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Pedro Sanchez et Pablo Iglesias

En Espagne, l'impossible alliance des gauches ?

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À retrouver dans l'émission

Le parti socialiste espagnol et le mouvement de gauche radicale Podemos ne parviennent pas à s'entendre pour former un gouvernement de coalition et éviter de nouvelles élections lmégislatives anticipées. En Russie, les pressions se multiplient contre des candidats d'opposition à la mairie de Moscou.

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias
Pedro Sanchez et Pablo Iglesias Crédits : Juan Carlos Hidalgo - Maxppp

En Espagne ce n'est apparemment pas encore aujourd'hui qu'un gouvernement d'union des gauches va voir le jour.  

Tout à l'heure le Parlement espagnol va devoir voter, accorder ou non sa confiance au Premier ministre socialiste Pedro Sanchez. Mais ce vote semble "voué à l'échec", c'est en tous cas la  formule choisie par El Diario : comme mardi, et sauf retournement de dernière minute, il ne devrait pas y avoir de majorité pour valider la nomination d'un gouvernement de gauche, parce que les socialistes, même s'ils ont remporté les législatives il y a deux mois, n'ont pas assez de députés pour gouverner tous seuls, et surtout comme l'explique El Diario, parce que les ultimes négociations pour former une coalition avec la gauche radicale de Podemos, sont "dans l'impasse la plus totale".

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"Négociations rompues", lit-on également en Une d'El Pais... mais avec cette précision : c'est le PSOE, le parti socialiste de Pedor Sanchez qui a fait savoir hier soir que le dialogue n'avait pas permis de trouver un accord. Le PSOE qui a dévoilé les coulisses de ces négociations, histoire de montrer que selon lui c'est bien Podemos qui est responsable de l'échec. 

Il apparaît donc que les socialistes ont proposé, à prendre ou à laisser, une vice-présidence du Conseil et trois ministères à Podemos, qui en exigeait 5 dont celui du Travail. C'est sur celui-ci que le désaccord s'est crystalisé, Pedro Sanchez accusant le parti à sa gauche de vouloir créer deux gouvernements au lieu d'un, en revendiquant seul  le contrôle sur la sphère économique et social. 

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A quoi Podemos répond, toujours dans El Pais, que le  PSOE en faisant fuiter les documents confidentiels des négociations, montre qu'il ne veut pas d'un accord, qu'il n'a proposé que "des ministères vides et sans moyens véritables" pour appliquer sa politique : augmentation du salaire minimum, limitation du recours au temps partiel, gratuité des écoles, baisse du tarif de l'électricité... et des réels moyens pour engager la lutte contre le réchauffement climatique. 

Car Pablo Iglesias l'a redit mardi au Parlement, son mouvement Podemos "n'entrera pas au gouvernement pour y faire de la figuration". Il sait aussi, assure El Periodico, que sans l'appui de la gauche radicale Pedro Sanchez ne pourra pas obtenir de majorité et devra se résigner à de nouvelles élections à l'automne. La négociation ne pouvait donc qu'être "agonique", écrit El Périodico, remarquant tout de même que celle-ci l'est "plus encore qu'on pouvait le craindre". Et ce n'est sans doute pas sans lien avec le fait que (c'est un secret de polichinelle dans la politique espagnole) ces deux-là, Sanchez et Iglesias, se détestent cordialement depuis des années. 

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Dans le quotidien conservateur El Mundo, on apprendra toutefois que Podemos n'est peut-être pas tant que celà en position de force, d'incontournable faiseur de coalition. Le mouvement a essuyé en mai un très sérieux revers électoral : "Avec un million d'electeurs et 25 sièges de députés en moins par rapport aux élections de 2016, il se retrouve aux portes du pouvoir juste au moment où il commençait à avoir besoin d'une assistance respiratoire pour survivre" écrit Marisa Cruz dans l'analyse d'El Mundo intitulée "Un pacte de gouvernement ni fait ni à faire". 

Pour l'autre journal de droite, ABC, Pablo Iglesias et Pedro Sanchez "humilient l'Espagne, par leur déballage d'hostilité et d'arrivisme, leurs jeux d'intrigues et d'obsessions personnelles". Qu'ils forment ou non un gouvernement ensemble, conclut l'éditorial du jour, "le mal est déja fait" au pays tout entier.

En Russie, les élections municipales n'auront pas lieu avant le début du mois de septembre mais les candidats d'opposition font déjà l'objet de nombreuses pressions. 

Si l'on en parle beaucoup ces derniers jours, de ces élections municipales à Moscou, c'est parce que la commission électorale russe a rendu la semaine dernière  la liste de ceux qui sont autorisés à y participer, et que plusieurs candidats indépendants en ont été empêchés, leur candidature invalidée : la commission a estimé que certaines des 5000 signatures de parrainage obligatoires renvoyaient à des personnes qui n'existaient pas.

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Depuis, nous explique BBCNews, des courriers arrivent par centaine à la commission, de personnes qui ont parrainé les candidats et qui expliquent que si si, elles existent bien. Il y a surtout eu, samedi dernier à Moscou, un rassemblement de plus de 20 000 personnes pour demander que l'élection municipale dans la capitale au moins soit ouverte, juste et équitable, en un mot... démocratique. 

L'opposition a aussi décidé d'appeler à une nouvelle manifestation, non autorisée, ce samedi 27 juillet ; mais depuis, ses organisateurs se retrouvent les uns après  les autres inquiétés par la police et la justice.  C'est ce que constate la Novaya Gazeta : ça a commencé mardi avec l'arrestation du plus médiatique d'entre eux, Alexey Navalny, désormais tristement coutumier de ces procédures qui n'ont pour seul but que de l'intimider et l'empêcher de se rendre à des rassemblements interdits. Navalny a été condamné hier en comparution immédiate à 30 jours de détention. 

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Et puis hier soir, nous rapporte Meduza, la police a débarqué chez plusieurs candidats au Conseil municipal, dont les plus en vue sont Dmitry Gudkov, et Alexander Soloviov ; des ordinateurs portables, de téléphones ont été saisis chez eux. Ils sont accusés d'avoir fait obstruction au travail de la commission électorale, et de préparer des troubles à l'ordre public : les enquêteurs cherchaient en particulier, explique Meduza, du matériel en lien avec la manifestation de samedi prochain. 

Dmitry Gudkov et Alxander Soloviov faisaient partie de ces candidats indépendants empêchés de participer aux élections municipales de septembre à Moscou. Mais l'affaire n'est pas terminée : Kommersant nous dit enfin qe ces candidats refusés devraient recevoir aujour'hui le soutien du Conseil russe de Droits de l'homme, une institution placée sous le haut parrainage... de Vladimir Poutine en personne.

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