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Manifestant birman abattu par la police à Dawei le 28/02/21

Face à la détermination du peuple birman, la junte réprime et tue

6 min
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Un mois après le coup d'Etat militaire, la population birmane a manifesté toujours plus nombreuse dimanche, mais elle a dû affronter une répression toujours plus meurtrière avec au moins 18 morts. Qui du Fidesz de Viktor Orban ou du Parti Populaire Européen sera le premier à prononcer le divorce ?

Manifestant birman abattu par la police à Dawei le 28/02/21
Manifestant birman abattu par la police à Dawei le 28/02/21 Crédits : Dakkhina Insight via AFPTV - AFP

C’est une journée particulière qui a débuté il y a quelques heures déjà en Birmanie.

Oui, et pour au moins trois raisons, qui nous sont exposées par la Nikkei Asia Review : d’abord, cela fait un mois jour pour jour que la Birmanie a vu les militaires de la junte décapiter le gouvernement civil et reprendre tout le pouvoir entre leurs mains ; ensuite, parce que c’est ce lundi que débute le procès, ou plutôt le simulacre de procès, de l’emblématique Aung San Su Kyi qui incarne ce gouvernement civil, élu et piétiné par l’armée. D’ailleurs, des manifestations en son soutien ont déjà débuté ce matin à Rangoun : 

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Pourtant, et c’est la troisième raison pour laquelle la journée de ce lundi ne sera pas comme les précédentes en Birmanie, l’ambiance était tout autre, beaucoup plus violente hier dans les mêmes rues :

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Ces images ont été filmées par l’agence birmane MyanMar Now qui documente en direct tout ce qui se passe dans le pays, au plus près des manifestants pro-démocratie. Et ce dimanche, donc, comme son confrère le magazine en ligne Frontier Myanmar, elle a assisté à un certain basculement du face-à-face entre le peuple et l’armée : des manifestants toujours pacifiques mais qui étaient venus avec des boucliers, des casques, qui avaient improvisé des barricades dans les rues, en prévision des charges policières qui n’ont pas manqué et qui ont été particulièrement sanglantes. 

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Tirs de lacrymogènes mais aussi tirs à balles réelles, des dizaines de blessés et au moins seize morts selon le Frontier Myanmar : trois fois plus en une journée, qu’en un mois de mobilisation. Un des reporters du magazine cite ce qu’il a entendu un policier crier, au moment où il ouvrait le feu sur la foule : "Nous sévissons non seulement parce que ce sont les ordres, mais parce que nous aimons ça : désormais toute personne qui se trouve dans la rue sera abattue".

Reste à savoir ce que cette explosion de violence répressive dit de l’état d’esprit de la junte militaire birmane. Est-elle en train de perdre son sang froid, ou tout simplement de faire froidement ce qu’il faut pour mater la rébellion populaire ? Les journaux asiatiques s’interrogent, ce matin, sur l’effet réel des réprobations unanimes qui sont arrivées, par canal diplomatique dimanche soir, de Washington, de Bruxelles, de l’ONU et caetera. 

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Dès samedi dans les page Opinion du Guardian Gabrielle Aron et Francis Wade faisaient ce triste constat : les menaces seules des Occidentaux contre l’armée toute-puissante ne sont qu’un bien inutile soutien pour le peuple birman, qui reste seul in fine face aux tirs. Même les sanctions diplomatiques et économiques, prises de manière quasi-automatique, ne semblent pas dissuader la junte. 

"Si nous voulons vraiment être aux côtés des Birmans qui manifestent pour leur liberté, pour leur démocratie, il faut trouver une nouveau levier d’action contre les responsables du coup d’Etat militaire", analysent en substance Aron et Wade. Mais attention toutefois à ne pas nourrir de faux espoirs chez les Birmans : ils sont nombreux depuis quelques jours, note Tan Hui Yee du Straits Times, à espérer que l’Occident déclenche une intervention internationale, humanitaire et militaire, pour venir restaurer la paix et la démocratie dans leur pays. Ils s’appuient pour cela sur le principe de la responsabilité à protéger, édicté en droit international pour tirer les leçons du génocide rwandais.

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Autant le dire franchement, une telle éventualité ne semble pas d’actualité dans les réunions internationales sur la Birmanie… Et cela, la junte semble l’avoir bien compris, elle qui continue à réprimer, emprisonner et tuer pour asseoir son pouvoir.

Dans l’actualité européenne, la chronique d’un divorce annoncé

Cela fait longtemps qu’il couve, mais il pourrait connaître un coup d’accélérateur dès mercredi ce probable divorce entre le parti politique hongrois Fidesz, celui du premier ministre libéral Viktor Orban, et le Parti Populaire européen, le PPE, la grande famille de la droite conservatrice européenne qui constitue le plus grand groupe politique du Parlement européen.

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Le journal en ligne Index, à Budapest publie une lettre envoyée par le très très à droite Orban au président du PPE, l’allemand Manfred Weber : c’est clairement "une lettre de menace", le Fidesz par la voix de son chef clame qu'il claquera la porte du PPE si celui-ci modifie ses règles de fonctionnement interne ce mercredi. Car ces nouvelles règles, nous expliquePolitico Europe, ont été discutées samedi en réunion de groupe et elles prévoient que désormais il sera possible de sanctionner et donc d’exclure non seulement un député européen du PPE, mais tout son parti avec lui. 

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Le Fidesz, qui est suspendu mais pas exclu du PPE depuis 2019,  se sent personnellement visé par cette modification des statuts qui doit donc être votée par tout le groupe mercredi. Alors il menace de prendre les devants, de partir de lui-même pour s'épargner l'humiliation d'être congédié. Mais c’est à se demander si la menace ne serait pas plutôt un cadeau pour le PPE, qui a de plus en plus de mal à assumer la présence en son sein de son extrémiste membre hongrois. 

Divorce ou pas, il y a en tous cas de la clarification dans l’air dans la droite européenne, conclut Katlin Kalh-weit de la Süddeutsche Zeitung. A un an d'élections importantes en Hongrie et alors que le Fidesz a maintes fois son incapacité au moindre compromis, cette clarification n'a que trop tardé, à lire la journaliste allemande. 

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