LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestation contre l'interdiction du drapeau afghan par les Talibans, Jalalabad le 18/08/21

Quelle résistance en Afghanistan, face à quel exercice du pouvoir par les Talibans ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Face au flou entretenu par les talibans sur la forme que prendra leur pouvoir en Afghanistan, plusieurs embryons de résistance, politique ou armée, commencent à s'affirmer. En Tunisie, le président Saïed s'est arrogé tous les pouvoirs fin juillet pour 30 jours seulement : tiendra-t-il parole ?

Manifestation contre l'interdiction du drapeau afghan par les Talibans, Jalalabad le 18/08/21
Manifestation contre l'interdiction du drapeau afghan par les Talibans, Jalalabad le 18/08/21 Crédits : Pajhwok Afghan News - AFP

A mesure que les Talibans installent leur pouvoir en Afghanistan, des premières formes de résistance se font jour. 

Ces talibans qui cherchent, on le sait, à rassurer leur population comme la communauté internationale (ils affirmaient tout récemment à la chaîne afghane ToloNews qu'ils veulent "mettre en place un gouvernement inclusif" très prochainement, qu'ils "ne considèrent personne comme leur ennemi") ont même commencé ce mercredi à rencontrer certains leaders politiques, à commencer par l'ex-président Hamid Karzaï et son rival de toujours Abdullah Abdullah.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il s'agit là très clairement de donner des gages à l'Occident, reconnaît The Guardian, de mettre en scène un transfert du pouvoir qui ne tourne pas complètement le dos à toutes les règles démocratiques et autres droits humains... même si, s'empresse de préciser le mêmeGuardian, pas plus tard qu'hier un porte-parole des talibans affirmait à l'agence Reuters que "le prochain système politique afghan ne sera pas une démocratie", qui selon lui ne correspond à rien en Afghanistan, mais "sera basé sur la loi islamique, fin de la discussion". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et donc, face à ce que les talibans commencent à peine à montrer de leur vision du pouvoir, la résistance s'organise elle aussi, d'après Richard Perez Pena du New York Times. Il en veut pour preuve ces (timides) manifestations que l'on a pu voir mercredi dans les rues d'au moins deux villes, Jalalabad au nord-est, Khost au sud-est : ces cortèges ont bien tenté de hisser à nouveau le drapeau national interdit depuis dimanche, mais ils ont été dispersés par des tirs de talibans qui ont fait au moins deux morts à Jalalabad, selon cette fois des informations de la chaîne Al Jazeera

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et puis ce mot de "résistance", il s'étale aussi dans les pages "opinion" du Washington Post, lequel publie une tribune comme un appel à l'insurrection écrite par le fils du légendaire commandant Massoud. Ahmad Massoud se voit déjà en nouvelle figure tutélaire de la rébellion armée dans la vallée mythique du Panshir. Après avoir résisté aux soviétiques, puis déjà aux talibans des années 90, les moujahidins du Panshir veulent fédérer des combattants de tout le pays, des militaires écoeurés par la déroute qui leur a été imposée, des anciens cadres du gouvernement restés fidèles à l'ex vice-président Amrullah Saleh qui aurait lui-même rejoint Ahmad Massoud dans ses montagnes... 

Faut-il rejouer les guerres du passé, comme si rien n'avait changé en 20 ans à commencer par les talibans eux-mêmes ? Le lionceau du Panshir, en tous cas, appelle via leWashington Post le monde libre à lui venir en aide, à lui livrer des armes... au nom de la lutte "pour la liberté et contre le terrorisme".

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

On parle beaucoup depuis dimanche de ces dizaines de milliers d'Afghans et d'Afghanes qui tentent à tout prix de fuir leur pays, mais la radio publique américaine préfère dresser dresser le portrait de celles qui ont choisi de rester. C'est une autre forme de résistance, intérieure, pour ces femmes politiques qui, selon de Dalia Faheid de la NPR, ont décidé de tout risquer, jusqu'à leur vie, pour l'avenir de leur pays. Quand le président Ashraf Ghani lui-même a fui, d'autres ont décidé de rester pour continuer leur combat au moment où l'Afghanistan va en avoir le plus besoin. L'article dresse le portrait d'au moins trois femmes qui ont fait ce choix, à commencer par Salima Mazari la gouverneure du district de Charkint depuis 2019 : elle prédisait dès samedi dernier que les Talibans n'accepteraient jamais des femmes à des postes de pouvoir politique ; elle avait appelé les habitants de sa région à résister, en prenant les armes ; depuis, elle a été capturée et l'on n'en sait pas plus sur le sort qui lui a été réservé. 

La NPR évoque aussi Fawzia Koofi, la première femme à être nommée seconde vice-présidente du Parlement afghan. Cette avocate infatiguable du rôle des femmes dans le processus de paix avait réchappé l'an dernier d'une tentative d'assasinat, et malgré tout elle a choisi de rester en Afghanistan. Sur CNN en début de semaine elle déplorait, tout en le comprenant bien sûr, la décision de tous ces militants, artistes, intellectuels, forces vives du pays qui ont décidé de partir.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Elle espère que son choix de rester préservera pour les Afghanes et les Afghans l'espoir qu'il sera possible de construire, avec ou plus probablement contre les Talibans, une société afghane inclusive et viable, sans la tutelle des grandes puissances occidentales.   

Retour à présent en Tunisie, près d'un mois après le coup de force constitutionnel du président Kaïs Saïed. 

La semaine prochaine, cela fera 30 jours que le président tunisien a limogé le Parlement, le Premier ministre et s'est arrogé tous les pouvoirs, en vertu de l'article 80 de la Constitution de son pays qu'il connaît bien puisqu'il est lui-même professeur de droit constitutionnel. Or, rappelle Kapitalis sous la plume de Ridha Kefi, ces mesures exceptionnelles qui sont censées suspendre la démocratie pour mieux la préserver au final, Kaïs Saïed s'est engagé à ne pas les prolonger au-delà de 30 jours. Mais voilà, à moins d'une semaine de l'échéance, le président tout-puissant n'a fait que répéter ses promesses, sans pour autant nommer de nouveau chef de gouvernement ou tout autre geste pour sortir de l'état d'exception. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Celui-ci va-t-il durer au-delà des 30 jours ? Pour Ridha Kefi, cela dépendra de la capacité de Sayed à tirer le profit maximum de cette période de pleins-pouvoirs pour vraiment "abattre ses ennemis", cette élite politique corrompue, ces "coteries et ces lobbies d'intérêts privés" accusés selon lui d'asphyxier la vie politique tunisienne. C'est contre cette élite détestée par une bonne partie de la population que Kaïs Sayed a été élu en 2019, et la manière forte qu'il applique depuis le 25 juillet lui assure toujours une très forte popularité. 

Sauf que pendant ce temps-là, l'opposition attaquée se ligue contre le président dépeint en aspirant dictateur : "islamistes, libéraux, centristes, gauchistes, syndicalistes... Le "système" bouge encore, prévient Kapitalis, et dénonce de plus en plus bruyamment les entorses aux droits fondamentaux. Le quotidien en ligne Business News par exemple s'inquiète des entraves à la liberté de circulation, de ces élus et dirigeants d'entreprises qui se voient interdits de voyager par des mesures administratives dont ils ne sont pas prévenus à l'avance. L'occasion de rappeler que l'état d'exception prévu par l'article 80 de la constitution tunisienne est même plus restrictif en matière de droits et de libertés, que l'état d'urgence.   

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le règne de l'arbitraire n'est pas loin, à croire le mêmeBusiness News qui pointe la tentation de Kaïs Saïed de recourir à la justice militaire pour mettre hors jeu ses rivaux politiques : certains députés sont très clairement "véreux", reconnaît l'auteur de l'article, mais ce sont des civils qui ont le droit à un procès équitable devant une justice civile. 

A une interview au New York Timesdébut août, Kaïs Saïed déclarait qu'il "n'allait pas commencer une carrière de dictateur à 67 ans", référence à la phrase du Général de Gaulle en 1958 :  le président tunisien a moins d'une semaine pour prouver que cette phrase n'était pas qu'un bon mot.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......