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Militants QAnon à un meeting Trump en Floride le 31/07/18

Les inquiétantes sympathies de Donald Trump pour les conspirationnistes QAnon

5 min
À retrouver dans l'émission

A trois mois de la présidentielle US, Donald Trump affiche sa sympathie aux QAnon, pour un groupe consiprationniste radical qui voit en lui un sauveur face à un prétendu complot de satanistes libéraux violeurs d'enfants. En allemagne, bien-être canin ou frénésie interventionniste du gouvernement ?

Militants QAnon à un meeting Trump en Floride le 31/07/18
Militants QAnon à un meeting Trump en Floride le 31/07/18 Crédits : Joe Raedle - AFP

La convention d'investiture du démocrate Joe Biden s'achève aux Etats-Unis, et pendant ce temps, Donald Trump soigne sa base électorale. 

Pas n'importe quelle base électorale, en l’occurrence : le président américain défraie la chronique ce matin après qu'il a publiquement ce mercredi affiché sa sympathie pour un groupe conspirationniste proche de l'extrême-droite. 

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Les QAnon, d'après le Wall Street Journal, ce sont des internautes et citoyens américains qui croient dur comme fer que les Etats-Unis sont menacés par un complot d'adorateurs de Satan, pédophiles et cannibales, liés à des personnalités de l'administration (le fameux "deep-state"), des médias, d'Hollywood et, forcément, du Parti Démocrate... et le seul à même de sauver le monde, c'est Donald Trump en personne, vous l'aurez deviné. 

Il n'y a vraiment pas de quoi en sourire, poursuit The New York Times : les QAnon, apparus sur internet en 2017, sont classés par le FBI parmi les "organisations qui représentent une menace terroriste pour les Etats-Unis". Or, voilà ce que Donald Trump a répondu hier lors de son point presse à la Maison blanche à une journaliste qui l'interrogeait sur ce groupuscule :

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"J'ai entendu dire que ce sont des gens qui aiment leur pays, des patriotes. Je ne sais pas grand-chose d'eux à part qu'il paraît qu'ils m'aiment bien...  et ça ça me plaît!", déclare le président-candidat, et l'échange avec la journaliste qui l'interroge ne s'arrête pas là. Elle lui demande ce qu'il pense du cœur de la théorie des QAnon, ce soi-disant complot sataniste, pédophile et libéral. Trump lui répond très calmement qu'il n'a "pas entendu parler de ça", mais il fait mine de se demander : "Est-ce que c'est censé être une mauvaise ou une bonne chose ?" Et il poursuit : "Si je peux aider à sauver le monde, ça me va! D'ailleurs, dit encore Trump, c'est ce qu'on fait ici : on sauve le monde contre une philosophie radicale de gauche qui est en train de détruire notre pays".  

Si vous en doutiez encore, vous avez donc compris que loin d'être une nouvelle excentricité anecdotique, cette sortie du président américain c"est en fait ce qui sera le cœur rhétorique de la campagne pour sa réélection en novembre : le soutien à des groupes qui s'affranchissent de toute réalité dans leurs discours et prônent ouvertement une haine délirante. Il faut se souvenir d'ailleurs avec la NPR, qu'en 2016 Trump avait repris à son compte pour se faire élire la théorie du complot dit du "Pizzagate" selon laquelle, déjà, Hillary Clinton était liée à un réseau pédophile qui opérait en secret dans la cave d'une pizzeria de Washington.

Il faut tout de même constater que ce soutien affiché par Donald Trump aux QAnon est loin de faire l'unanimité au sein du parti républicain : à force d'outrance présidentielle, des voix divergentes se font entendre, en particulier dans l'entourage de l'ancien président Georges W Bush. Son ex-conseiller Karl Rove reconnaissait tout à l'heure sur Fox News, ce n'est pas rien, que Trump commet "une grosse erreur" en refusant de condamner les QAnon qualifiés par lui de groupe de "dingues et de cinglés".

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Même rejet de la part de Jeb Bush, frère de l'ancien président et ex-gouverneur de Floride, qui émarge parmi les néo-conservateurs du parti républicain mais qui qualifie lui chez The Hill les QAnons de "fous racistes haineux qui n'ont leur place dans aucun parti". C'est bien le problème : forts de leurs succès d'audience sur internet, les conspirationnistes adeptes de la théorie QAnon sont en train de se frayer une place chez les républicains, The Daily Beast nous explique même que l'une de leurs cheffes de files, Marjorie Taylor Greene, vient d'obtenir l'investiture du parti dans l'Etat de Géorgie pour les prochaines élections à la chambre des représentants. Pour ça, elle a été chaleureusement félicitée par Donald Trump en personne qui sur son compte Twitter l'a désignée, je cite, comme "l'une des futures stars du Parti républicain". Ça promet, en vue de la convention républicaine qui doit lancer la campagne officielle de Trump, la semaine prochaine... 

Dans la presse allemande,on s'étonne de voir où va se nicher l'action du gouvernement fédéral.  

C'est The Guardian, depuis Londres, qui m'a alerté sur ce sujet qui enflamme les journaux d'outre-Rhin depuis deux jours : figurez-vous que le gouvernement allemand s'apprête à faire voter une loi qui obligera les propriétaires de chiens à les promener deux fois par jour... et au moins une heure à chaque fois ! 

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Ces obligations figureront donc dans la future Loi canine qu'a présentée en début de semaine la ministre de l'agriculture allemande Julia Klöckner très attachée, vous l'aurez compris, au bien-être des 9 400 000 chiens domestiques que compte le pays et dont, nous explique la WestDeutsche Allgemeine Zeitung, "il a été prouvé par une étude scientifique récente qu'ils ne sont pas assez stimulés, que leurs propriétaires ne leur font pas assez faire d'exercice" pour assurer le "bien-être" auquel ils ont droit. 

Deux fois une heure de balade obligatoire pour les chiens allemands, "c'est tout simplement absurde", s'emporte Hans-Jörg Vehlewald dans les colonnes de Bild... où il rappelle que la ministre Klöckner est une habituée des grandes causes animales comme quand elle avait juré "d'interdire que des cochons d'Inde soient stérilisés sans anesthésie"... mais sans jamais que ses combats n'aboutissent réellement. 

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Comment imaginer faire appliquer la future loi sur les sorties obligatoires pour les chiens, en effet, sinon en imaginant que des voisins se dénonceraient entre eux pour ne pas avoir respecté la durée ou la fréquence des balades ? Tout ça tient de la "stupidité politique", estime Jens Jessen dans Die Zeit ; il y voit un nouvel excès de la "frénésie de régulation" qui caractérise le gouvernement Merkel et voudrait donc régenter... jusqu'aux balades de Médor (ou plutôt Balou, puisque c'était le nom de chien le plus populaire en Allemagne en 2019 d'après le site IAmExpat.de).

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