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Volodymyr Zelenskiy

L'humoriste Volodymyr Zelensky largement en tête de la présidentielle ukrainienne

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À retrouver dans l'émission

L'humoriste-star de la télé ukrainienne Volodymyr Zelensky a remporté le 1er tour de la présidentielle ; il affrontera le sortant Petro Porochenko au second tour. En Algérie, ambiance de fin de règne et rumeurs en tous genre dans les médias. Une nouvelle ère impériale s'ouvre au Japon.

Volodymyr Zelenskiy
Volodymyr Zelenskiy Crédits : Stepan Franko - Maxppp

En ce 1er avril, il est parfois difficile de naviguer entre les incontournables poissons d'avril. 

Rude tâche que de faire le tri au quotidien entre actualité internationale "sérieuse" et informations fantaisistes : "C'est comme si c'était tous les jours le premier avril", s'exclame, un brin désespéré, David Dodwell dans le South China Morning Post. Il évoque le Brexit, source intarissable de surréalisme politique depuis un peu plus de 1 000 jours, mais on est tenté de reprendre la formule pour d'autres grands titres.

En Ukraine, par exemple, c'est donc en ce premier avril 2019 qu'on a confirmation du fait qu'un humoriste de 41 ans, sans aucune expérience en politique, a de bonne chance de devenir président.  Volodymir Zelensky a donc réussi son pari, lors du premier tour de la présidentielle de dimanche : selon les derniers résultats partiels qui s'affichent en Une du site Ukrainska Pravda, il récolte un peu plus de 30% des voix soit presque deux fois plus que celui qui sera son adversaire au second tour dans trois semaines, le président sortant Petro Porochenko.  

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Ce qui frappe, en regardant la cartographie du vote telle qu'elle apparaît dans les médias ukrainiens, c'est que pour la première fois depuis très longtemps, l'Ukraine n'y apparaît pas divisée en deux, pro-européens à l'ouest et pro-russes à l'Est. Bien sûr, les régions les plus occidentales ont placé Porochenko en tête, tout comme les deux régions sous commandement séparatiste à l'Est ont favorisé le pro-russe Boyko... mais l'immense majorité du pays s'est laissé emporter, pour ce premier tour, par la vague Zelensky, laquelle repousse donc l'habituelle polarisation Est-Ouest du pays.   

D'autant que les deux candidats du camp pro-russe totalisent seulement 14 % des voix à travers le pays. 

... Et ça fait dire au correspondant en Ukraine de The Economist, Arkady Ostrovsky, que le phénomène Zelensky, avec son équipe de campagne constituée de quarantenaires surdiplomés  constitue une "rupture franche et inédite avec l'ère de la transition post-soviétique". 

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"Nous avons déjoué le scénario imaginé par les Russes pour cette élection" : les mots sont ceux de Petro Porochenko, cité par le quotidien russe Noyava Gazeta. Le président sortant s'y félicite d'avoir sauvé sa peau, d'aller au second tour, ce que selon lui Moscou voulait éviter à tous prix. 

De là à faire de Volodymyr Zelensky une marionnette du Kremlin, il n'y a qu'un pas, et ça dit bien que d'ici au second tour Porochenko va tenter de faire le plein de ralliements, en forçant son image de commandant en chef de l'Ukraine indépendante face à l'impérialisme russe dans l'est du pays et en Crimée. 

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La chance qu'il va avoir, analyse le journal en ligne Vzgliad toujours depuis Moscou, c'est que Zelensky, lui, n'a d'autre choix que d'aller chercher les votes qui lui manquent dans les régions et les populations plutôt pro-russes. Il va devoir "se mouiller" sur des dossiers sensibles est-il favorable ou non au dialogue avec les leaders séparatistes du Donbass et de Lougansk ; est-il clairement opposé à une adhésion  de l'Ukraine à l'OTAN ? Voilà exactement le genre de positions qu'il a consciencieusement évité d'affirmer avant le premier tour.

"Faire les yeux doux aux Russes, sans pour autant effrayer l'ambassade des Etats-Unis à Kiev" : la marge de manoeuvre est "très étroite" pour Volodymyr Zelensky, lit-on dans Vzgliad. Mais l'humoriste vu-à-la-télé l'a encore répété hier soir : cette fois il n'est "pas là pour amuser la galerie".

En Algérie, ce ne sont pas tant les poissons d'avril que les fausses informations et autres rumeurs qui fleurissent dans la presse.   

... Et ça fait dire à Mustapha Benfodil dans El Watan que "les événements s'accélèrent frénétiquement ces derniers jours, dans un scénario-type des dictatures agonisantes et des ambiances de fin de règne". Dans cet "étouffant micro-climat" prospèrent toutes les rumeurs, intox et fake-news, brassées par certains médias aux intérêts douteux. 

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La chaine privée Echorouk TV annonçait par exemple samedi soir que la gendarmerie nationale était en train de se déployer massivement dans les rues d'Alger. Des centaines d'algérois ont donc sauté dans leur voiture pour aller vérifier d'eux-même, et en rentrant chez eux ils n'ont pas été tendre, sur les réseaux sociaux, pour démonter cette manoeuvre de désinformation. 

Et parmi le grand flou informationnel qui caractérise les médias algériens en ce moment, il y a un autre cas d'école... autour du plus décrié des hommes d'affaires du pays. Ali Haddad, alias le goudronneur, était jusqu'à très récemment le patron des patrons d'Algérie, premier entrepreneur du BTP et donc très lié au pouvoir politique : on le dit très proche de Saïd Bouteflika, le frère du président. 

Selon Liberté-Algérie, Ali Haddad a été interpellé hier alors qu'il tentait de quitter l'Algérie, de nuit et par une route secondaire, à la frontière avec la Tunisie. L'info est confirmée par El Watan, mais le quotidien s'interroge sur les raisons de cette arrestation, soutenant que Haddad n'est sous le coup d'aucune interdiction de quitter le territoire algérien. Liberté-Algérie de son côté laisse entendre le contraire, et affirme que l'homme d'affaires avait déjà essayé de prendre le large à trois reprises, ces dernières semaines, par l'aéroport d'Alger.  

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Dans un pays qui semble déterminé à en finir avec "le système" corrompu, on comprend bien pourquoi cette image du grand patron fuyant la chute est essentielle, comme un prémisse nécessaire à la mère de toutes les rumeurs véhiculée ce week-end par l'autre chaîne controversée Ennahar TV : figurez-vous que le président Bouteflika pourrait démissionner dès demain mardi. Quand même l'agence de presse russe TASS reprend l'info en ce lundi matin, c'est forcément que c'est sérieux, non?  

On termine ave une information bien vérifiée celle-ci, le Japon entre dans une nouvelle ère.  

L'ère "Reïwa", traduite pour nous par l'Asahi Shimbun comme l'alliance de deux symboles dans la langue japonaise, la "bonne fortune", et "la paix". Voilà qui est plutôt prometteur, pour donc cette nouvelle ère impériale dans laquelle entre le Japon, ou plutôt das laquelle il entrera dans pile un mois, le premier mai, avec l'intronisation du nouvel empereur Naruhito, fils de Akihito qui a souhaité abdiquer.

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"Reïwa" sera la 248e ère de l'histoire japonaise, signe de persistance d'un système ancestral et folklorique  auquel les Japonais ont l'air de tenir... à en juger en tous cas, nous dit le Wall Street Journal, par les passions qui se sont déchaînées ces derniers jours pour tenter de deviner le nom choisi pour la nouvelle ère. 

Ce sera donc "Reïwa" et ce n'est pas anodin, nous apprend enfin l'Asahi Shimbun : c'est la première fois que ce nom est choisi en référence à un poème traditionnel non pas chinois mais bien japonais : en l'occurence les vers choisis décrivent "l'éclosion d'une fleur d'abricotier au début du printemps après un hiver particulièrement froid".

De la poésie, pour nous changer des poissons d'avril...

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