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Le Sea-Watch 3 au mouillage près du port de Lampedusa

Sea-Watch 3, l'honneur de désobéir

6 min
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La presse italienne salue globalement le courage de Carola Rackete, 31 ans, capitaine du navire humanitaire Sea-Watch 3 qui a forcé le blocus italien pour aller débarquer 42 migrants dans le port de Lampedusa. Jaïr Boslonaro éclaboussé par un scandale de stupéfiants. Il pleut (enfin) en Inde.

Le Sea-Watch 3 au mouillage près du port de Lampedusa
Le Sea-Watch 3 au mouillage près du port de Lampedusa Crédits : AFP

Le journal italien La Repubblica salue ce matin "l'honneur de désobéir"   

Le quotidien fait référence à la situation intenable du navire humanitaire Sea-Watch 3, en Mer Méditerranée : 42 migrants épuisés à bord depuis deux semaines, et aucun pays européen qui n'accepte d'ouvrir ses ports au bateau. Alors hier la capitaine, l'allemande Carola Rackete a pris la décision de forcer le blocus imposé par Matteo Salvini, d'entrer dans les eaux italiennes "quoi qu'il en coûte" pour aller débarquer dans le port de Lampedusa. 

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Depuis, précise La Repubblica, le bateau et ses occupants ont été arraisonnés par les garde-côtes, ils n'ont pas poussé l'affront jusqu'à débarquer vraiment, précipitant une confrontation physique, mais ils ont passé la nuit, une de plus, en mer, à 3 miles marins du port.  

Quoi qu'il advienne désormais, le "choix de Carola", comme l'écrit le journal, aura été le bon : celui de l'urgence humanitaire qui s'impose, celui donc de la "désobéissance" aux règles, quand les règles sont inhumaines.  C'est Gad Lerner, grand écrivain et journaliste de gauche italien, qui signe ce point de vue dans La Repubblica, et il salue, donc la réaction de la capitaine âgée de 31 ans :  elle-même épuisée, écœurée par l'indifférence européenne, elle a fait ce choix de la désobéissance, en sachant très bien qu'elle risque la prison dès qu'elle aura posé un pied à terre.  

Mais il en va de la vie de 42 personnes, de l'honneur d'un continent entier, et peut-être aussi, écrit Gad Lerner, de la virilité mal placée de Matteo Salvini : lui qui criait hier soir que Sea-Watch lui "casse vraiment les couilles", lui qui qualifiait la capitaine Rackete de "fanfaronne" (et encore cette traduction édulcore le côté misogyne et paternaliste du mot italien "sbruffoncella"), Salvini donc, et "ses incessantes références génitales viriloïdes", selon Gad Lerner, "se voit rabaisser le caquet par une courageuse jeune femme"... et rien que pour ça, mérite doit être rendu à Carola Rackete. 

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"Capitaine, mon capitaine", titre le quotidien de gauche Il Manifesto qui, pour faire ressortir le mérite de la jeune femme, cite certains propos tenus par d'autres leaders de droite italienne proche de Salvini. Giorgia Meloni, par exemple, du parti nationaliste Fratelli d'Italia a déclaré ceci à la presse :  

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Giorgia Meloni donc pour qui "Sea-Watch 3, parce qu'il viole les lois italiennes et européennes, doit être saisi par la Justice, son équipage arrêté, les migrants à son bord renvoyés d'où ils viennent, et le bateau lui-même envoyé par le fond". Voilà le genre de propos qu'on entend dans les médias transalpins, pour vous dire que l'apologie de la désobéissance civique est loin d'être unanime. 

Mais dans Il Fatto Quotidiano, Massimiliano Fregolla met tout de même en garde Matteo Salvini : "Vous n'êtes pas le seul à détenir le pouvoir, il y a un État de droit en Italie qui ne permet pas toutes les manœuvres politiciennes... et la population italienne ne se retrouve pas derrière vos sorties haineuses de hooligan. De plus en plus d'Italiens se sentent insultés par vos excès et vos insultes contre les soi-disant 'bien-pensants'", prévient le journaliste. 

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Le problème, conclut Pietro Salvatori dans le HuffPost Italie, c'est qu'il n'y a aucune voix qui s'élève contre Salvini au gouvernement. Le président du Conseil Giuseppe Conte et son vice-président Luigi Di Maio ont "trop peur d'affaiblir la position italienne face à Bruxelles en plein bras de fer budgétaire", alors ils rechignent à affronter vraiment leur allié d'extrême-droite. "Ce silence de Conte et di Maio, commente Pietro Salvatori, est au moins aussi embarrassant et honteux, pour l'Italie", que les éructations de Matteo Salvini.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro qui est éclaboussé par une affaire de trafic de cocaïne.  

C'est l'Estadao de San Paolo qui a révélé ce scandale, repris ici par la chaîne vidéo du magazine Veja:   

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C'est donc un militaire de l'armée de l'air qui a été arrêté mardi à Séville en Espagne avec 39 kilos de cocaïne dans sa valise, le détail important étant que la drogue a voyagé dans un avion de l'escorte présidentielle : le militaire en question faisait partie de la délégation qui devait accompagner le président Bolsonaro au Japon pour le G20 et qui était partie en avant pour lui ouvrir le chemin.  

Voilà pour les faits, qui forcément défraient depuis 24 heures la chronique brésilienne. A lire la Folha de Sao Paulo, on comprend "l'inconfort", pour le moins, dans lequel cette découverte a placé la présidence, l'armée et les services secrets. "Le tort causé à l'image du pays est colossal"(on confirme), Bolsonaro a eu beau déclarer très vite à O Globo que "le comportement du sergent-trafiquant de drogue était inacceptable et qu'il devrait être sévèrement puni"... il n'empêche que ça fait tache, dans son entourage proche. 

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En enquêtant sur le fameux sergent, La Folha a découvert que le militaire était depuis 2015 au service rapproché de la présidence, qu'il avait effectué au moins 29 voyages officiels à l'étranger avec les trois derniers chefs de l’état brésiliens ; en général, la règle aéroportuaire internationale veut que ces délégations auxquelles il appartenait ne soient pas contrôlées, ni leurs membres ni leur bagage. C'est pratique pour dissimuler un trafic de drogue à grande échelle... El Pais Brésil indique que le militaire "n'avait même pas jugé bon de cacher la drogue sous des vêtements dans sa valise".

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Pour tenter de minimiser l'affaire, le vice-président Hamilton Mourao a qualifié le militaire arrêté à Séville de simple "mule", comme on surnomme ces personnes recrutées par des trafiquants pour transporter de la drogue d'un pays à un autre... mais la presse brésilienne ne semble pas vraiment décidée à classer l'affaire aussi vite.

Une information très attendue en Inde : il pleut enfin sur la ville de Chennai.  

Chennai, c'est sur la côte sud-est de l'Inde, et "enfin, il pleut !", semblent dire les nombreuses vidéos d'averses postées hier soir par des habitants de la ville sur les réseaux sociaux.

Rien de plus que des images et du son de pluie qui tombe, mais c'est une info de première importance car la saison des pluies se faisait jusque-là cruellement attendre dans cet État de Tamil Nadu, et la sécheresse atteignait un niveau vraiment inquiétant.

Le quotidien anglophone The Hindu cite un député local qui affirme que "l'eau là-bas coûte désormais plus cher que l'or" ; les habitants, jusqu'aux averses d'hier, dépendaient entièrement des approvisionnement par citernes financées (à prix d'or donc) par la Ville. Tous les réservoirs d'eau étaient à sec, pareil pour les puits. 

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Voilà qui en dit long sur la sécheresse que traverse plus largement l'Inde depuis des mois, et en particulier cette région de Chennai, devenue ce mercredi un symbole mondial de ce phénomène, nous explique la chaîne indienne NDTV, parce que l'acteur Léonardo Di Caprio en avait fait, sur son compte Instagram suivi par 32 millions d'abonnés, un message alarmant sur les pénuries d'eau et la situation sanitaire intenable. 

Post Istagram de Lenoardo Di Caprio sur la sécheresse en Inde
Post Istagram de Lenoardo Di Caprio sur la sécheresse en Inde

Depuis, la pluie est enfin tombée, hier et en trombes, sur la ville qui a d'ailleurs rapidement été envahie par plusieurs centimètres d'eau que le sol asséché ne parvenait à boire. The Times of India prévoit trois jours de précipitations sur Chennai, qui va donc passer directement du régime sec à la mousson... avec un risque important d'inondations. 

En tous cas, l'élu local cité par The Hindu, témoigne des nombreuses tensions et "manifestations de la soif" qui ont éclaté ces derniers jours dans L’État de Tamil Nadu : et de prophétiser : "la prochaine guerre, en Inde, sera une guerre pour l'eau".

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