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Première rencontre entre Anthony Blinken et Sergey Lavrov, Reykjavik le 19/05/21

Les Etats-Unis renoncent à bloquer le gazoduc russe Nord-Stream 2

5 min
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En excluant des sanctions vraiment rédhibitoires contre les dirigeants du projet Nord-Stream-2, l'administration Biden soigne sa relation avec l'Allemagne, renonce à la confrontation avec la Russie... et sacrifie l'Ukraine.Carrefour condamné pour des pratiques commerciales abusives au Kenya.

Première rencontre entre Anthony Blinken et Sergey Lavrov, Reykjavik le 19/05/21
Première rencontre entre Anthony Blinken et Sergey Lavrov, Reykjavik le 19/05/21 Crédits : Saul Loeb - AFP

Le gazoduc russe Nord Stream 2 va bien voir le jour, en mer Baltique : il a reçu mercredi soir une sorte de feu vert de la part des Etats-Unis.  

... Et c'est un tournant dans la politique russe de Joe Biden, d'après The Wall Street Journal: au début de sa présidence, l'Américain avait maintes fois répété que le projet Nord-Stream 2 (qui doit permettre à la Russie d'accélérer considérablement ses exportations de gaz vers l'Europe, sans traverser l'Est du continent et en particulier l'Ukraine) était une erreur géopolitique pour l'Europe et un danger pour sa sécurité en ce qu'il créait une trop grande dépendance des Européens vis-à-vis de la Russie et qu'il affaiblissait beaucoup trop l'Ukraine dans son bras-de-fer avec Moscou.  

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Mais mercredi soir, dans la foulée d'une première rencontre que l'on raconte courtoise au Conseil de l'Arctique entre les diplomates en chef des deux pays Anthony Blinken et Sergey Lavrov, les Etats-Unis ont renoncé à prendre des sanctions contre les dirigeants des sociétés, liées à la Russie, qui portent le projet Nord-Stream 2. En clair, décrypte le Wall Street Journal, le pipeline va bien être terminé : il ne restait que 10% du tracé à raccorder, dans les eaux allemandes et danoises, la pose de ces tuyaux sous-marins était suspendue à la décision américaine... mais celle-ci finalement lève les derniers obstacles. C'est bel et bien, de facto, un feu vert américain.

Et c'est bien comme cela que l'interprète la presse en Allemagne, pays où débouche le futur gazoduc et qui en a été le principal promoteur au sein de l'Union européenne : le quotidien économique Handelsblatt y salue le fait que la Maison Blanche a finalement décidé d'aller à l'encontre du vote bi partisan au Congrès américain en faveur d'une aggravation des sanctions contre Nord-Stream 2, et signifie ainsi que sa relation avec l'Allemagne (mise à mal sous Donald Trump) est importante et doit être préservée... même si ça implique de renoncer à hausser le ton face à la Russie, à ses visées impérialistes et à ses errements anti-démocratiques.  

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En renonçant à bloquer vraiment Nord-Stream 2, selon cette fois Hubert Wetzel de la Suddeutsche Zeitung, l'administration Biden acte que ce pipeline est peu de chose, finalement, par rapport à l'idée de perdre un allié fidèle, l'Allemagne, au sein de l'Union Européenne. Quel prix Berlin va-t-il devoir payer en retour à Washington ? C'est une autre question que la presse allemande ne fait que survoler pour le moment, mais qui se posera bien un jour. 

Pour autant, difficile de ne pas constater (toujours avec la Suddeutsche Zeitung) que cette affaire Nord-Stream 2 s'achève par une défaite pour Joe Biden et une victoire diplomatique éclatante pour Vladimir Poutine.  Le gazoduc devrait être achevé dès cet été, après cela le gaz russe coulera à flots à travers l'Europe... et l'Ukraine, par où tout ce même gaz transitait jusque-là, se retrouvera privée d'une source de revenu et d'un poids géopolitique considérables. 

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Dans la presse ukrainienne, donc, on ne cache pas une profonde amertume contre la nouvelle adminsitration américaine, et le site d'info Hromadske met l'accent sur l'hypocrisie profonde de sa position. Car dans son communiqué, la Maison Blanche louvoie : elle réitère son opposition de principe au gazoduc ; elle réitère aussi ses critiques adressées à la Russie et ses avertissement aux Européens ; elle va même jusqu'à identifier des navires russes et des sociétés impliquées dans le chantier qui pourront être visés par des sanctions (une manière de ménager le Congrès américain et en particulier ses faucons républicains)... mais le media en ligne ukrainien comprend bien que l'essentiel n'est pas là mais bien dans le refus de prendre des sanctions qui auraient été vraiment dissuasives contre les plus hauts dirigeants du projet Nord-Stream 2. Si Washington a voulu ménager Berlin et Moscou dans ce dossier, l'Ukraine a (encore une fois) l'impression de ne pas peser bien lourd dans le grand jeu des relations diplomatiques... 

Des nouvelles à présent d'un fleuron de l'économie française qui s'exporte sur tous les continents. 

... J'ai nommé Carrefour qui exporte ses franchises, mais aussi (et c'est moins reluisant) ses méthodes commerciales pas toujours glorieuses. Carrefour, nous apprend le site de la BBC, a été condamné fin avril par la justice du Kenya, pour abus de position dominante, en l'occurence pour avoir mis une pression excessive et illégale sur ses fournisseurs kenyans pour qu'ils baissent leurs prix et alimentent ainsi la frénésie de promotions made in Kenya qu'entretient l'enseigne dans les 13 grandes surfaces là-bas. 

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Carrefour, détaille le Business Daily Africa, est devenu en quelques années seulement le deuxième plus gros réseau de grande distribution du Kenya, en misant justement sur une politique de promo tous azimuts sur laquelle la concurrence a eu bien du mal à s'aligner. Le revers de cela, ce sont donc des méthodes ultra-agressives vis-à-vis des fournisseurs : des marchandises commandées et finalement renvoyées sans raison et sans être payées, des marges arrières imposées, autant de pratiques que le tribunal de la compétition du Kenya a donc retoquées.  Il donne un mois au franchisé Carrefour Kenya pour revoir tous ses contrats avec ses 700 fournisseurs, en en retirant les clauses qui sont illégales. 

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La BBC évoque des appels au boycott lancés contre l'enseigne française sur les réseaux sociaux kenyans ; ils n'ont pas été très suivis, à en juger par l'affluence ces derniers jours dans les rayons fournitures scolaires de hypermarchés. Car les écoles viennent de rouvrir au Kenya, après des mois d'interruption pour cause de Covid-19.

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