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Discours inaugural de Joe Biden, Washington, 20/01/21

Unité, respect, démocratie : les mots au coeur de l'investiture de Joe Biden

5 min
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Un président de 78 ans et une poétesse de 22 ans : chacun à sa manière, ce 20 janvier à Washington, Joe Biden et Amanda Gorman ont mis les mots, le langage, au centre de la cérémonie d'investiture. La presse américaine veut y voir l'avènement d'une nouvelle ère apaisée et tolérante aux Etats-Unis.

Discours inaugural de Joe Biden, Washington, 20/01/21
Discours inaugural de Joe Biden, Washington, 20/01/21 Crédits : Getty Images North America - AFP

Avec l'investiture de Joe Biden président des Etats-Unis, un espoir renaît dans la presse américaine : "et si les mots avaient à nouveau un sens ?" 

C'est ce à quoi se prend à rêver Dahlia Lithwick, dans sa tribune publié par le site Slate dont elle dirige la rédaction. Au sortir du discours d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la journaliste canado-américaine en retient surtout ce sentiment, malmené et presque oublié ces dernières années, d'être face un homme d'Etat qui "parle avec son âme", qui "pèse le poids chaque mot et en fait résonner tout le sens, aussi bien sens moral que sens politique". 

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Joe Biden n'est certainement pas un maître de l'art oratoire, reconnaît Lithwick, mais il a parfaitement réussi son discours sur cet aspect-là : celui de redonner toute sa place au langage qui unit, qui fédère, qui mobilise vers un objectif commun et supérieur. En la matière, difficile de faire meilleure transition, plus franche rupture en tous cas, avec "l'ère Trump où les mots étaient trop souvent des crachats imprudents, irréfléchis et insouciants, des mots sans importance, des mots violentés et rendus violents, coupants, divisifs".  

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Les mots de Joe Biden ce mercredi étaient tout l'inverse, dans la forme comme sur le fond. Et le fait qu'ils aient été soigneusement choisis, sous-pesés, mis en valeur, leur a donné "une force finalement assez surprenante", selon le qualificatif choisi lui aussi par John F. Harris pour Politico. Encore une fois, on n'attendait pas grand-chose de Biden comme orateur, ce n'est pas là qu'il excelle, mais s'il a su donner du retentissement à son discours c'est en posant, sincèrement, cette authentique question qui taraude une bonne partie de l'Amérique : "Comment faire, ensemble, pour restaurer du respect là où nous aurions toutes les raisons de ressentir du mépris ?"   

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L'histoire, la foi et la raison nous montrent la voie de l'unité. Nous pouvons nous voir les uns les autres non plus comme des adversaires mais comme des voisins. Nous pouvons nous traiter avec dignité et respect. Nous pouvons joindre nos forces, arrêter de crier et faire redescendre la température. Car sans unité, il n'y a pas de paix, juste de l'aigreur et de la furie ;  il n'y a pas de progrès, seulement une épuisante rage ; pas de nation, mais seulement le chaos. Nous sommes dans un moment historique de crise et de défi, et l'unité est la voie que nous devons suivre.

Joe Biden, avec ce discours d'unité, a touché une corde sensible chez les journalistes de son pays, à lire la plupart des éditoriaux des grands quotidiens ce jeudi. Celui du New York Times fait siens les mots du président, mais se demande tout de même si la Nation américaine est prête à cet "engagement pour l'unité et le respect" auquel son nouveau leader la convoque. 

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Revenant (comment ne pas le faire ?) sur les traumatismes et les divisions de l'ère Trump, le Times finalement fait sonner les mots de Joe Biden comme ceux d'une sorte de conciliateur, de coach chargé de ramener à un minimum de respect mutuel des voisins fâchés ou des collègues entredéchirés. "L'unité ne se décrète pas", conclut l'éditorial, mais "la lente reconnexion de l'Amérique avec ses valeurs démocratiques, à commencer par la tolérance mutuelle" sera le plus gros chantier de la présidence Biden, en espérant que ce dénominateur commun saura rassembler le plus grand nombre d'Américains. 

Enfin, ne boudons pas notre plaisir de voir que cette cérémonie d'investiture a également été l'un des rares évènements majeurs de l'actualité mondiale à mettre la poésie contemporaine au premier plan. 

... En la personne de la jeune poétesse américaine Amanda Gorman, 22 ans, qui a pris la suite de Joe Biden à la tribune du Capitole et qui lui a presque "volé la vedette", d'après ce qu'en dit la chaîne NBCNews. Avec ses mots encore plus ciselés, rythmés, scandés qui ont rempli tout l'espace vide du Mall de Washington face à elle, la jeune femme a captivé son auditoire, pas forcément venu là pour entendre de la poésie.   

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Amanda Gorman, constate The National Review, revue conservatrice, a fait sonner de manière explicite toute la détermination, toute la foi en la démocratie toujours vive, qui était implicite dans le discours de Biden. Elle a scandé, commente à son tour Masha Gessen dans le New Yorker, "une vision de la démocratie étourdissante" et captivante comme l'était le rythme de sa diction. Voir une jeune femme de 22 ans, descendante d'esclaves comme elle l'a elle-même rappelé, chanter la démocratie comme une valeur d'avenir "presque brisée par l'intolérance et l'insurrection mais toujours à rebâtir", rien que cela avait quelque chose de profondément réconfortant. 

Et quand la BBC s'intéresse à la personnalité de cette jeune poétesse jusque-là méconnue du grand public, il y a aussi quelque chose qui redonne foi, dans sa détermination à faire de son art une arme politique. 

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"Oui, la poésie est une arme, un instrument de transformation sociale, c'est même l'un des arts les plus puissants parce qu'il nous oblige à capturer et malmener le langage. Faire de la poésie, c'est contester le statu quo, et donc pour moi la poésie a toujours eu à voir avec la tradition de ceux qui disent la vérité".  

On en revient à cette idée qu'après quatre années de Donald Trump, les mots ont peut-être à nouveau un sens, un poids, dans la nouvelle ère qui s'ouvre aux Etats-Unis. Et vous pouvez compter sur les journaux américains (et donc sur cette revue de presse) pour aller le vérifier, régulièrement, au-delà des mots mais désormais à l'épreuve des faits, ces quatre prochaines années.

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