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"Index est une puissante forteresse qu'ils veulent faire sauter", a déclaré Szabolcs Dull dans un discours d'adieu à sa rédaction.

Hongrie : la liberté de la presse à nouveau en question après le licenciement du rédacteur en chef d'un site majeur d'information

5 min
À retrouver dans l'émission

Le limogeage du rédacteur en chef du site Index, considéré comme le principal média indépendant en ligne du pays, pose à nouveau la question de la démocratie en Hongrie. Dans cette revue de presse, il est également question de l'Australie où l'épidémie de Covid-19 atteint un seuil critique.

"Index est une puissante forteresse qu'ils veulent faire sauter", a déclaré Szabolcs Dull dans un discours d'adieu à sa rédaction.
"Index est une puissante forteresse qu'ils veulent faire sauter", a déclaré Szabolcs Dull dans un discours d'adieu à sa rédaction. Crédits : Ficsór Zsolt

Le sujet de la liberté de la presse en Hongrie est à nouveau sous le feu des projecteurs.  

Szabolcs Dull, rédacteur en chef du site Index, le portail d'informations le plus lu en Hongrie, a été tout récemment limogé. Officiellement, il est remercié pour avoir divulgué aux médias des documents internes.  

Mais au sein de la rédaction, ce licenciement ne passe pas. Il est observé clairement comme une intervention du pouvoir pour museler davantage la presse. Il s'agirait d'une nouvelle façon, pour le Premier ministre Hongrois Viktor Orbán, de faire taire les voix dissonantes.  

On en apprend davantage dans le quotidien économique et financier britannique Financial Times. Il y a quelques mois, en avril dernier, MIlos Vaszili homme d'affaires proche de Viktor Orbán, a acquis 50 % de l'agence de publicité du site Index. Milos Vaszily, peut-on lire, a justement l'habitude d'acheter des participations de contrôle dans les médias de la Hongrie. "En 2014, il avait déjà présidé au rachat du média Origo". Or, ce média auparavant indépendant se voit aujourd'hui reproché "d'être devenu un site web publiant de la propagande pro-gouvernementale". Cela fait bien sûr craindre qu'Index connaisse à l'avenir un sort similaire. 

C'est la méthode habituelle, nous dit le site Balkan Insight. "Le parti hongrois Fidesz, au pouvoir, écrit-il, a un bilan impressionnant en matière de réduction au silence des médias critiques. Mais au lieu de sévir directement contre ces médias désobéissants, il engage des hommes d'affaires loyaux pour servir d'intermédiaires". 

Inquiet pour l'avenir de sa publication, Szabolcs Dull a fait savoir sur la page d'accueil du site Index qu'il estimait sa liberté en danger.  Est-ce pour cela qu'il a été évincé ? Dans la rédaction en tout cas l'inquiétude est de mise. Plus de 90 journalistes ont signé une lettre ouverte, publiée sur le site du portail en hongrois et en anglais, pour soutenir Dull. "Cette décision est inacceptable pour nous", écrivent-ils. "La raison du licenciement de Dull est qu'il a clairement indiqué qu'il ne céderait pas au chantage." 

Le journal anglais The Guardian précise malgré tout ceci : "Selon Mertek, qui est une ONG hongroise de surveillance des médias, il n'est pas encore possible de dire avec certitude si cette décision de licenciement est due à un conflit personnel ou à un ordre politique". Quoi qu'il en soit, selon cette ONG toujours, ce licenciement est "un jour noir pour la liberté des médias hongrois". Le Guardian nous apprend qu' "Index est le plus grand portail d'information en ligne de Hongrie. Il est même largement considéré comme le dernier grand acteur indépendant dans le domaine des médias locaux". Les événements actuels apparaissent donc à nouveau comme un  coup porté à la démocratie. The Guardian rappelle d'ailleurs que "l'ONG Reporters sans frontières a placé la Hongrie à la 89e place dans son classement annuel de la liberté des médias cette année". Pour ceux qui voudraient le savoir, la France est à la 34 e place.

Partons en Australie maintenant où l'épidémie de coronavirus a enregistré hier un nombre record de contaminations.  

Jusqu'à présent, le pays avait plutôt mieux réussi que d'autres à contenir l'épidémie.  

Mais hier 502 nouveaux cas de Covid-19 ont été relevés. Les autorités affirment que le pays entre désormais dans une phase critique.  L'immense majorité des cas ont été recensés dans l'Etat du Victoria. Rappelons que sa capitale Melbourne et ses banlieues sont reconfinées depuis près de deux semaines.  

Chiffres importants de contamination à Melbourne
Chiffres importants de contamination à Melbourne Crédits : William WEST / AFP - AFP

D'où vient cette hausse soudaine ? Qu'est-ce qui peut l'expliquer ?  Voici ce que l'on peut lire sur le site australien news.com. C'est d'une certaine manière parlant sur la psychologie face au virus.  

Pour Daniel Andrews, chef de gouvernement du Victoria, "une quantité étonnante de Victoriens ne s'isolent pas d'eux-mêmes après pourtant avoir développé des symptômes du coronavirus". "Ce que nous voyons en ce moment, dit-il, ce sont des gens qui ne se sentent pas bien, mais qui ne se font pas dépister assez vite parce qu'ils ont peur de ne pas pouvoir aller travailler". Effectivement sur plus de 3 800 personnes été testées positives entre le 7 et le 21 juillet, 90 % ne se sont pas isolées entre l'apparition des premiers symptômes et le test de dépistage. Comment résoudre le problème ? Peut-être en indemnisant chaque personne qui s'enfermera chez elle entre le moment où elle a passé le test et le moment où elle retournera travailler.  C'est justement la décision qui a été prise dans l'Etat du Victoria annoncée hier par le premier ministre Daniel Andrews.  

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"Un paiement de 300 dollars, dit-il (à 4'35 dans la vidéo ci-dessus) sera versé à toute personne ayant passé un test et devant être isolée en attendant ses résultats, toute personne qui donc travaille et ne peut pas donc prendre de congé maladie". 

Si le test est positif, les habitants du Victoria pourront dans certains cas bénéficier d'un paiement supplémentaire de 1 500 dollars. Il faudra bien sûr observer l'efficacité éventuelle d'un tel dispositif pour maîtriser la crise sanitaire et aussi économique qui s'annonce en Australie.  Selon le site Bloomberg.com "la fermeture de la deuxième plus grande ville du pays, qui contribue à environ un quart du PIB, pourrait prolonger la première récession que connaît l'Australie en près de trois décennies".

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