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Mark Esper, chef du Pentagone, annonce que les Etats-Unis vont retirer quelques 12 000 militaires d'Allemagne

Les Etats-Unis veulent retirer près de 12 000 militaires d'Allemagne

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Pourquoi les Etats-Unis prennent-ils aujourd'hui cette décision ? Est-ce un plan stratégique, ou une punition envers Berlin ? Dans cette revue de presse internationale, il est également question d'une affaire qui touche actuellement le Premier ministre canadien.

Mark Esper, chef du Pentagone, annonce que les Etats-Unis vont retirer quelques 12 000 militaires d'Allemagne
Mark Esper, chef du Pentagone, annonce que les Etats-Unis vont retirer quelques 12 000 militaires d'Allemagne Crédits : Olivier DOULIERY / AFP - AFP

L'annonce a été faite par le chef du Pentagone Mark Esper.  Il y a actuellement 34 500 militaires américains déployés en Allemagne. L'idée de l'administration Trump est d'en retirer environ 12 000.  6 400 seront rapatriés aux Etats-Unis. 5 600 seront positionnés dans d'autres pays de l'Otan notamment la Belgique et l'Italie.  

Quel est l'objectif précis ? Il est difficile d'y voir clair. Pour le chef du Pentagone "il s'agit d'un changement stratégique. Relever le niveau de dissuasion des Etats-Unis et de l'Otan vis-à-vis de la Russie"'. Mais Donald Trump a un discours différent. Il estime que les Allemands ne versent pas assez d'argent à l'Otan. "On en a marre d'être des pigeons" déclare le président américain. "Nous réduisons nos forces parce qu'ils ne paient pas. C'est très simple. S'ils commençaient à payer leurs factures, je réfléchirais", conclut-il.

L'argument est curieux, comme le relèvent plusieurs médias américains.  CNN s'interroge. "En fait, écrit le site de la chaîne, la Belgique et l'Italie, les deux pays qui vont accueillir les troupes américaines en provenance d'Allemagne, dépensent un pourcentage encore plus faible que Berlin pour la défense". Information confirmée par le Washington Examiner:  "Alors que la dernière évaluation de l'OTAN situe les dépenses de défense allemandes en pourcentage du PIB à 1,36% en 2019, cette même évaluation estime que la Belgique n'a dépensé que 0,93% de son PIB pour la défense".

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Il est donc difficile de comprendre ce qui motive vraiment la décision. Elle est d'ailleurs critiquée y compris par certains républicains américains. Le sénateur Mitt Romney, ancien candidat à la présidentielle, la qualifie de grave erreur sur Twitter.

"C'est une gifle à un ami et allié, écrit-il, alors que nous devrions plutôt nous rapprocher dans notre engagement mutuel à dissuader les russes et les chinois". 

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Du côté de la presse allemande, Der Spiegel estime qu' il s'agit là d'une revanche de Donald Trump contre Angela Merkel à cause d'une aversion réciproque.  Le célèbre hebdomadaire allemand essaye malgré tout de rester philosophe.  "Cela aurait pu être pire, écrit-il. L'Allemagne est grand perdant du retrait des troupes, mais l'OTAN semble s'en être sortie une fois de plus. Et au final, les Allemands en profitent également. Près de la moitié des soldats retirés resteront sur le continent (...) c'est quand même mieux qu'un retrait total".

Le portail allemand Web.de, lui, s'inquiète.  Il regrette notamment que le commandement militaire américain en Europe basé à Stuttgart actuellement, déménage en Belgique.

"C'est un coup dur pour Stuttgart, écrit-il. Mais la situation est bien pire pour la région de l'Eifel, structurellement faible. Il ne restera probablement pas grand-chose de la base aérienne de Spangdahlem. L'escadron d'avions de chasse F16 qui y est stationné doit être retiré, y compris l'équipage, les forces de soutien et les techniciens. Cela aura des conséquences économiques considérables pour la région", peut-on lire.

De son côté le journal Die Welt estime qu'il faut raison garder car finalement tout cela n'est pas encore concrètement réalisé. On pourrait même en être loin. "Une résistance s'est formée au congrès américains parmi les républicains et les démocrates, écrit le quotidien allemand. Le plan est considéré d'un oeil critique, surtout parce qu'il pourrait affaiblir l'alliance de défense de l'OTAN et faire le jeu de la Russie".  "Trump se présente également pour un second mandat en novembre. S'il devait perdre l'élection, le nouveau président pourrait mettre les plans en attente".

Partons maintenant pour le Canada. Justin Trudeau est actuellement touché par une affaire qui fait beaucoup de bruit.

Le Premier ministre canadien est soupçonné de conflit d'intérêts.  Les faits reposent sur un contrat public pour la gestion de Bourses pour le bénévolat étudiant en temps de Covid. Ce contrat donc a été octroyé sans appel d'offres à un organisme, Unis-We Charity, qui aurait pu recevoir plus de 40 millions de dollars pour gérer ce programme, selon les médias. Problème: ledit organisme avait auparavant rémunéré des membres de la famille de Justin Trudeau. Ce dernier l'a lui-même reconnu. "C'était mon erreur, je m'en excuse profondément" a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

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Ces derniers jours, les cofondateurs de l'organisme caritatif, les frères Kielburger, ont été interrogés au Comité permanent des finances.  "À la base, nous avons fait cela pour servir le gouvernement. Et ces répercussions sont vraiment malheureuses", affirme l'un des fondateurs relayé par le quotidien québecois La presse.

Les deux frères, peut-on lire dans le quotidien québecois Le Devoir, "soutiennent avoir reçu très peu de contrats d'Ottawa depuis que Justin Trudeau est au pouvoir". Ils disent même qu'"ils avaient obtenu davantage de contrats fédéraux… pendant le règne de [l'ancien premier ministre conservateur] Stephen Harper".

Aujourd'hui Trudeau lui-même doit comparaître devant le comité des finances des Communes, à Ottawa. Un fait "très rare" nous dit le site de Radio Canada. "Pendant plus d'une heure, il sera soumis aux questions de l'opposition qui demandent déjà sa démission".

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L'hebdomadaire canadien Maclean's rappelle le contexte de l'affaire. Celui d'un moment de crise sanitaire où des décisions ont dû être prises très vite. Il décrit "une équipe fatiguée, fonctionnant avec les sécurités désactivées, qui a fait une grande erreur".  L'affaire entache la popularité du premier ministre, nous apprend Maclean's. "Fin juillet, les sondages d'opinion montraient une baisse sensible de la satisfaction des électeurs à l'égard de Trudeau".

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