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Au camp de migrants de Vucjak, à la frontière entre Bosnie et Croatie

La route migratoire des Balkans reste un "cauchemar" au camp bosniaque de Vucjak

6 min
À retrouver dans l'émission

Un reportage poignant de la BBC dans un camp bosniaque nous rappelle que la route des Balkans reste empruntée par des milliers de réfugiés chaque année, dans des conditions indignes. En Espagne, l'exhumation du dictateur Franco ravive des blessures jamais vraiment traitées par la mémoire nationale.

Au camp de migrants de Vucjak, à la frontière entre Bosnie et Croatie
Au camp de migrants de Vucjak, à la frontière entre Bosnie et Croatie Crédits : Velija Hasanbegovic - Maxppp

La découverte hier de 39 corps sans vie, dans la remorque d'un camion près de Londres, remet en lumière les multiples tragédies de l'immigration clandestine en Europe.  

C'est particulièrement vrai dans les médias britanniques ce matin : la terrible découverte de ces morts, très probablement asphyxiés, très certainement des réfugiés si proches du but de leur exil, tout cela pousse The Guardian à s'interroger sur "à quel point la route de l'immigration vers l'Angleterre est-elle dangereuse ?

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Le quotidien tente de retracer le parcours du camion ; le peu d'indice que l'on a sur sa provenance, c'est son immatriculation, son appartenance à une société de transports bulgare... et la Bulgarie, poursuit le Guardian, se trouve sur la route Est des migrants, celle qui passe aussi par les Balkans pour éviter la Hongrie fermée à triple tour.

Or, et là c'est la BBC qui reprend le récit, dans les Balkans (même si l'on en parle beaucoup moins aujourd'hui qu'il y a 4 ou 5 ans au moment du pic d'arrivées de réfugiés syriens) la situation reste catastrophique. Pour s'en convaincre il suffit, comme l'a fait l'équipe de la reporter Jean MacKenzie, de mettre les pieds dans "le cauchemar" du camp bosniaque de Vucjak.

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Nous sommes ici dans le nord-ouest de la Bosnie, tout près de la frontière avec la Croatie. Mais cette frontière est fermée, et les milliers de Syriens, d'Afghans, de Pakistanais qui continuent à arriver chaque semaine se retrouvent coincés ici, dans ce camp informel qui se résume à des dizaines de tentes humanitaires posées sur le terrain d'une ancienne usine chimique, entourée par des champs minés depuis la guerre de Yougoslavie 

Le site a été jugé trop dangereux par les ONG qui refusent d'y travailler... alors, l'équipe de la BBC suit la Croix Rouge et quelques bénévoles qui ont décidé de ne pas être complices de la négligence des autorités locales. Dans le camp de Vucjak, il n'y a pas assez de place, pas assez de lits, de couvertures, de nourriture ou d'eau pour tout le monde, pas d'électricité, aucune aide médicale, la gale se répand... et l'hiver arrive déjà dans ces collines des Balkans.Les bénévoles préviennent, "on est à la veille d'une grave catastrophe humanitaire, les gens vont commencer à mourir de froid".

"Un endroit inhumain", voilà comment le décrit une volontaire, et difficile de ne pas lui donner raison quand on voit ces images de la BBC. Et le pire est encore à venir, quand Jean MacKenzie sort du camp, et découvre dans des hangars, des garages alentours, d'autres centaines d'hommes, femmes et enfants, forcés à dormir dans le froid et à même le sol, parce qu'ils ont été refusés à Vucjak. Nous sommes là dans l'un des recoins les plus sordides de cette route de la migration que l'Europe et ses décideurs imposent à des milliers de réfugiés.   

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En l'occurence ici ce sont plusieurs niveaux de responsables politiques, locaux, nationaux et internationaux qui se renvoient la balle. C'est ce que l'on comprend en lisant ce qu'écrivait tout récemment le site Balkan Insight, sur ce camp de Vucjak : en fait la situation tragique là-bas est en grande partie due au fait que le maire de la commune où se trouve le camp veut obliger l'Etat bosniaque à prendre en charge les migrants... alors il ne fait rien pour améliorer les conditions de survie sur place, voire pire : la branche d'Al Jazeera spécialisée sur les Balkans nous apprend que ce maire a décidé, ces derniers jours, de couper l'arrivée d'eau potable du camp pour provoquer une réaction en haut lieu. Pour l'instant, la seule réaction a été de faire venir des citernes d'eau.

Pourtant, rappelle la BBC, la Bosnie a reçu cet été 10 millions d'euros de l'UE, pour l'aider à prendre en charge les migrants dignement. L'argent, pour le moment en tous cas, ne semble pas être arrivé sur le terrain. Les migrants eux continuent d'affluer, d'autant qu'ils sont amenés là par la police qui les arrête en chemin et espère se débarrasser d'eux en les forçant à rejoindre le camp déja saturé. 

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Voilà donc à quoi ressemble, aujourd'hui encore, la route de l'exil par les Balkans, parfois présentée comme une alternative moins meurtrière que la traversée de la Méditerranée ; elle n'est, en fait, qu'une autre version du chemin de croix européen, les tragédies du camion anglais et du camp de Vucjak nous le prouvent... s'il en était encore besoin.

Nous sommes maintenant en Espagne où, en faisant exhumer la dépouille du dictateur Franco, Pedro Sanchez fait aussi remonter tout un débat mémoriel. 

... La question qui agite la presse espagnole étant de savoir avec quelles intentions le président socialiste du gouvernement s'est-il lancé dans cette opération hautement sensible et symbolique ? 

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Pour resituer le dossier, on se plonge dans la profusion d'infographies produites pour l'occasion par El Pais : le corps de Franco, depuis 44 ans, était enterré dans la basilique de la Valle de los Caidos, 50km au nord de Madrid, un (très)  imposant mémorial construit par des prisonniers républicains, et où sont également inhumés 33 000 victimes des deux camps de la guerre d'Espagne. Voilà pour le symbole, contestable et contesté par Pedro Sanchez depuis son arrivée au pouvoir l'an dernier. 

Aujourd'hui le dirigeant socialiste met donc à exécution son projet de retirer à la dépouille de Franco les honneurs nationaux, de le voir reposer dans le cimetière familial (contre l'avis de la famille). Ca suscite l'enthousiasme d'El Diario pour qui enfin, cette exhumation "met fin à 44 ans de glorification du dictateur". C'est une victoire pour les socialistes, et une défaite pour le Partido Popular, la droite conservatrice, qui, selon toujours El Diario, a tout fait depuis 7 ans pour faire obstacle à un travail de mémoire dépassionné sur la période franquiste. 

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Sur la même lignée El Pais semble sûr que le transfert mortuaire de ce jour va "mettre fin à un grand symbole de la dictature", cette "scépulture officielle dévolue à un despote, une aberration internationale et un deshonneur pour l'Espagne". Sauf que, en remuant, au sens propre, la mémoire franquiste, Pedro Sanchez est accusé de récupération politicienne jusque sur sa gauche : le quotidien royaliste ABC nous explique que le chef de file de Podemos Pablo Iglesias accuse son rival socialiste de provoquer sciemment les nostalgiques de Franco et les "néo-nazis" pour mieux s'affirmer face à eux. A moins de deux semaines d'élections législatives anticipées, et alors que le parti d'extrême-droite Vox attend son heure, "c'est très imprudent" commente Iglesias. 

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C'est un peu l'avis aussi d'El Mundo selon qui Sanchez en fait trop, autour de cette exhumation : trop de sécurité pour éviter justement des manifestations d'extrême-droite, des médias trop tenus à l'écart, une famille de Franco trop maltraitée par le gouvernement selon le journal de droite... tout ça est mené dans "l'urgence d'on ne sait pas trop quoi : Pedro Sanchez a géré cette question de manière partisane" accuse Manuel Alvarez Tardio dans El Mundo alors que la question si sensible de la mémoire du Franquisme aurait avant tout eu besoin "de consensus".

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