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Allocution télévisée de Narendra Modi sur le missile anti-satellite

L'Inde de Narendra Modi s'affirme dans la "guerre des étoiles"

6 min
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Le Premier ministre indien annonçait mercredi que son pays a réussi son premier test d'un missile anti-satellite : prouesse militaro-spatiale ou gadget électoraliste ? A Istanbul, le président turc Erdogan veut refaire d'ex-basilique Sainte-Sophie une mosquée. Brexit : les huit "non" du Parlement.

Allocution télévisée de Narendra Modi sur le missile anti-satellite
Allocution télévisée de Narendra Modi sur le missile anti-satellite Crédits : NARINDER NANU - AFP

Parmi les mille et unes manières de gagner une élection, le Premier ministre de l'Inde a choisi celle qui passe par l'espace. 

Narendra Modi face à son peuple, hier, dans une allocution télévisée où il avait une grande nouvelle à annoncer. 

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L'Inde, annonce Modi, a réussi sa "mission Shakti", mission "puissance", en sanskrit : elle a lancé un missile spécial qui a abattu en pleine course un satellite en orbite à 300 km de la Terre. Le premier ministre, sûr de son effet, ajoute fièrement que jusque-là seul trois pays étaient capables d'une telle prouesse, les Etats-Unis, la Russie, et la Chine.  

A ce stade, impossible de ne pas rappeler, avec le Times of India, que dans deux semaines 900 millions d'électeurs indiens sont appelés aux urnes, pour des élections générales dans lequelles la victoire est loin d'être acquise au BJP de Narendra Modi. Il fallait donc donc frapper les esprits, et c'est exactement ce qu'a  fait le Premier ministre, à un moment politique savamment choisi. 

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Si l'on en doutait, on lira dans le quotidien The Economic Times cette interview d'un ancien patron de l'agence aéronautique indienne, qui nous explique que "l'Inde en fait maîtrisait la technologie de ce missile anti-satellite depuis plus d'une décennie, mais qu'elle n'avait pas jusqu'à hier la volonté politique de l'utiliser". 

Et voilà qui fait dire à l'opposition menée par Rahul Gandhi, dans The Deccan Herald, qu'on a assisté hier sous couvert d'innovation spatiale, à un "grand théâtre" électoraliste, avec un Narendra Modi qui n'hésite pas à rejouer "la Guerre des Etoiles" pour séduire les électeurs, leur faire lever les yeux vers l'espace pour "détourner l'attention des vraies problématiques beaucoup plus terrestres qui préoccupent la population". 

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Mais jouer la carte de la militarisation spatiale, c'est loin d'être anodin, s'inquiète le gouvernement au Pakistan voisin, regrettant "que l'espace soit de moins en moins un sanctuaire de paix et de coopération internationale".  Dans une interview au Financial Times, le Premier ministre pakistanais Imran Khan se dit préoccupé par l'attitude de plus en plus hostile et militariste de l'Inde, laquelle, on le rappelle, a tiré fin février un missile (bien terreste celui-ci) en territoire pakistanais, sur ce qui était présenté comme un camp d'entrainement terroriste proche du Cachemire. On est encore passés à deux doigts de la guerre ouverte, entre les deux puissances nucléaires de l'Asie.

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Enfin, analyse le New York Times, en montrant les muscles jusque dans l'espace, l'Inde de Narendra Modi se mesure aussi à la Chine, son éternel rival, et ça n'augure rien de bon dans "la surenchère technologique et militaire que se livrent les deux pays les plus peuplés du monde". 

Mille et une façon de gagner une élection, cette fois en Turquie où le président Erdogan joue la carte du nationalisme islamique. 

Recep Tayyip Erdogan qui, par deux fois depuis dimanche, glisse dans des interviews télévisées qu'il songe à transformer le musée Sainte-Sophie à Istanbul, en "mosquée Sainte-Sophie". L'ancienne basilique chrétienne, épicentre du monde bizantin devenue mosquée au XVe Siècle après la Chute de Constantinople, redeviendrait donc un lieu de culte musulman : le journal en ligne Ahval cite Erdogan qui explique que c'était "une grosse erreur", en 1935, d'accepter que ce haut-lieu de l'histoire mondiale soit déconsacré et transformé en musée sous l'égide de l'UNESCO. 

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C'est le genre de dossier qu'on ne ressort pas par hasard, nous explique The Middle East Eye, et en le faisant, le président turc poursuit plusieurs buts : il riposte face à Donald Trump, qui a fâché Ankara et tout le Moyen-Orient arabe en reconnaissant le plateau syrien du Golan comme territoire israélien ; mais il donne aussi une coloration très religieuse et nationaliste à la fin de la campagne pour les élections municipales qui auront lieu dimanche. 

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Un scrutin, nous dit encore le Middle East Eye, pour lequel les sondages prédisent des difficultés à la majorité présidentielle, en particulier à Istanbul. En évoquant la future "mosquée Sainte-Sophie", on flatte donc l'électorat conservateur, mais on remet aussi un peu d'huile sur le feu savamment entretenu des relations de mauvais voisinage avec la Grèce. 

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A Athènes, le quotidien E Kathimérini note que la Turquie multiplie depuis quelques jours les signaux hostiles : des avions de chasse turcs qui abordent en vol l'hélicoptère du premier ministre Tsipras pour l'escorter de force lundi au-dessus de la Mer Egée ; des violations de l'espace aérien grec de plus en plus fréquentes ; et donc cette idée de refaire de Sainte-Sophie une mosquée, vécue comme une attaque directe par la Grèce qui se considère comme dépositaire de l'héritage orthodoxe de Constantinople. Là encore, Erdogan fait d'une pierre deux coups : rien ne peut plus plaire à sa base électorale nationaliste que de le voir énerver les vieux ennemis grecs. 

En un mot, enfin, les dernières nouvelles du Brexit.  

Un mot, deux lettres, mais martelées huit fois sur la Une du Guardian ce matin : "Le Parlement a enfin tranché : c'est non. Non. Non. Non. Non. Non. Non. Et non" !

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Huit fois, comme les huit alternatives proposées hier au vote à la Chambre des Communes, huit scenarii autres que l'accord de Brexit négocié par Theresa May et déjà deux fois rejeté par les députés. 

Aucune alternative n'a donc trouvé de majorité, le désespoir est total à Westminster, et même le fait que la première ministre ait promis d démissionner si son accord était validé lors d'un troisième vote ne semble pas en mesure de débloquer la situation : le principe même d'un troisième vote est refusé par le speaker John Bercow, et de toute façon les unionistes du DUP redisent qu'ils n'approuveront pas l'accord. 

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Alors à défaut d'avoir des idées à proposer pour sortir de l'impasse, les journaux britanniques passent le temps en faisant des jeux de mots :   "Back Me an Sack me", soutenez-moi et virez-moi, c'est le marché proposé par Theresa May aux députés selon The I ; "Vote Brexit and I will Exit", ça c'est la version MetroNews ; enfin le Daily Mirror se permet, l'heure est grave, le jeu de mot facile entre le nom de la Première ministre et le mois de Mai : ça donne "The end of May", avec l'image d'un calendrier à la date du 22 mai, le jour où la chef de gouvernement consentira à prendre la porte du 10 Downing Street... si d'aventure elle arrive à faire accepter son Brexit.

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