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Manifestants contre la réforme du code pénal à Jakarta

Un nouveau code pénal moraliste réveille la jeunesse indonésienne

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Une réforme du code pénal en Indonésie prévoit d"interdire le sexe hors mariage et l'homosexualité, entre autres atteintes aux droits civils. Des mainfestations d'étudiants ont poussé le président Widodo à en repousser l'adoption. Volodymyr Zelensky, victime colatérale du nouveau scandale Trump ?

Manifestants contre la réforme du code pénal à Jakarta
Manifestants contre la réforme du code pénal à Jakarta Crédits : Andrew Gal - AFP

Nous sommes ce matin en Indonésie où une réforme du code pénal soulève de nombreuses critiques.

Des critiques, des débats, et surtout des manifestations d'étudiants, ce mardi soir et encore aujourd'hui, qui ont tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Elles se déroulent à Jakarta, dans le quartier autour du Parlement indonésien car c'est là, nous explique The Guardian, que risquait d'être voté la fameuse réforme du code pénal. A moins qu'il ne s'agisse d'une loi morale qui ne dit pas son nom : ce que les milliers de jeunes Indonésiens voulaient bloquer, en descendant dans les rues de la capitale, c'est donc un projet de loi qui pénaliserait de facto les relations sexuelles hors mariage, le concubinage et l'homosexualité.. 

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La tentation d'imposer un nouvel ordre moral, donc en Indonésie... pas moins de 18 articles posent problèmes en ce qu'ils représentent une menace aux libertés individuelles selon Kate Lamb, du Guardian donc, qui précise que "le code pénal indonésien était jusque-là assez progressiste, hérité en grande partie du droit néerlandais de l'époque colonial", mais que les députés dont la session parlementaire s'achève cette semaine voulaient voter la réforme mardi avant de faire leurs valises.

Finalement, nous apprend CNN Indonesia, après les manifestations de mardi et les violences qui ont suivi, le président Joko Widodo a décidé de repousser le vote du Parlement... pas de retirer le texte mais bien d'en repousser l'adoption à la prochaine session du Parlement, qui s'ouvrira en octobre... en espérant que d'ici là la pression de la rue sera un peu retombée. 

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Pourtant il y a de quoi s'inquiéter, à lire ce qu'en dit le quotidien local Tempo : non seulement il y a ces mesures moralistes, mais le projet de loi dissimule aussi un article très flou sur les "lois existantes", et l'on craint qu'il ne permette de légitimer et de renforcer des mesures discriminatoires tirées de la sharia , en vigueur au niveau local et qui pourraient gagner un poids législatif beaucoup plus important. On parle aussi de renforcer les peines contre le crime (je cite) de blasphème envers le président, le vice-président ou l'Etat... un crime qui est "notoirement invoqué en Indonésie pour réprimer les minorités religieuses et l'opposition politique". D'ailleurs, et j'en finirai avec la liste des récriminations, le nouveau code pénal prévoit aussi de rendre illégal tout lien avec des organisations marxistes-léninistes et de criminaliser la pratique de la magie noire !  

Mais si le vote au Parlement a été reporté, l'histoire ne s'arrête pas là, car il y a de fortes chances que le texte ne revienne à l'ordre du jour du nouveau parlement dès la semaine prochaine, et vu le poids croissant des partis islamiques conservateurs dans l'hémicycle, la réforme devrait passer sans problème.  

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Les étudiants mobilisés mardi le savent, ils ne comptent pas retourner si facilement à leurs chères études : le magazine Kompas voit dans les manifestations de ces derniers jours le signe d'un réveil de la jeunesse indonésienne, d'une conscientisation politique en train de renaître... le mouvement étudiant sort de son sommeil, anesthésié qu'il était, comme tout le peuple indonésien nous dit Kompas, par le poids des inégalités grandissantes et de la corruption généralisée. Avec la contestation du nouveau code pénal, il se jouerait donc quelque chose de l'ordre du retour de la société civile en Indonésie. On verra dans les prochaines semaines si c'est là un excès d'optimiste ou une véritable phénomène social.

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En tous cas il y a un autre aspect de cette affaire qui fait qu'elle n'est sans doute pas terminée : le South China Morning Post soulève le fait que ces lois morales, notamment le fait d'interdire de loger sous le même toît à des couples non mariés, risquent de porter un coup très dur au tourisme en Indonésie. On pense notamment à Bali et à ces charters entiers de "jeunes couples blancs venus ouvrir leurs shakras, boire des jus de légumes et poster les photos sur Instagram" (ce n'est pas moi qui le dit c'est le South China Morning Post). Les touristes aussi seraient concernés par le nouveau code civil ; déjà l'Australie a anticipé la réforme dans ses recommandations aux voyageurs se rendant dans l'Archipel, et il y a déjà eu des annulations de voyages. 

Vu le poids de l'industrie touristique dans l'économie indonésienne, c'est peut-être bien cet aspect-là de la question qui fera plier le président Joko Widodo.

Un autre président dans la tourmente, c'est l'Ukrainien Volodymyr Zelensky. 

Il joue les seconds rôles dans la nouvelle super-production américaine, l'enquête en destitution lancée contre Donald Trump accusé d'avoir fait pression sur Zelensky pour lui soutirer des informations compromettantes contre le candidat démocrate à la Maison blanche Joe Biden.  Volodymyr Zelensky, donc, se serait bien passé de ce rôle de figurant dans cette affaire qui tient la Une dans le monde entier. 

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D'autant plus depuis hier, depuis que tous les journaux ont publié l'intégralité de la conversation téléphonique en question entre les deux présidents : l'Ukrainien, nous dit le journal Gazeta-po-ukrainskiy, "ne voulait pas que le contenu du coup de fil soit étalé sur la place publique". "Les discussions entre chefs d'Etat devraient rester confidentielles", affirme-t-il dans un article du média citoyen Hromadske. D'ailleurs, précise Ukrainska Pravda, la Maison blanche "ne lui a pas demandé son avis avant de livrer la transcription à la presse".  

Car Volodymyr Zelensky, dans cette fameuse conversation avec Trump, dit des choses qu'il n'aurait pas voulue voir révélées, comme ses critiques sur l'inaction et le manque de courage d'Angela Merkel et d'Emmanuel Macron face à la Russie de Vladimir Poutine sur la guerre dans le Donbass. Le président ukrainien sait bien que ces mots ont été lus à Paris et Berlin et qu'il va devoir s'en expliquer auprès de ses partenairs européens. Il sait aussi que Poutine lui-même a du apprécier le ton très déférent, voire fayot, que garde Zelensky pendant toute la discussion avec Donald Trump. 

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Enfin, il y a cette phrase, notée par Ukrainska Pravda, dans laquelle le président ukrainien rassure l'Américain. Il lui explique que, comme son parti vient de remporter haut-la-main les élections législatives, il va pouvoir nommer un procureur général, je cite,  "qui sera son homme à 100%", et relancera sans broncher l'enquête sur les Biden en Ukraine. En terme de séparation des pouvoirs, d'indépendance de la Justice en Ukraine, ça peut poser question. Comme dirait l'autre, "un président ne devrait pas dire ça", même au téléphone avec Donald Trump.

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