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Tournée européenne pour le premier ministre britannique Boris Johnson, pour tenter de renégocier le Brexit

Le Brexit et le scénario du pire redouté en Irlande du Nord

5 min
À retrouver dans l'émission

Lorsque Patsy Doyle avait 20 ans, il était parti de Belfast avec plusieurs amis pour passer un week-end en Irlande.Ils ne l'ont jamais fait. Les forces de sécurité les ont arrêtés à la frontière. Ils ont été fouillés, détenus plusieurs heures, avant de pouvoir rentrer chez eux.

Tournée européenne pour le premier ministre britannique Boris Johnson, pour tenter de renégocier le Brexit
Tournée européenne pour le premier ministre britannique Boris Johnson, pour tenter de renégocier le Brexit Crédits : Tobias SCHWARZ / AFP - Radio France

L'homme de 63 ans, se souvient dans les pages du Wall Street Journal, de cette vie quotidienne chaotique. Des enterrements de personnes tuées dans les violences politiques. De l'inquiétude de ses parents s'il ne rentrait pas rapidement. Le temps des contrôles permanents, des affrontements entre unionistes protestants et républicains catholiques.  

Aujourd'hui, Patsy n'a pas à s’inquiéter pour son fils, Bryan, 25 ans. " je ne voudrais jamais que lui ou ses amis traversent cela. "  Cette génération a évité la violence qui a embrasé la région pendant trois décennies. Elle a pu ignorer les différences qui séparaient l’île depuis sa partition en 1922.

C'est aujourd'hui une frontière invisible que les habitants passent sans s'en rendre compte. D'un côté, l'Irlande du Nord, partie intégrante du Royaume-Uni, de l'autre, la République d'Irlande, indépendante. 

Mais la libre circulation sera peut-être bientôt menacée. 

Alors que Boris Johnson, le premier ministre britannique, est en tournée en Europe, le spectre d'une sortie brusque de la Grande Bretagne de l'Union européenne, sans accord, devient de plus en plus probable. Et les jeunes sont désormais confrontés à la possibilité qu'une frontière physique puisse à nouveau diviser l'Irlande en deux. 

Au risque, écrit le quotidien américain, de rouvrir les animosités traditionnelles. Au risque d'un retour à la violence : "une frontière dure peut facilement la ramener, assure Patsy. Il y a 20 ans nous pensions que c'était fini" 

Le Brexit imminent ramène à présent les divisions. Les sondages d'opinion montrent un soutien croissant à la réunification irlandaise chez les jeunes nationalistes. La sécurité à la frontière est au cœur du problème écrit en écho The Irish Times. Il ne s'agit pas de vaches et de moutons. Il s'agit du passé et du futur, ténèbres et lumière, guerre et paix.  Certains conservateurs semblent heureux de risquer la paix pour atteindre leurs objectifs sans avoir réellement aucune empathie ni aucun intérêt pour le peuple d'Irlande du Nord. Mais la paix est lente. Il faut du temps. Le Brexit est un acte de vandalisme contre le processus de paix, tout comme déchirer prématurément un bandage d'une plaie non cicatrisée. Mais le Brexit va arriver et nous devons vivre avec ses conséquences. 

En attendant Boris Johnson tente de renégocier les conditions de sortie du Royaume-Uni. Ce serait presque un miracle de ne pas arriver à un Brexit dur, le 31 octobre, écrit Der Spiegel. "Nous y arriverons !" assure BoJo...comme un magicien politique. Ou comme un charlatan, conclut l'hebdomadaire à Hambourg 

"La diplomatie déroutante de Donald Trump"

Dans les pages du Soir, en Belgique, qui revient sur cette volonté du président américain d'acheter le Groenland. A la une de nombreux éditos. 

C'était juste une blague et puis c'est devenu moche écrit le New York Times. Cela a commencé comme un titre apparemment tout droit sorti de The Onion, un média parodique américain. Ensuite ça a déclenché un torrent de blagues. Et finalement cela entraîne une grave rupture diplomatique entre les Etats-Unis et l'un de leurs alliés de longue date. Peu importe que le reste du monde trouve ça absurde. Au milieu du fou rire mondial, Donald Trump a relevé la tête et a qualifié la première ministre danoise de "méchante" et a annulé sa visité dans le pays. 

Tout cela pourrait être considéré comme un moment étrange d'une présidence qui ne ressemble à aucune autre. Sauf qu'attaquer le Danemark n'était pas suffisant pour le président. Il a décidé d'élargir sa cible à l'OTAN et à ses dépenses insuffisantes pour les forces armées. Deux jours avant de quitter Washington et de se rendre pour un sommet internationale en France, également membre de l'OTAN. Et après avoir menacé l'an dernier de retirer les troupes américaines de l'organisation atlantique 

L'épisode du Groenland explique toute la présidence Trump estime CNN sur son site internet. Plus qu'une simple fantaisie, cet épisode est emblématique de la façon dont Trump exerce la présidence. Il dit et fait des choses complètement délirantes. Voit comment le public réagit. Même ses cadres supérieurs ne savent pas à quel point il est sérieux et ne savent donc pas s'il faut vraiment s'y attaquer. Il n'y a pas de jeu d'échecs en 3 dimensions. Trump se fait une idée au fur et à mesure. Le Groenland n'a jamais été à vendre. Le Mexique n'allait jamais payer pour le mur. Les migrants n'ont jamais envahi notre pays par horde. Vous avez saisi l'idée. C'est la présidence de Trump .

Dans une cour de récréation, cette langue peut avoir un sens, écrit The Guardian. Sur la scène mondiale, les Danois diraient que c'est absurde .  

La scène mondiale comme un terrain de jeu

Au Natiopoly, Trump achète le Groenland. Moi les iles anglo-normandes. Et vous ? demande Slate.fr . Le jeu du "j'achète le..." est ouvert, non sans rallumer des envies anciennes. En ce qui me concerne, écrit le co-fondateur de site, j'ai une inébranlable volonté : que la France remette la main sur les iles anglo-normandes. Jersey, Guernesey, Aurigny, Sercq...aux mains des Anglais. Des territoires "barbotés" selon les mots du Général de Gaulle. Mais le jeu du «j'achète le...» est très large. Le capitalisme a triomphé, les nations n'ont plus de pouvoir, elles sont à l'agonie, sans plus d'argent. Rachetons-les.  Le Natiopoly est ouvert: que roulent les dés ! 

Je concède que l'Europe qui posséda presque l'ensemble du globe sous forme de colonies est un peu déplacée dans ce jeu. Mais entre nous, Européens ? Qui veut une montagne, qui veut une plage? Qui veut une frontière ? A votre choix. Certains ont déjà fait le leur. 

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