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Le Nil bleu vu du barrage de la Renaissance en Ethiopie

Entre l'Ethiopie et l'Egypte, discorde sur le Nil

6 min
À retrouver dans l'émission

Le grand barrage de la Rennassance construit par l'Ethiopie sur le Nil bleu attise les tensions avec les deux pays en aval, le Soudan et surtout Egypte qui craint de perdre le contrôle sur le débit du fleuve. En Chine s'ouvre le coronavirus hante déja la session annuelle du Congrès du Peuple.

Le Nil bleu vu du barrage de la Renaissance en Ethiopie
Le Nil bleu vu du barrage de la Renaissance en Ethiopie Crédits : EDUARDO SOTERAS - AFP

Nous partons ce matin sur les rives du Nil Bleu.

En Ethiopie, pour être plus précis, mais rien de touristique dans cette revue de presse : sur ces rives du Nil Bleu, avant donc que le grand fleuve africain n'aille irriguer le Soudan et l'Egypte, on parle surtout de millions des mètres cubes de béton et d'acier qui constituent le futur Grand Barrage Ethiopien de la Renaissance. 

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Je vous en avais déjà parlé ici même, ce barrage grâce auquel l'Ethiopie espère faire un bond en terme de développement économique, d'électrification et d'irrigation des cultures, ce barrage donc "de la Renaissance" est en passe d'être achevé, construit à 75%, d'après le quotidien émirati The National, les autorités d'Addis-Abeba espèrent même commencer à le remplir dès ce mois de juillet, tout ça... sans qu'aucun accord n'ait été trouvé avec les pays en aval du Nil, le Soudan et l'Egypte.  

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Les trois pays ont pourtant participé en février à des négociations sous l'égide des Etats-Unis, mais l'Ethiopie a refusé en mars de signer l'accord qui avait été trouvé pour tenter de s'entendre sur une gestion concertée du débit du Nil.

Dans l'Addis Standard, le gouvernement Ethiopien réaffirme qu'il n'est "en rien obligé de s'entendre avec Le Caire pour construire et remplir son barrage", et que de toute façon les 18 milliards de mètres cubes d'eau qu'il faudra retenir pour la première phase de remplissage n'auront aucune conséquence sur le débit du fleuve en aval.

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Vous vous en doutez, ce n'est pas du tout l'analyse qui est faite par les Egyptiens : le journal cairote Al Ahram fustige l'égoïsme et l'entêtement des Ethiopiens, portés par le rêve de devenir le premier exportateur africain d'électricité... sans penser à ceux qui sont en-dessous. Dans son édito d'hier, Al Ahram appelle l'ONU à se mêler de cette querelle de voisinage qui "menace le bien-être des peuples egyptiens et soudanais".  

Et à mesure qu'approche la date prévue pour démarrer le remplissage du barrage, les tensions s'enveniment dangereusement, car pour remplir le réservoir l'Ethiopie va forcément fermer le robinet du Nil, au moins en partie. Si elle met vraiment sa menace à exécution en juillet, selon le site d'info The New Arab, les choses pourraient vraiment mal tourner : d'ores et déjà le président egyptien "Al Sissi a fait placer son armée en état d'alerte maximale", après des informations selon lesquelles "une batterie de missiles anti-aériens aurait été déployée, à proximité du barrage, par les Ethiopiens pour prévenir une éventuelle ataque aérienne égyptiennes du chantier". 

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Tout cela ressemble bien à des tentatives d'intimidation, pour peser sur les dernières négociations avant l'échéance de juillet. Ce qui est sûr selon The National c'est que tant l'Ethiopie que l'Egypte ont fait de cette question du Nil un enjeu nationaliste très fort : volonté de développement, d'indépendance et de nouveau départ pour les Ethiopiens, et défense du Nil comme élément fondateur de l'identité nationale pour les Egyptiens.  

Sauf que l'Ethiopie, portée par les espoirs de changement qu'incarne son jeune Premier ministre Abiy Ahmed (qui est tout de même Prix Nobel de la Paix 2019, il ne faut pas l'oublier), semble vouloir contester ce prétendu monopole historique et culturel de l'Egypte sur le Nil.  

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Alors, le site d'info et d'opinion éthiopien Borkena News n'hésite pas à dénoncer les "larmes de crocodiles" et les "mensonges" que déverse la partie égyptienne pour peser dans ce conflit régional, cette même Egypte accusée "d'avoir pendant des décennies accaparé les bienfaits du fleuve en condamnant les habitants des pays en amont à la pauvreté et à la famine". On sent bien qu'il s'agit pour Addis Abeba d'une question d'affirmation nationale autant que de réduction de cette pauvreté. A charge pour l'Egypte d'accepter que ce n'est plus à elle seule de fixer les règles dans le grand bassin du Nil.

En ces temps de culture confinée, voilà que le plus grand théâtre du monde rouvre ses portes.

... Mais ne vous emballez pas, amis frustrés de la culture... il s'agit du "plus grand théâtre politique du monde", à en croire The Washington Post, puisqu'à Pékin ce vendredi va s'ouvrir la session annuelle du Congrès National du Peuple qui réunit 5000 membres de la nomenklatura communiste Chinoise : un moment où tout (ou presque, nous dit-on) se joue "dans l'apparat et dans la mise en scène du pouvoir".  

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Pour Anne Fifield du Washington Post donc, la grande affaire cette année sera forcément de se réjouir et de se féliciter de la manière dont la Chine a réussi à vaincre le coronavirus ; l'organisation même du Congrès, qui avait été repoussée de deux mois à cause de l'épidémie, est vue à elle seule comme une preuve que le moment est venu de décrêter le "retour à la normale". Il s'agira aussi  de "montrer que Xi Jinping garde un contrôle complet sur les instances du Parti", que malgré les critiques (vite étouffées) sur les dissimulations et mensonges des premiers temps, la réaction des autorités a été la bonne. 

Les dirigeants chinois ne devraient pas se priver de dire que "si les bonnes décisions n'avaient pas été prises, la Chine serait aujourd'hui beaucoup plus durement frappé par la pandémie"... comme les Etats-Unis, vous l'aurez compris : le contre-exemple est tout trouvé et ça permettra de remettre une pièce dans la machine des tensions américano-chinoises.

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Pour Laura He de CNN Business, le PC chinois devra surtout faire des annonces ce week-end sur l'aspect économique de la crise, comment recréer des millions d'emplois détruits par le ralentissement économique mondial et faire face à la montée du ressentiment contre la Chine, alimenté par les Américains, qui pourrait se ressentir sur les exportations.

"Ce congrès 2020 n'a pas besoin de grands slogans politiques mais de substance", plaide enfin le politologue Minxin Pei dans l'analyse qu'il livre à la Nikkei Asian Review : "ce ne sont pas les habituelles démonstrations d'autosatisfaction qui suffiront cette année à rassurer le peuple chinois", plongé dans le doute par la récession qui s'annonce après 4 décennies de croissance ininterrompue en Chine. 

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Rassurer aussi sur la peur du coronavirus qui, retour à la normale ou pas, reste très vive dans la population. De ce point de vue, le Parti joue gros, estime Minxin Pei : "si un seul cas de contamination devait être détecté parmi les 5000 participants du Congrès, ce serait une humiliation" cuisante pour le gouvernement chinois. 

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