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Manifesfation contre la guerre au Tigré àBerlin le 12/11/20

L'Éthiopie en guerre, vers un éclatement "à la yougoslave" ?

5 min
À retrouver dans l'émission

Le conflit lancée par l'armée éthiopienne contre la région du Tigré ne donne aucun signe d'apaisement, sur fond de vielles divisions politiques et ethniques. Cette guerre civile menace-t-elle le modèle fédéraliste éthiopien ? En Thaïlande, canards gonflables et contestation pro-démocratie.

Manifesfation contre la guerre au Tigré àBerlin le 12/11/20
Manifesfation contre la guerre au Tigré àBerlin le 12/11/20 Crédits : John MacDougall - AFP

Dans le nord de l’Éthiopie, le conflit entre l’armée nationale et la région semi-autonome du Tigré est entré dans sa troisième semaine.

Et plus le temps passe, plus les craintes exprimées ici-même se confirment d’après les dernières infos relayées par la BBC : les soldats envoyés début novembre par le Premier ministre Abiy Ahmed ont déjà repris le contrôle des villes de Shiré et Aksoum, et sont en train d’avancer vers Mékélé, la capitale du Tigré ; les combattants du Front de libération populaire du Tigré, le TPLF, accusent l’Érythrée voisine de s’être alliée avec Addis Abeba pour les prendre en étau ; les combats ont déjà fait des centaines de morts et plus de 36 000 réfugiés principalement au Soudan ; et pour le moment aucun dialogue ne semble possible, malgré la médiation proposée par l’Ouganda, entre les deux belligérants. 

Les autorités tigréennes, rappelle la BBC, sont clairement rentrées en dissidence avec Abiy Ahmed quand celui-ci a décidé de repousser les élections législatives de juin, à cause de la pandémie de Covid-19. Depuis, le TPLF estime que "le Premier ministre n’a plus aucune légitimité démocratique" et le Tigré ne répond plus aux ordres du pouvoir fédéral. 

C’est pour restaurer son autorité, en particulier sur les bases militaires éthiopiennes au Tigré, qu’Abyiy Ahmed a déclenché son offensive, poursuit la revue Foreign Policy qui compare la situation actuelle de l’Éthiopie à celle de la Yougoslavie au début des années 90 : un Etat fédéral bâti sur un vieux modèle communiste, déchiré par des fractures ethniques et religieuses, des ressentiments historiques, sur le point d’exploser après des décennies de statuquo trompeur. 

Les Tigréens, rappelle donc Foreign Policy, ont longtemps (et de manière déséquilibrée par rapport à leur poids démographique) tenu ferme les rênes du pouvoir fédéral, jusqu’à ce qu’un représentant de l’ethnie majoritaire oromo, Abiy Ahmed, soit élu à la tête du gouvernement il y a deux ans. C’est ça, le conflit enfoui qui semble se régler aujourd’hui dans le bruit des canons et des fusils. Et cette guerre décrite par les reporters du Financial Times, est de la pire espèce en ce qu’elle fait s’affronter, fusil au poing, "des pères avec leurs propres fils"… et ce n’est pas qu’une image. 

Les populations civiles ne sont bien sûr pas épargnées, comme nous le confirment les récits des réfugiés au Soudan, recueillis par le Washington Post … lequel cite aussi, toutefois, une porte-parole d’Abiy Ahmed selon qui "ces récits sont manipulés, exagérés par les Tigréens pour attirer l’attention sur eux et internationaliser le conflit".

Qui qu’il en soit, l’Éthiopie fédérale et ses 110 millions d’habitants semblent bien menacés d’implosion : c’est l’alerte lancée dans le quotidien kényan The Star l’éditorialiste Wycliffe Mouga. « Les fusils ont parlé, il est donc trop tard pour envisager un règlement pacifique, écrit-il, entre Abiy Ahmed et le TPLF. La Paix ne pourra revenir que quand les combats auront désigné un vainqueur incontestable", c’est la dure loi de cette "guerre vicieuse", déplore le Kényan.

Moins pessimiste, le Mail and Guardian d’Afrique du Sud publie une lettre ouverte cosignée par  des ONG et des défenseurs des droits humains de tout le continent. "Il n’est pas trop tard pour faire taire les armes", voilà ce qu’affirme le texte, qui appelle d’urgence toutes les voix qui comptent en Afrique à exprimer leur refus de cette guerre fratricide en Éthiopie, à déployer tous les efforts politiques diplomatiques possibles à tous les niveaux… à commencer par l’Union Africaine qui jusque-là a surtout brillé dans ce conflit éthiopien par ses divisions internes et son inaction.

Un objet insolite, à présent, au cœur de l’actualité politique en Thaïlande.

En Thaïlande la jeunesse pro-démocratie est toujours mobilisée contre la mainmise du pouvoir par la monarchie et les militaires, avec ce mardi, rapporte le site d’info Prachataï d’un grand rassemblement de plus de 10 000 personnes à Bangkok devant le QG de la police. 

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Au moment où cette dernière commençait à disperser la foule, on a vu se dandiner jusqu’aux premiers rangs du cortège toute une ribambelle de gros canards gonflables jaune orangés, le bec fièrement dressé face aux CRS, utilisés par les manifestants (il fallait y penser) comme boucliers contre les canons à eau et tirs de lacrymogènes. 

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Les images sont assez surréalistes, et d’ailleurs elles ont fait le tour du monde, ramenant au passage un peu d’intérêt dans la presse internationale pour cette contestation thaïlandaise qui dure depuis juillet. The Guardian, Al Jazeera et même The New York Times ont noté cette irruption des canards gonflables comme nouvel accessoire emblématique de la lutte pacifique pour la démocratie en Asie du sud-est, sorte d’héritiers des parapluies hong-kongais de 2014. 

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Mais tous ces journaux disent aussi que la répression du rassemblement de mardi soir à Bangkok,  a été l’une  des plus violentes depuis le début de la contestation, avec une cinquantaine de manifestants blessés dont six par balle, et des dizaines d’arrestations. Les articles ne disent pas quel sort a été réservé aux canards gonflables...

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