette compagnie venue de proche banlieue en renfort, et qui a refusé de prendre ce risque; et ceux qui y sont finalement allé et ont réussi à sauver Notre-Dame de Paris. Voilà ce qu'il s'est passé, pour qu'à 23h30 ce soir-là Emmanuel Macron puisse dire que "le pire avait été évité de justesse". 

Saisissantes, enfin, les illustrations issues du carnet de croquis d'un pompier-dessinateur parisien, qui retrace l'intervention d'un trait particulièrement vivant.

Extraits du carnet de croquis d'un pompier pendant l'incendie de Notre-Dame
Extraits du carnet de croquis d'un pompier pendant l'incendie de Notre-Dame Crédits : Laurent Clerjeau

Alors certes une partie des informations et témoignages du New York Times avaient déja été diffusés dans la presse française, mais le récit interactif qu'en fait le journal américain vaut parce qu'il rassemble les pièces du puzzle, et que le résultat est vraiment saisissant d'intensité, le seul moyen d'embrasser la force de ce moment historique.

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