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Manifestation anti-Brexit devant le 10 Downing street à Londres

Brexit : Johnson musèle le Parlement et divise la presse britannique

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En provoquant un mois de suspension du Parlement juste avant la date prévue pour le Brexit, Boris Johnson tente un coup politique diversement apprécié par les journaux britanniques. Enquête sur un milliardaire américain, prochoe de Donald Trump, au coeur du business de la déforestation en Amazonie.

Manifestation anti-Brexit devant le 10 Downing street à Londres
Manifestation anti-Brexit devant le 10 Downing street à Londres Crédits : DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

Sans surprise, ce matin la presse britannique est très partagée, après le "coup" asséné hier au Parlement par le Premier ministre Boris Johnson. 

Boris Johnson qui ordonne la suspension du travail des parlementaires, pendant un mois, juste avant la deadline du Brexit le 31 octobre ; un moyen de les empêcher de débattre vraiment et de rendre impossible une sortie de l'UE sans accord. La manoeuvre est "osée", de l'avis de tous les journaux, même si tous ne mettent pas la même appréciation derrière ce terme.

Une fois n'est pas coutume, on va commencer par les quotidiens qui applaudissent le "coup" de Johnson. Et ils sont plutôt nombreux, avec d'ailleurs une même réthorique que je vous laisse apprécier : sur les Unes des tabloïds pro-Brexit, The Sun et The Daily Mail, on nous montre un  Boris Johnson en position de boxeur, poings serrés, prêt à frapper. 

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"Boris enlève les gants", titre le Mail, tandis que pour le Sun "Boris le 'couillu' (pardon my french) descend dans l'arène, prêt à se battre" : à lire ces journaux, on comprend qu'il faudrait louer ce courage qu'il a de couper l'herbe sous le pied de députés jugés "rebelles" et trop procéduriers qui n'ont fait depuis des mois que d'empêcher que s'applique enfin la décision du peuple britannique. 

BoJo ferme donc le Parlement pour mener à bien le Brexit, une bonne fois pour toute : finalement (c'est le titre du Daily Telegraph), "le Premier ministre ne fait que remplir sa mission : il met en oeuvre la volonté de la Nation", la sortie, donc, de l'Union Européenne. 

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"Les dés sont jetés", advienne que pourra, mais au moins ce Brexit sera derrière nous le 31 octobre, voilà ce qu'écrit en substance The Daily Express... qui déforme tout de même un peu la réalité, en laissant penser à son lecteur que la Reine soutient la démarche de Boris Johnson. Nuance, rectifie The Guardian, "Elisabeth II a donné son accord, c'est le protocole, mais elle s'est bien gardée d'exprimer le moindre soutien".  

Car la presse opposée au Brexit, à commencer par le Guardian, est pour sa part très remontée ce matin contre le Premier ministre. 

The Guardian fait justement sa Une sur la colère suscitée dans les rangs du Parlement, mais aussi dans la population britannique, à l'annonce de cette fermeture temporaire et opportuniste du Parlement.  C'est "un affront à la démocratie, un outrage constitutionnel", ça ce sont les propos du speaker du Parlement John Bercow, cités par le quotidien qui revient en détail sur la mobilisation de milliers de londoniens hier soir, sur la pétition qui comptabilise déjà un million d'opposants à Boris Johnson, et sur le fait que la décision de ce dernier pourrait "fédérer une union de la dernière chance, chez les députés de l'opposition mais aussi certains du camp conservateur, pour voter tout de même une loi empêchant toute sortie de l'UE sans accord".  

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Plus virulent, le Daily Mirror estime que BoJo a agi "en dictateur", en menant un "coup d'Etat" politique qui promet d'emporter le Royaume-Uni "dans le chaos". 

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Mais les plus désespérés, ce sont les quotidiens parus ce matin en Ecosse (on rappelle qu'une large majorité d'Ecossais a voté contre la sortie de l'UE en 2016). Pour The Scotsman, ce mercredi restera comme "un jour sombre pour la démocratie" ; à Glasgow, The Daily Record va encore plus loin et nous annonce d'emblée que "la démocratie britannique est morte" hier ; quand au National, toujours en Ecosse, il cite la Première ministre Nicola Sturgeon selon qui "maintenant qu'il semble clair que le Brexit aura bien lieu, l'indépendance écossaise est devenue inévitable".

Pendant que l'Amazonie brûle, le site d'investigation brésilien The Intercept cherche à identifier les responsables de ce drame écologique.  

The Intercept, qui opère au Brésil et aux Etats-Unis, fait partie de ces médias qui pensent qu'il faut s'attaquer aux causes des incendies plputôt qu'à leurs conséquences, dénoncer la déforestation et ses intérêts capitalistiques plutôt que, par exemple, d'imaginer replanter la forêt. Sa dernière enquête pointe du doigt deux sociétés brésiliennes qui sont au coeur du business de la déforestation, qui on le rappelle consiste à raser et incendier le poumon de la planète pour faire pousser à la place de très lucratives plantations de soja transgénique ou élevages intensifs de bovins. 

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Les deux sociétés en question, Hidrovias do Brasil et Patria Investimientos, possèdent et exploitent le port industriel flambant neuf de Mirituba, sur un affluent du fleuve Amazone, qui est le débouché incontournable pour exporter les produits issus des terres conquises sur la forêt. Ils ont aussi rendue possible la construction, à travers l'Amazonie, de l'autoroute BR-163 qui permet aux camions chargés de soja et de viande congelée, d'arriver à Mirituba pour y être exportés.  

La BR-163, dit The Intercept, c'est "la route de la destruction", et derrière ses promoteurs brésiliens, c'est ce que révêle l'enquête d'aujourd'hui, il y a un groupe financier américain. Pas n'importe lequel : Blackstone, un fonds d'investissement gigantesque et tentaculaire dont le PDG, Steve Schwarzman, se trouve également être l'un des plus gros donateurs privés aux campagnes électorales de Donald Trump ou encore du leader des républicains au Sénat américain, Mitch McConnel. 

Donald Trump et Steve Schwarzman à Washington en 2017
Donald Trump et Steve Schwarzman à Washington en 2017 Crédits : OLIVIER DOULIERY - AFP

L'auteur de l'enquête, Ryan Grimm, rappelle enfin que Jair Bolsonaro a jusque-là bénéficié d'un soutien sans faille de tout ce petit monde... c'est même à l'invitation d'une filiale de Blackstone qu'il s'est rendu en visite privée à New York au mois de mai. Ce même Jair Bolsonaro qui a promis peu de temps après de privatiser des pans entiers de l'autoroute BR-163, au profit bien sûr de la société Hidrovias.

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