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Le premier ministre maltais annonce sa démission prochaine sur la chaîne TVM dimanche soir

Malte, Irak : valse de Premiers ministres sur fond de manifestations

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Le chef du Gouvernement maltais a annoncé sa démission hier soir après d'importantes manifestations ce weekend ; son homologue irakien avait fait de même vendredi dernier, mais les protestations se poursuivent. Celles d'Iran ces dernières semaines auraient fait des centaines de victimes.

Le premier ministre maltais annonce sa démission prochaine sur la chaîne TVM dimanche soir
Le premier ministre maltais annonce sa démission prochaine sur la chaîne TVM dimanche soir Crédits : Jonathan Borg - Maxppp

En raison d’un appel à la grève émanant d'une organisation syndicale représentative de Radio France, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels. Nous vous prions de nous en excuser.   Cette Revue de presse internationale n'a donc pas été diffusée à l'antenne.

En Europe, c'est l'annonce de la prochaine démission d'un chef de gouvernement celui de la petite île de Malte qui fait la Une...  Le premier ministre maltais Joseph Muscat a annoncé hier soir sur la chaîne de télévision TVM qu'il passerait la main en janvier après la désignation par son parti, le parti travailliste, de son successeur... Une annonce qui, remarque le Times of Malta, intervient quelques heures après l'importante manifestation dans les rues de la capitale La Valette, manifestation demandant la démission immédiate du chef du gouvernement. La position de Joseph Muscat était de plus en plus difficile à tenir... L'enquête sur les responsabilités dans l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia il y a deux ans se rapprochant de plus en plus évidemment des cercles du Pouvoir. La mise en examen de l'homme le plus riche de l'île ce weekend, Yorgen Fenech a précipité les choses. Le millionnaire était manifestement en affaire avec le chef de cabinet du Premier Ministre et l'un de ses ministres :  relations troubles sur lesquelles justement enquêtait la journaliste quand elle a été tuée en 2017 par l'explosion d'une bombe dans sa voiture. Le chef de cabinet du Premier Ministre, Keith Schembri, démissionnaire la semaine dernière a été vu et même photographié avec l'intermédiaire qui a recruté les tueurs de Daphne Caruana Galizia ;  photos accrochées aux grilles du siège du gouvernement par les manifestants de dimanche, remarque le site Maltatoday. Et il n'est pas impossible en effet que Schembri lui-même ou le milliardaire Fenech aient été le ou les commanditaires du meurtre. Or Schembri était très proche du premier ministre Muscat lequel, relève encore Maltatoday ne pouvait pas ignorer que son chef de cabinet était en affaire avec Fenech. 

L'annonce de la démission de Muscat, programmée pour "quelque temps après le 12 janvier" prochain n'a pourtant pas ravi la rue maltaise ou l'opposition politique relève encore le Times of Malta  ; le chef de l'opposition Adrian Delia a annoncé que son parti boycotterait dorénavant toute activité politique ou institutionnelle impliquant Joseph Muscat dans les prochaines semaines. De nouvelles manifestations ont été convoquées pour ce lundi à La Valette, histoire d'exiger une démission immédiate du Premier Ministre.    

Autres manifestations qui se poursuivent après qu'un chef de gouvernement eut dû quitter la scène : en Irak...   L'annonce par Adel Abdul Mahdi de son retrait vendredi a suivi quasi immédiatement l'injonction du grand Ayatollah Sistani qui, dans son prêche du vendredi, condamnait l'usage de toute violence et appelait  à la formation d'un nouveau gouvernement, rappelle Al Jazeera. Il faut dire, poursuit le site web de la chaîne qatari, que l'annonce de vendredi a surtout suivi de près "le jour le plus sanglant en Irak depuis que les manifestations hostiles au gouvernement ont commencé début octobre... Plus de 50 manifestants avaient été tués par les forces de l'ordre dans les villes à majorité chiites de Nasiriya et Najaf". En tout le nombre de personnes tuées depuis le début de ces manifestations dépasserait les 430.

Le premier ministre Adel Abdul Mahdi était considéré comme "un indépendant, un chef de gouvernement consensuel" remarque le journal pan arabique Asharq al-Awsat, publié à Londres  ; "sans véritable base politique, il était considéré comme le plus faible des premiers ministres que l'Irak ait connu et peu nombreux sont ceux lui prédisait qu'il pourrait survivre longtemps aux joutes politiques particulièrement dures en Irak... mais personne ne s'attendait à ce qu'il quitte le pouvoir sur pression de la rue". D'autant que les manifestations se sont poursuivies, notamment à Najaf, l'une des villes saintes de l'Islam chiite. Dans l'après-midi de dimanche, des protestataires issus des importants regroupement tribaux ont affronté les gardes d'un mausolée chiite.  Dans le Sud irakien, très largement chiite, "les leaders tribaux  se sont retourné contre les forces de sécurité suite aux tueries... ils accusent l'Iran d'être derrière la répression féroce des derniers jours" remarque Martin Chulov dans les colonnes du Guardian... qui prévient d'un risque de "démembrement ou de guerre civile en Irak si les tribus irakiennes s'en prennent aux milices chiites montées dans le pays par l'Iran". Depuis 2003 en effet le rôle et la présence de l'Iran a été démultiplié en Irak et les manifestations de rue conspuent aussi bien la corruption généralisée du pouvoir irakien que la mainmise iranienne sur le pays ; le consulat d'Iran à Najaf a même été attaqué et incendié la semaine dernière.

Il faut dire que l'Iran doit non seulement compter avec ces manifestations d'hostilité en Irak mais aussi avec les manifestations qui se sont déroulées sur son propre sol depuis quinze jours.   Des manifestations "qui sont terminées et qui n'ont pas duré plus de 48h au grand dam des Américains" indiquait à l'agence Fars le général Ali Fadavi des Gardiens de la Révolution. En fait, personne ne semble savoir avec certitude combien de temps ces manifestations ont duré ; l'Internet ayant été coupé pendant près de dix jours et le pays placé sous une sorte de black-out de l'information pendant une bonne semaine au moins. Ce qui semble certain c'est que ces mêmes manifestations ont été réprimées avec une extrême brutalité. 

C'est une augmentation du prix de l'essence à la pompe qui a motivé nombre de protestations un peu partout dans le pays dès le 15 novembre. Des dizaines de milliers d'Iraniens semblent s'être spontanément donné rendez-vous dans les rues et n'ont pas tardé à s'attaquer aux symboles du pouvoir économique. Le ministre de l'intérieur, rapporte le Tehran Times, précise que 731 agences bancaires et 70 stations-services ont été incendiées un peu partout dans le pays. Côté répression il est certain également qu'on n'a pas fait dans la dentelle. L'agence Fars citait hier soir encore le général Javidan des forces de police, faisant état de 240 arrestations dans la seule province de Kermanshah. Mais ce sont les morts qui sont surtout à compter en dizaines et probablement en centaines. Le Tehran Times, citant les chiffres de l'ONG Amnesty Internationale, parle de 161 morts en tout, à date de vendredi dernier. Le New York Times pour sa part, parle d'un bilan  beaucoup plus lourd : "entre 180 et 450 victimes, et peut-être davantage", la grande majorité tuées par balles... et le quotidien de rappeler que la dernière vague de manifestations importante en Iran - en 2009 suite à une élection contestées -  n'avait fait "que" 72 victimes, et ce sur une période de plusieurs mois.

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