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Joie des écologistes après la condamnation de Shell, La Haye, le 26/05/21

Juges et actionnaires somment les géants du pétrole de s'engager dans la transition énergétique

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Exxon, Chevron et Shell ont vu leurs directions contestées mercredi par leurs actionnaires et la Justice car ils ne s'engageaient pas assez vers la sortie du tout-pétrole et la réduction des émissions de C02. Retrouvailles chez Friends, mort du père de "la chenille qui fait des trous" : nostalgie.

Joie des écologistes après la condamnation de Shell, La Haye, le 26/05/21
Joie des écologistes après la condamnation de Shell, La Haye, le 26/05/21 Crédits : Remko de Waal - AFP

Il s’est incontestablement passé quelque chose ce mercredi 26 mai 2021, du côté des géants du pétrole mondial.

Plutôt trois fois qu’une : Exxon, Shell et Chevron, trois grands noms du secteur de l’énergie font les grands titres de l’actualité économique et environnementale, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Disons-le tout de suite, avec Steven Mufson du Washington Post, cette journée de mercredi a été une « sale journée » pour les grands pétroliers… mais sans doute restera-t-elle aussi comme un grand jour pour la transition énergétique.

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Trois évènements coïncidents : d’abord le néerlando-britannique Shell qui perd un procès tonitruant au Pays-Bas, une décision de justice qui oblige le groupe à tenir les engagements de la Cop21 et donc, détaille De Volkskrant, à réduire de 45% ses émissions de CO2. C’est un "coup de tonnerre", écrit Marcus Jung dans la Frankfurkter Allgemeine Zeitung, car la justice néerlandaise réaffirme que ceux qui polluent le plus et ont les moyens financiers d’innover pour inverser la tendance, ont la responsabilité légale de le faire et ne considérait l’accord de Paris que comme des mots en l’air…

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Ensuite, chez les américains Chevron et Exxon, nous explique The Financial Times, on tenait les assemblées générales des actionnaires, et elles se sont toutes les deux soldées par des votes hostiles aux directions actuelles, des "camouflets" en forme d’injonction, là aussi, à ne plus s’entêter dans le tout-pétrole et à investir  vraiment, massivement, dans les énergies renouvelables. Chez Exxon, le plus emblématique des groupes pétroliers américains, le plus réticent aussi à respecter les engagements de la transition énergétique, les grands actionnaires de Wall Street se sont rangés derrière un petit groupe d’investisseurs militants pour leur obtenir deux places au sein du conseil de surveillance, une première : Exxon fait de la place autour de la table du Conseil à ces deux sortes de Jiminy Cricket, ses bonnes consciences écologistes.

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Chez Chevron, le N°2 américain derrière Exxon, un scénario similaire s’est déroulé, sans toutefois de siège obtenu au conseil de surveillance précise The Guardian, mais tout de même : en assemblée générale, les actionnaires ont voté à 61% en faveur d’une motion, lancée par un lobby écologiste néerlandais, pour obliger la direction du groupe, là encore, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il y a là, écrit Jilian Ambrose, une prise de conscience, certes tardive mais réelle, des milieux financiers américains sur le fait "qu’aucun investissement n’est sûr dans une économie mondiale ravagée par le changement climatique". 

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Le monde de la finance va-t-il donc enfin, dans une vision pragmatique de ses propres intérêts, prendre sa part dans un changement de paradigme qui, de toute façon, ne pourrait pas se faire sans lui ? The Financial Times constate que pour le moment le cours des actions de Shell comme d’Exxon n’ont pas dévissé en bourse, signe qu’il n’y a pas de panique du côté des investisseurs qui ont exigé ces changements et les assument aujourd’hui. Pour The Wall Street Journal, on est face à une remise en cause fondamentale du modèle pétrolier, et c’est dans la droite lignée du tournant environnemental opéré depuis quelques mois par le plus gros et le plus influents des gestionnaires d’actifs privés au monde : la société Blackrock et son PDG Larry Fink qui conseillent dans leurs investissements des fonds de pension à hauteur de milliers de milliards de dollar chaque année. Les appels à verdir l’économie mondiale commencent à porter leurs fruits du côté des actionnaires de grands groupes pétroliers ; il ne reste plus qu’à vérifier que les dirigeants exécutifs de ces groupes mettent vraiment en œuvre cette prise de conscience. 

Derrière l’odeur du pétrole, il y a aussi comme un parfum de régression et de nostalgie dans l’actualité internationale.

Celaa tient en quelques notes de musique, quelques claquement de mains aussi : 

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Les vrais enfants des nineties savent, il suffit d'entendre les premières notes du générique de la série américaine Friends, diffusé à partir de 1994, mais dont la plateforme HBO Max a organisé la nuit dernière les retrouvailles pour un épisode évènement, hyper-marketé, qui il faut bien le dire suscite des grands titres de presse un peu partout à travers le monde tant la série a marqué l’essor de la télé mondialisé dans les années 90 et a connu un regain de popularité chez les plus jeunes avec sa diffusion sur Netflix l’an dernier.

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Friends, pour Hector Llanos Martinez d’El Pais, c’est une dose de nostalgie régressive en guise de "placebo" pour notre époque, un vieux gimmick qu’on est heureux de retrouver juste parce qu'il a le confort des choses stables, chaleureuses et rassurantes venue d’un passé que l’on imagine moins précaire que notre présent. A priori, l’effet fonctionne sur beaucoup de monde, et le matraquage médiatique organisé par HBO ne gâte rien. Pour info la soirée spéciale retrouvailles de Friends a été achetée en France par TF1 et sera diffusée ce jeudi sur la plateforme de streaming Salto.

Et puisqu’on parle des délices de la régression nostalgique, j’y plonge plus profondément encore pour m’émouvoir, avec un nombre impressionnant, là encore, de titres de presse aussi bien en Europe qu’en Amérique, de la mort d’Eric Carle. Un nom qui n’éveille peut-être rien chez vous, mais Eric Carle était l’auteur d’un monument de la littérature jeunesse, "la Chenille qui fait des trous", un titre peut-être plus évocateur si vous avez appris à compter avec cette "very hungy caterpillar".

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Le livre date de 1969 et  s’est écoulé à plus de 55 millions d’exemplaire, et reste aujourd’hui encore une référence en matière de livres pour touts-petits. The New York Times a été le premier à lui consacrer une nécrologie touchante, comme si c’était l’enfant ou le parent reconnaissant en nous tous qui l’avait écrite. 

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On découvrira au passage l’histoire incroyable de la famille Carle, des émigrés allemands aux Etats-Unis qui ont décidé de repartir en Allemagne en 1929 et se sont retrouvés pris dans la tourmente de la deuxième Guerre Mondiale. Il y a toujours beaucoup de sérieux derrière la légèreté des a-plats de couleurs qui font les livres d’Eric Carle, et c’est aussi pour ça que sa mort nous touche autant aujourd’hui.

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