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Ivanka Trump en photo-bombing au G20 d'Osaka

Ivanka Trump, égérie d'une diplomatie américaine népotique ?

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Ivanka trump, fille du président américain, a été omniprésente aux côtés de son père au G20 d'Osaka et en Corée. Quelle est sa place réelle dans la diplomatie US, avec quelle légitimité ? A Hong Kong, autorités et médias sont embarrassés par une vague de suicides de manifestants pro-démocratie.

Ivanka Trump en photo-bombing au G20 d'Osaka
Ivanka Trump en photo-bombing au G20 d'Osaka Crédits : DOMINIQUE JACOVIDES - AFP

Dans la presse nord-américaine ce matin, des questions autour de l'influence réelle d'Ivanka Trump.  

C'est bien simple :  elle a été partout, ce week-end, à peine un pas derrière son président de père, au G20 d'Osaka comme hier sur la ligne de démarcation entre les deux Corées. 

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Pendant que Donald Trumop se livrait face aux caméras du monde entier, à ce "curieux rendez-vous" avec Kim Jong Un, tel que le qualifie The New Yorker, Ivanka posait elle aussi, avec son époux Jared Kuchner, entre les baraquements bleus de la zone démilitarisée, enjambeant fièrement la ligne du 38e parallèle Nord. 

Ce n'est pas nouveau, que la fille préférée du président américain joue un rôle de conseillère très puissante à la Maison Blanche... mais tout de même : son omniprésence ces derniers jours sur des dossiers diplomatiques aussi sensibles que la crise commerciale avec la Chin et la dénucléarisation de la Corée du Nord, poussent des médias comme CNN à s'interroger vraiment : a quel moment la "fille de", jusque-là simple entrepreneuse en prêt-à-porter devenue conseillère non rémunérée de la présidence, a-t-elle été promue diplomate de premier plan? 

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Même questionnement, au Washington Post qui s'étonne du fait que samedi, c'est Ivanka en personne qui livrait, au nom de la Maison Blanche, le débrief vidéo du G20, multipliant au passage les faux pas diplomatiques... et achevant d'irriter des ambassadeurs et conseillers officiels qui crient, en coulisse, au népotisme et se demandent, du coup, à quoi ils servent. 

La question Ivanka Trump est également posée par la très médiatique élue démocrate au Congrès Alexandria Ocasio-Cortez. 

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La new-yorkaise, figure de la gauche du Parti et des réseaux sociaux, est cité par le HuffPost posant cette question sur son compte Twitter : "Depuis quand est-ce que le fait d'être la fille de quelqu'un constitue-t-il une qualification professionnelle ?

Si Alexandria Ocasio-Cortez s'est emparée du sujet, c'est en réaction à une vidéo publiée un peu plus tôt(voir ci-dessus) par le Palais de l'Elysée : on y voit, au sommet du G20, Ivanka Trump s'immiscer, avec aplomb et une bonne dose d'opportunisme, dans une conversation entre Angela Merkel, Emmanuel Macron, Theresa May, Christine Lagarde du FMI et Justin Trudeau.  

Si la séquence a marqué les esprits, nous dit The Times à Londres, c'est par ce qu'on y surprend les regards échangés par ces dirigeants de la planète quand ils comprennent que la jeune femme est en train de s'imposer dans leur discussion. Christine Lagarde n'arrive à pas à dissimuler son irritation. 

Mais il faut apparemment s'y faire : sur la scène internationale, Ivanka Trump est désormais mise en avant par son père au même niveau que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo. On a pu le vérifier hier soir sur la base militaire américaine d'Osan en Corée du Sud, quand pendant son discours aux troupes, le président a appelé sur scène sa fille et son ministre main dans la main.

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Donald Trump s'amuse du fait que sa fille va lui "voler la vedette", puis il l'appelle à le rejoindre, avec donc Mike Pompeo. "Quel beau couple !", s'exclame-t-il, avant de les décrire comme "la belle et la bête". 

Derrière la blague, beaucoup de commentateurs dans la presse américaine voient ce matin une dimension sexiste  à la manière dont Trump utilise sa fille, dans le grand show médiatique qu'est devenu sa diplomatie.

A Hong Kong, les commémorations du 22e anniversaire de la rétrocession de l'ancien comptoir britannique à la Chine, ont été marquées par des violences ce lundi.  

Charges de police contre des milliers de manifestants venus une nouvelle fois demander la démission de la première ministre pro-Pékin Carrie Lam : la mobilisation reste massive, nous dit The Guardian, en particulier chez les jeunes hong-kongais qui ne relâchent pas la pression, dans la rue, depuis plus d'un mois. 

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La jeunesse de Hong Kong ne veut pas d'un avenir sous le joug répressif de la Chine continentale, elle ne veut pas céder les libertés et l'autonomie héritées de la période britannique. C'est cela qui est en jeu dans ces manifestations, mais en lisant un reportage du Time Magazine, on comprend que  celle d'aujourd'hui avait une dimension toute particulière :  il s'agissait, aussi, de rendre hommage à trois jeunes militants décédés, érigés en quasi-martyrs par la foule : trois jeunes gens qui ces dernières semaines se sont suicidés en se jettant d'une fenêtre, d'un balcon ou du haut d'un centre commercial, après avoir pris soin de laisser, sur les réseaux sociaux ou sur le mur le plus proche, des messages appelant à poursuivre et amplifier la mobilisation. 

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces suicides revendicatifs gênent considérablement la presse locale. Il n'y a à peu près que l'agence engagée en faveur du mouvement pro-démocratie, la Hong Kong Free Press, pour écrire noir sur blanc qu'il s'agit bien de suicides.  Les autres titres parlent de "morts", de "disparitions" : ils ont reçu des consignes de la part des autorités, qui exigent le silence médiatique justifié par l'idée que de parler de ces morts volontaires risquerait de créer une vague de contagion, d'autres jeunes militants se suicidant par mimétisme. 

L'affaire crée donc un vrai dilemme dans les rangs des manifestants : en parler peut être considéré comme dangereux voire irresponsable, mais ne pas en parler est jugé injuste pour les morts qui ont voulu donner cette dimension politique à leur dernier geste. 

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Mais en attendant, le fait que la presse locale comme le South China Morning Post n'en parle qu'à demi-mots alimente les accusations de collusion avec le pouvoir et de censure.  Le quotidien de Singapour The Straits Times note bien que Carrie Lam a promis lors des cérémonies d'anniversaire ce lundi "d'écouter" le désespoir et les aspirations exprimés par les jeunes Hong-kongais. Mais le journal constate aussi que quelques minutes plus tôt les forces de l'ordre ont répondu aux manifestants par "du gaz au poivre et des coups de matraque".

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