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Vladimr Poutine lors du défilié militaire du 24 juin 2020 à Moscou

Référendum constitutionnel en Russie : la chasse aux abstentionnistes

6 min
À retrouver dans l'émission

En Russie, Vladimir Poutine met toutes les chances de son côté pour obtenir une forte participation au référendum constitutionnel qui doit lui permettre de rester au pouvoir après 2024. Au Brésil, l'épidémie de Covid-19 flambe et décime même les peuples autochtones isolés d'Amazonie.

Vladimr Poutine lors du défilié militaire du 24 juin 2020 à Moscou
Vladimr Poutine lors du défilié militaire du 24 juin 2020 à Moscou Crédits : Sergey Guneev - AFP

Nous sommes aujourd'hui en Russie où débute le vote sur les amendements à la Constitution russe voulus par Vladimir Poutine.

206 amendements constitutionnels en tout que le quotidien Kommersant s'est juré de vous résumer en 4 minutes... moi je ne prends pas ce pari-là, mais pour vous rappeler l'essentiel on retiendra la reconnaissance du mariage uniquement entre un homme et une femme, la référence à Dieu dans la Constitution, l'indexation des pensions de retraites et des aides sociales garanties au-dessus du seuil de pauvreté ; des pouvoir renforcés pour le Président, une immunité pour les ex-présidents... et une remise à zéro des compteurs du nombre de mandats présidentiels pour Vladimir Poutine. Autant dire, et forcément c'est cet aspect-là qui écrase tous les autres, que le chef de l'Etat Russe qui dirige de facto le pays sans interruption depuis 20 ans, pourra rester en fonction au-delà de 2024, théoriquement jusqu'en 2036.

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Mais ça, vous l'avez sans doute déjà entendu sur France Culture ou lu dans la presse française.  Ce que les journaux russes nous laissent entrevoir aujourd'hui, alors que débute le vote électronique das un premier temps pour ce référendum qui se tiendra vraiment le 1er juillet, c'est que tout, vraiment tout, a été organisé pour que les Russes aillent voter et participent au "plebitsit'" (c'est comme ça qu'on dit "référendum" en russe) voulu par Vladimir Poutine.

Rappelons que le vote était au départ prévu en avril mais a été reporté pour cause de Covid-19, et que les dernières mesures de confinement ont été levées très opportunément ce mardi.

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C'est un timing très serré et très politique qui a été appliqué, constate la BBC : mardi, autorisation de réouverture des cafés, des terrains de jeux pour enfants et des salles de sports ;  mercredi, grand défilé militaire pour célébrer les 75 ans de la victoire à la 2e guerre mondiale ; et jeudi, donc, lancement du vote pour le référendum. D'abord, nous explique le journal Vesti, on pourra voter dans des bureaux de vote électronique installés dans des lieux stratégiques des grandes villes, les centres commerciaux, les gares et aéroports, les avenues passantes. Des sortes de distributeurs automatiques de vote,  où l'on peut participer au référendum le plus implement du monde, en prenant simplement soin de prévenir son bureau de vote habituel qu'on va voter en avance et à distance. 

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Alors bien sûr, note Vesti, cette façon de voter très pratique est aussi plus intéressante d'un point de vue sanitaire pour limiter les grands regroupements d'électeurs... mais en ce qui concerne la fiabilité du vote électronique, il y a quand même de sérieux doutes d'après le site d'info Meduza : on s'y étonne que certains bureaux de vote moscovites ont reçu plus de demandes de vote électronique qu'il n'y a d'électeurs inscrits sur leurs listes. "Un habitant de Moscou en age de voter sur 7 s'est inscrit pour voter à distance" à partir d'aujourd'hui, ça paraît énorme et ça fait planer de sérieux doutes sur la véracité de ces votes électroniques.

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Plus troublant encore, certains médias dénoncent un système de surveillance mis en place pour s'assurer que les fonctionnaires et salariés des grandes entreprises iront bien voter au référendum le 1er juillet. Ce que le pouvoir poutinien craint plus que tout chez les électeurs russes, c'est la lassitude et la tentation de l'abstention : l'adoption des amendements est une évidence, mais il faut un score sans équivoque pour le "Oui", et de nos jours il devient de plus en plus compliqué de bourrer tout bonnement les urnes (quoique). 

Alors selon Reuters et Meduza à nouveau, l'Etat se serait arrangé pour que les plus gros employeurs du pays, entreprises et administrations, fassent pression sur leurs salariés pour qu'ils aillent bien voter. Et comme carotte pour les attirer aux urnes, "de grands jeux-concours seront organisés dans les bureaux de vote avec des voitures et des appartemments à gagner". 

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Là où la sympathique loterie devient un vrai système de surveillance, c'est quand on apprend que pour participer au jeu, les électeurs devront scanner un QR-code personnel qui leur aura été donné à l'avance... et qui permettra in fine de savoir qui est allé voter ou pas.  

Les enquêtes de Reuters et Meduza ne disent pas les conséquences auxquelles s'exposeraient les abstentionnistes, mais le système est suffisamment retors pour dissuader ceux qui auraient été tentés de voter avec leurs pieds. Il n'y a pas à dire : tout a été sacrément bien réfléchi pour le "plebitsit" de Vladimir Poutine.  

Très loin de Moscou, au Brésil l'épidémie de Covid-19 continue de flamber et s'immisce même dans les régions les plus reculées de la forêt amazonienne.

Oui et c'est un indicateur assez clair de la profondeur de la contamination dans la société brésilienne, au-delà des chiffres des ces derniers jours qui décomptaient jusqu'à 5000 morts chaque jour en début de semaine. Le Brésil est vraiment dans le dur de la pandémie, reconnaît l'édition lusophone d'El Pais,  ça pourrait malheureusement durer puisque l'hémisphère Sud vient juste d'entrer dans l'hiver... et donc, pour ne rien arranger, la Covid-19 diffuse très profondément dans le pays, jusque chez les tribus indigènes les plus isolées d'Amazonie. 

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346 morts, pour le moment dans ces petites communautés qui vivent la plupart du temps coupées du reste du monde mais qui depuis des années voient leurs territoires squattés par des orpailleurs, des mineurs illégaux qui non seulement dénaturent leur environement mais leur ramènent aussi les maladies qui circulent. L'accès à des hopitaux dignes de ce nom est tellement compliqué, le manque d'information sanitaire si grand, que d'après le quotidien brésilien O Globo, "les taux de contamination et de mortalité  chez les peuples autochtones sont trois fois plus élevés que dans le reste de la population"

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Le journal en ligne Nexo, lui, ajoute que ces nombreux décès chez les membres les plus agés des communautés risquent de désorganiser dangereusement ces dernières, tant les aînés, dans ces ethnies, ont un rôle incontournable d'autorité morale, de gardiens de la spiritualité mais aussi de la mémoire collective. Voilà ce qui fait dire à un membre de la communauté Munduruku que "cette épidémie est en train de détruire [son] peuple, [sa]culture et [son] identité".     

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Et tout cela malheureusement c'est une vieille histoire qui se répête : il faut se souvenir avec Joana Oliveira d'El Pais qu'à la fin des années 80, quand les chercheurs de pièces précieuses étaient arrivés en territoire Yanomami, les populations autochtones avaient perdu 20% des leurs en quatre ans. C'est à cette époque qu'elles avaient redécouvert le sens de ce mot de leur langue, "Xawara, la maladie que les Blancs amènent avec eux". Une nouvelle xawara est arrivée chez les Yanomami... et selon El Pais Brasil, elle menace au bas mot 40% de leur population.

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