LE DIRECT
Des téléspectateurs sud coréens assistent à la rencontre Poutine - Kim, ce jeudi matin depuis la gare de Séoul

Le régime soudanais pris à son propre jeu, l'Arabie Saoudite qui exécute des prisonniers sans inquiétude alors que Kim Jong Un se trouve un nouvel ami

6 min
À retrouver dans l'émission

La revue de presse internationale s'intéresse aujourd'hui à des pays peu habitués à la démocratie

Des téléspectateurs sud coréens assistent à la rencontre Poutine - Kim, ce jeudi matin depuis la gare de Séoul
Des téléspectateurs sud coréens assistent à la rencontre Poutine - Kim, ce jeudi matin depuis la gare de Séoul Crédits : Chung Sung-Jun - Getty

Cela s'est passé en quelques heures hier. Au Soudan, les leaders de l'opposition qui menacent d'une grève générale et d'une manifestation monstre s'ils ne sont pas entendus.

L'armée, aux commandes désormais du pays, qui alors propose une réunion.

Et dans la soirée : un accord ! Un accord avec "la plupart des exigences des leaders de la contestation" nous disent les dépêches ce matin. Le pouvoir pourrait être transféré à une autorité civile.

Il est encore un peu tôt pour trouver dans la presse plus de détails ou d’analyses ce matin. Mais cette actualité nous montre que les citoyens soudanais sont, peut-être, en train de remporter leur combat. Et ça n'a pas été facile. Après des mois de manifestations depuis décembre dernier. 

Et des tentatives de manipulations de la part du régime de Béchir. C'est la BBC qui nous relate cette histoire.

Le groupe britannique, sur son site internet, raconte que "les services de sécurité soudanais se seraient servis du conflit au Darfour pour tenter de saper les manifestations populaires et ce via de fausses déclarations d'étudiants torturés".

Explications : "Le 29 décembre dernier, raconte la BBC, le ministère de l'Information soudanais affirme qu'une "cellule rebelle" qui attisait les manifestations et planifiait la violence a été découverte. Les services de sécurité ont appréhendé les membres de cette cellule." Informations relayées par les chaînes de télévision publiques soudanaises, poursuit le média britannique, et par Facebook sur lequel sont diffusées des vidéos.

Des vidéos montrant de jeunes hommes confessant qu'ils font partie d'un groupe militant du Darfour, région rebelle du pays. Les étudiants y déclarent qu'ils ont tenté d'inciter à la violence et qu'ils avaient sur eux des armes lors des manifestations.

Mais voilà ce que nous apprend aujourd'hui la BBC, c'est que ces aveux en fait n'en sont pas. 

Selon l'un des hommes apparaissant sur les vidéos, lui et d'autres étudiants ont été enlevés mi-décembre, puis "emmenés dans des locaux et là frappés à coups de poing et de bâtons et soumis à des chocs électriques par les services de sécurité soudanais" afin qu'ils racontent ce que les autorités voulaient faire croire aux citoyens. 

Or, poursuit le récit de la BBC, très vite des amis des étudiants présentés comme des rebelles les ont reconnu et ont réussi à prouver que tout cela était faux. 

"Les commentaires de Facebook contestant la validité des aveux sont devenus viraux, explique la BBC. L'incident a même contribué à alimenter les manifestations qui ont valu sa chute à Omar El Béchir." 

L'arroseur arrosé, à lire donc sur le site de la BBC. 

En Arabie Saoudite, des exécutions qui n'empêchent pas les patrons américains de se presser dans la capitale.

37 prisonniers exécutés mardi. Tous décapités et un, même, crucifié en place publique. Plusieurs journaux nous en parlent. Depuis le Caire, le correspondant du quotidien espagnol El Mundo nous raconte que "les victimes étaient pour la plupart des membres de la minorité chiite, maltraitée dans le Royaume, et avaient été reconnus coupables d'espionnage, de violence, de terrorisme et de participation à des manifestations".

Ces exécutions ont été condamnées depuis mardi par la communauté internationale. L'ONU qui, par la voix de Michelle Bachelet, sa Haute-Commissaire aux droits de l'Homme, juge "odieux" le fait qu'au moins trois des suppliciés étaient mineurs au moment de leur procès.

La Grande Bretagne aussi. The Guardian nous dit que _"le ministre des Affaires étrangères, Sir Alan Duncan, devant la Chambre des communes, a ignoré les subtilités diplomatiques habituelles, estimant que quiconque à la Chambre, à peine deux jours après Pâques, trouverait "plus répugnant que tout ce que nous pouvons imaginer" le fait que l'une des personnes exécutées soit crucifiée"._

Sir Alan Duncan, rapporte The Guardian, pour qui "Il est très important que le régime saoudien comprenne que l'opinion mondiale ne peut que condamner de plus en plus fort".

L'opinion mondiale mais pour l'instant pas la France. Ni les États-Unis.

Les États-Unis qui, bien au contraire, ont vu plusieurs de leurs grands patrons, nous dit CNN Business, se presser à Ryad, au lendemain de ces exécutions.

"Les PDG, entre autres, de HSBC, de JP Morgan et autres grands groupes qui sont montés sur scène", apprend-on, lors d'une conférence financière. 

Tout s'explique : "Les relations avec les entreprises et les investisseurs étrangers qui ont suivi l'assassinat de Khashoggi avaient récemment commencé à se dégeler" raconte CNN. (Rappelez-vous, l'affaire Khasshogi, ce journaliste saoudien basé aux États-Unis, assassiné par des agents de son pays en Turquie.) 

"Le PDG de Goldman Sachs, poursuit le site, se serait rendu à Riyad en début du mois d’avril, quelques jours à peine avant que la banque n’ait aidé à organiser une vente d’obligations de 12,5 milliards de dollars pour le géant pétrolier appartenant à l’État saoudien, Saudi Aramco."

"HSBC ou JP Morgan ont également travaillé sur cet accord, poursuit CNN, pour une opération dépassant en tout les 100 milliards de dollars.

Et ceci alors qu'un autre PDG, celui de BlackRock, société de gestion d'actifs a déclaré à la conférence de Riyad, hier, que sa société cherchait d’autres "opportunités" dans le Royaume. 

Cachez ces exécutions que je ne saurais voir. 

Pour finir sur cette série des "démocraties en devenir" la rencontre entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un.

Le leader nord coréen et le président russe qui se sont serré la main vers 6h heure de Paris, à Vladivostok .

A son arrivée dans la ville portuaire russe hier, Kim Jong Un a donné une rapide interview à une chaîne russe. C'est assez rare, d'entendre le son de sa voix. 

"J'espère, dit il entre autres, que je pourrai évoquer de manière concrète le règlement de la situation sur la péninsule coréenne et le développement de nos relations bilatérales".

Sur son site Gazeta.ru, le journal russe qui propose un direct de la rencontre titre sa page ainsi : "Kim Jong Un rend visite à Poutine : "Un pied de nez" à Donald Trump!" 

On pourrait croire qu'il s'agit d'une expression signée Vladimir Poutine, mais non, la Gazeta reprend un terme utilisé la semaine dernière par le site américain Foreign Policy.

Et chacun donc de surfer sur l'échec du sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un, en février dernier au Vietnam.

Poutine d'un côté qui, relate le New York Times, souhaite "consolider les tendances positives" des pourparlers de Monsieur Trump. Et Kim de l'autre qui, pour le quotidien américain, "cherche à réaffirmer sa nouvelle image auprès de son peuple en tant qu'acteur mondial et envoie un message à Washington lui indiquant qu'il élargit son jeu diplomatique."

Voilà ce que l'on peut dire ce matin de ce drôle de spectacle que nous offre le monde.

Chroniques

7H40
45 min

L'Invité(e) des Matins

Peut-on continuer de manger les animaux ?
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......